Chronique film

Jurassic World

Jurassic World

En 1993, le monde reste ébahi devant un film : Jurassic Park. Réalisé par l’éminent Steven Spielberg à partir du travail deMichael Crichton, – et mis en musique par l’éminent John Williams -, le film devient instantanément générationnel et culte.
4 ans plus tard, Spielberg réalise la suite, Le monde perdu, un film moins bon et moins bien accueilli par le public.
En 2001, il passe le flambeau à Joe Johnston (JumanjiCaptain America – The First Avenger) auquel il avait promis la réalisation d’un épisode de la saga. Jurassic Park III, de par son intrigue peu intéressante et sa qualité vraiment discutable, tend à enterrer l’idée de voir un nouvel opus de la franchise au cinéma.
Mais Hollywood a toujours son mot à dire, du moment qu’il est question de pépettes. Quelques années plus tard, des rumeurs commencent à fuiter sur un nouveau scénario, intitulé Extinction. L’idée de départ du film était que les animaux présents sur Isla Sorna, l’île théâtre des évènements des deux suites, seraient devenus trop nombreux et menaceraient de se déplacer vers des zones habitées par l’homme. Afin de contrer cette croissance démographique incontrôlable, InGen mettrait en place un programme visant à créer des dinosaures génétiquement modifiés, attaquant ainsi les spécimens d’Isla Sorna. Il va de soi que les choses ne se seraient pas passées aussi simplement…
Après de multiples remaniements du scénario, choix de réalisateurs, etc. etc., Extinction devient Jurassic World, quatrième histoire de la saga, mais surtout suite directe du film original, et est confié à un certain Colin Trevorrow.

Harder, Better, Faster, Stronger


20 ans après les évènements tragiques qui ont frappés l’île d’Isla Nublar, Simon Masrani, un proche de feu John Hammond, s’est vu confié par celui-ci la tâche de réitérer l’essai de créer un parc d’attraction sur la même île, en vue d’offrir au plus grand nombre la possibilité de voir de leurs propres yeux des dinosaures.
En dépit d’une affluence constante, voire même en hausse, les frais du parc prennent des proportions hallucinantes en termes de construction, d’entretien des infrastructures, etc. C’est pourquoi le conseil d’administration se voit obligé de lancer un programme visant à doper l’effet « waouh » en créant de toutes pièces des dinosaures stupéfiants, toujours plus grands, et surtout avec plus de dents.
C’est ainsi que les généticiens de Jurassic World, sous la houlette du Docteur Henry Wu (vu dans le film original), créent sur la base d’un T-Rex, l’Indominus Rex. Plus grand, plus fort, et surtout significativement plus intelligent que ce dernier, et donc extraordinairement plus dangereux.
Alors que l’Indominus est sur le point d’être révélé au grand public, Simon Masrani demande à Claire Dearing, l’administratrice du parc, de solliciter Owen Grady, l’un des gardiens du parc travaillant avec et sur les Vélociraptors, afin d’avoir son avis sur l’enclos, de peur qu’un incident puisse se produire.
Au cours de l’inspection, les détecteurs thermiques de l’enclos ne parviennent plus à déceler la présence de l’animal, forçant ainsi Owen à aller voir ce qu’il en est réellement à l’intérieur. Repérant d’énormes marques de griffures sur les murs, Owen va demander à Claire de localiser l’animal grâce à son implant GPS, craignant que celui-ci ait escaladé les murs. Mais après de multiples vérifications, Lowery Cruthers, l’un des administrateurs réseau du parc, va constater que l’animal n’a pas bougé de son enclos. Celui-ci va alors profiter de cet instant de faiblesse qu’il a créé en leurrant les humains pour s’échapper et faire de Jurassic World une véritable zone de guerre.

Un bon divertissement loin d’être exempt de défauts

En tant que grands fans du film original, on craignait vraiment qu’encore une fois la saga se fasse malmenée. Sérieusement, un dinosaure génétiquement créé, des Vélociraptors plutôt dociles, ça faisait beaucoup – énormément même – à avaler.
La première bande-annonce nous avait fait sérieusement peur. La seconde en revanche, était parvenue à attiser notre curiosité, sans trop que l’on sache pourquoi.
Enfonçons les portes ouvertes, voulez-vous ? Si l’objectif de Jurassic World était d’être un bon divertissement, alors celui-ci a été atteint – largement -. Les 2h05 du film sont prenantes, on ne s’ennuie jamais vraiment, l’équilibre action/dialogues étant mine de rien très bien géré.
Pour autant, ce film a à son arc un panel de défauts assez incroyable. Curieusement, ces mêmes défauts ne nuisent pas spécialement au film – hormis l’un d’entre eux sur lequel on reviendra qui lui, clairement, l’affecte au plus haut point -.
Tout d’abord, Jurassic World est clairement sexiste. Le combo Owen/Claire est forcément au cœur de ce constat. Bien que le personnage de Claire se débatte face à cela – et parvienne même parfois à s’en défaire -, il n’en reste pas moins que Owen, c’est Tarzan, et Claire, c’est Jane. C’est comme ça. Il faut faire avec. Ce sexisme nous a néanmoins paru être maîtrisé. On s’explique, car on sait combien le terrain est miné : le film est éminemment sexiste, c’est un fait. Néanmoins, le jeu des deux acteurs, et notamment celui de Chris Pratt, permet clairement de désamorcer ces moments désobligeants. La raison ? Cet acteur est plus ou moins malgré lui incroyablement drôle. C’est un fait. On ne peut pas vraiment s’empêcher de rire face à ses mimiques et à sa gestuelle, à sa manière de jouer. Oui, Jurassic World est un film sexiste, de la même manière que Mad Max – Fury Road est un film mettant clairement en avant les femmes. Deal with it.
Il y a ensuite le background, peu développé. On ne sait pas exactement depuis quand existe ce nouveau parc, qui l’a exactement créé, l’implication d’InGen dedans etc. En gros, le scénario souffre de pas mal de zones d’ombres qui nuisent un peu à son déroulement (la toute fin notamment, de notre point de vue).
Néanmoins, tout ce qui entoure l’Indominus est assez bien géré (ses origines exactes), tout autant que ce qui concerne le lien entre le personnage d’Owen et les Vélociraptors. Un pouce pour ça, parce que c’était très très loin d’être gagné ! C’est loufoque, mais ça tient la route.
Il y a plein de petites choses qui nuisent à ce film. La liste est longue, très longue. Mais s’il y a une chose à retenir, c’est le dénouement du film.
Grosso merdo, l’Indominus, c’est the ultimate badass dinosaur. Vraiment. Le vaincre, c’est mission impossible car il arrive toujours à trouver un truc pour s’en sortir. Mais il faut quand même le vaincre, car un film hollywoodien ne peut pas se terminer sur des humains vaincus ou déchus. Et on va dire que la manière dont celui-ci est défait est juste une ode au viol intellectuel doublé d’un fou rire inoubliable. Jamais, JAMAIS aura-t-on vu pareil fist au cinéma. Pendant 1h40/50, le film nous tient, on passe un bon moment, on passe au-dessus des défauts, mais là, ça n’est juste pas possible de passer outre.

Chris Pratt <3

Tout est dans le titre. Malgré la teneur machiste de son personnage, Chris Pratt (souvenez-vous, Les Gardiens de la Galaxie) parvient à donner à son personnage un caractère à la fois très léger et très sérieux. Curieusement, lorsque l’on voit le film (et donc le personnage d’Owen), on a vraiment le sentiment de voir un film des 90’s du type Die Hard.
Face au Star-Lord, on trouve Bryce Dallas Howard (Terminator Renaissance) dans le rôle de Claire. Personnage un peu BCBG pas aussi charismatique que celui d’Ellie Sattler (Laura Dern), on parvient néanmoins à s’attacher à sa détermination à se retrousser les manches.
Le reste du casting fait un taff décent, c’est tout. Mine de rien, c’est Chris Pratt qui fait le film. Sans lui, Jurassic World n’aurait peut-être pas pu nous convaincre.

En conclusion…

Jurassic World est un bon divertissement. On a beaucoup aimé le voir en dépit de ses nombreux – innombrables ? – défauts. Loin du film original, il n’en reste pas moins pour le moment la meilleure suite de celui-ci.
Mais on n’en démordra pas, cette fin, c’est une apothéose sans nom. On espère qu’Hollywood corrigera ça sur les suites déjà prévues.

Hahaha ! Qu’il est bon de rêver…

 


avatar Maxime le 12/06/2015  -  commentaires

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