Chronique film

Ant-Man

Ant-Man

Le Marvel Cinematic Universe est une construction titanesque, si grande qu’à la fin du premier The Avengers, il fût décidé qu’elle serait divisée en phases – pour le moment, on en compte trois -, toutes clôturées par la licence mastodonte citée ci-dessus.
Bien que la Phase 2 vienne tout juste de s’achever, celle-ci fait déjà office d’exception à la règle, puisque à ce qui aurait dû être l’apothéose (vous pouvez lire notre avis à propos d’Avengers : L’ère d’Ultron ici) vient s’ajouter un épilogue sans prologue, un épisode transitoire avec le début de la Phase 3 – qui débutera le 4 mai prochain avec Captain America – Civil War -, Ant-Man.
L’histoire du projet a été rythmée par bien des retournements. Au départ, Edgar Wright, à qui est confié le projet, se lance dans l’écriture du scénario avec une grande marge de manœuvre accordée par le PDG de Marvel Studios, Kevin Feige.
Et puis le MCU grandit, engrange des petits sous, créer des liens entre les films, ce qui pousse Feige à vouloir lier Ant-Man au reste de l’univers Marvel.
Et là, c’est la débâcle. Des divergences artistiques se créées, forçant Edgar Wright à quitter le navire. Celui-ci est donc confié àPeyton Reed qui, à quelques semaines du début du tournage, prend les rênes du film tout en reprenant un peu le scénario. Le résultat, forcément, en a pâtit.

L’homme qui rétrécit


Dans les années 80/90, un scientifique du nom de Hank Pym parvient à créer une formule physique permettant de rétrécir la matière à l’échelle d’une fourmi.
Il rejoint alors le S.H.I.E.L.D. et devient Ant-Man, un homme ayant la capacité de moduler sa taille selon ses besoins tout en conservant sa force naturelle, voire en l’augmentant, ce qui, forcément, créer un avantage stratégique sans commune mesure sur l’ennemi.
Et puis un jour, Hank découvre que le S.H.I.E.L.D., ou tout du moins l’un de ses dirigeants Mitchell Carson, cherche à dupliquer cette technologie. Hank décide alors de quitter l’organisation et d’emporter avec lui la combinaison d’Ant-Man, considérant que ce pouvoir, mis entre des mauvaises mains, pourrait avoir des conséquences désastreuses pour le monde.
Pendant presque 30 ans, Hank va donc se consacrer à la création d’une entreprise, Pym Tech et va prendre sous son aile un jeune docteur, Darren Cross, qui va être pendant plusieurs années son assistant. Jusqu’au jour où Darren, parvenu à une position des plus avantageuses au sein du conseil d’administration, va parvenir à écarter Hank de la compagnie, le forçant à la retraite.
Si Darren en est parvenu à une telle action, c’est parce que la légende d’Ant-Man est parvenu à ses oreilles et qu’à chaque fois qu’il a cherché à en parler à Hank, celui-ci s’est toujours montré évasif. On désire toujours ce que l’on ne peut avoir comme on dit.
Reprenant les rênes de Pym Tech, Darren va donc orienter l’entreprise sur la piste de la « particule Pym ». Jusqu’au jour où il va y arriver, créant la combinaison Yellowjacket, une version armée de la technologie Ant-Man.
Hank, suivant d’assez près les recherches de son ancien protégé va se voir contraint de ressortir la combinaison d’Ant-Man. Problème, de par sa surutilisation, Hank ne peut plus l’utiliser, et il lui faut donc trouver quelqu’un de plus jeune et de plus habile qui lui.
Cette personne se nomme Scott Lang, un cambrioleur venant tout juste de sortir de prison.

Un héritage lourd

Dans les comics, le super-héros Ant-Man a été incarné par deux personnages. Hank Pym tout d’abord, son concepteur, puis Scott Lang. Jusqu’ici tout va bien, la mythologie est respectée.
En revanche, Hank Pym/Ant-Man fût l’un des membres fondateurs des Avengers. L’atterrissage…
Bon, il s’agit d’un choix, d’une adaptation. Les responsables du projet se donnent la liberté de piocher là où bon leur semble dans le matériau original. Pourquoi pas en somme. On ne leur en tiendra pas spécialement rigueur. C’est un postulat de départ à accepter, et on y parvient sans trop de difficulté.
Passons.
D’une manière générale, le film de Peyton Reed réalise un travail correct, sympathique au mieux. On passe deux petites heures assez agréables sans trop se poser de questions. Et pour cause ! L’intrigue d’Ant-Man reste, en dépit des efforts du duo Feige/Reed, assez déconnectée du MCU. Les enjeux précédents (soit ceux de L’ère d’Ultron) sont à peine évoqués, tout comme la préparation du terrain (Civil War) à venir.
En ce sens, on a plus l’impression d’avoir affaire à un spin-off planté-là un peu par hasard, tentant de se faire une place dans l’univers Marvel, plutôt qu’à un véritable « origins/boot » qui pour le coup aurait eu du sens.
En gros, l’introduction du personnage d’Ant-Man au sein du MCU : pas top. Moyen même.
Comme dit un peu plus haut, le film souffre également d’un gros souci : un scénario rédigé par l’ancien réalisateur et repris par un nouveau.
L’idée de départ (faire de Ant-Man un cambrioleur au départ, puis éventuellement un super-héros) faisait certainement sens véritable dans la vision d’Edgar Wright, mais ici, elle paraît un peu… vaine.
En effet, Ant-Man était véritablement conçu comme un projet à part du MCU. Et voir la tentative de l’insérer en son sein le fait presque apparaître comme une « tâche ». Ou en tout cas, clairement, comme un film qui n’a pas vraiment sa place ici.
Un peu dommage…

Un casting payé pour faire un boulot, rien de plus

Lorsque l’annonce concernant Paul Rudd incarnant Scott Lang est tombée, ça a un peu bloqué. On ne voyait pas spécialement cet acteur, de base plutôt dans le registre comique, incarner le super-héros Ant-Man.
À la vue du film, on se dit qu’on a eu plutôt raison. Paul Rudd n’apporte rien de particulier au personnage. Il fait le travail pour lequel il a signé. Point.
Et d’une manière générale, il en va de même pour le reste du casting, à une exception près, Michael Douglas, qui incarne ici un Hank Pym âgé, et qui réalise un travail plutôt sympa. Rien d’exceptionnel, mais plutôt sympa. Il est certainement le meilleur acteur/personnage du film.
Mais la double mention spéciale revient à Corey Stoll et Michael Peña. Le premier est un acteur vraiment talentueux, vu notamment dans House Of Cards. Il incarne ici Darren Cross, franchement l’un des pires antagonistes du MCU. Peut-être le pire même. La faute à l’écriture du personnage ? Au jeu de l’acteur ? À la direction du réalisateur ? Allez savoir.
Quant au second, son personnage (Luis) est l’un des plus proches amis de Scott. Et qu’en dire ? Dans toute l’histoire du cinéma, il est l’un des plus AGACANTS.

En conclusion…

Pour faire simple, Ant-Man est à l’image de son casting : un film moyen, qu’on apprécie pour sa simplicité, mais qui ne suffit pas vraiment à nous accrocher à son souvenir.
Néanmoins, il faut reconnaître qu’adapter au cinéma un personnage comme Ant-Man demandait un sacré culot. Les effets spéciaux sont franchement réussis, et l’affrontement entre Ant-Man et l’un des New Avengers envoie quand même franchement pas mal !
Le film met énormément de temps à se lancer, a son quota d’instants émotions calées un peu à la va comme je te pousse, etc. etc., pour un résultat final pas spécialement grandiloquent.

En bref, c’est un film un peu brouillon, plutôt sympa, mais rien de bien plus.

 


avatar Maxime le 17/07/2015  -  commentaires

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