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Thor – Le monde des ténèbres

Thor – Le monde des ténèbres

Après l’immense succès d’Iron Man 3 au box-office mondial (6ième place), permis par la déferlante des Avengers, ce fût au puissant Thor de prendre le flambeau et de mener l’écurie Marvel au sommet, au travers d’une suite à ses aventures (et aux évènements d’Avengers) : Thor, Le monde des ténèbres.
Le succès fût clairement moindre (85ième place), mais néanmoins suffisamment satisfaisant pour qu’un troisième épisode soit rapidement dans les starting block (Thor, Ragnarok en 2017).

Membre éminent de la trinité marvelienne (Iron Man, Captain America et lui-même), Thor n’en reste pas moins, au cinéma en tout cas, un personnage sous-exploité, tant au niveau de sa psychologie que de sa puissance à l’écran. Une triste vérité qui s’est clairement affichée dans cette suite qui est, probablement, le moins bon des films de la Phase 2.


Bouh les ténèbres !

À la fin de The Avengers, Loki, frère adoptif de Thor et antagoniste des Vengeurs, est vaincu par ces derniers. Il est alors remis à Thor afin de l’amener devant la justice asgardienne où il est condamné par Odin, le Père de Toutes Choses, à l’emprisonnement à vie (grosso merdo, à quelques milliers d’années d’enfermement).
Le bifrost détruit (un moyen de transport très avancé), les 9 Royaumes d’Asgard ont sombrés dans le chaos. À son retour de la Terre, Thor doit donc rétablir l’ordre et la paix au sein des mondes afin de réparer les dommages causés par son frère.
Pendant ce temps, Jane Foster, l’astrophysicienne que Thor a rencontré lors de sa venue sur Terre (Thor, 2011) et qui depuis le recherche, va découvrir un phénomène physique inexpliqué : une série d’anomalies gravitationnelles en plein cœur de Londres. Sans le vouloir, Jane va être happée dans un portail qui va la mener sur l’un des neufs mondes d’Asgard, directement auprès d’un artefact très ancien et très puissant, enfoui depuis des millénaires, appelé l’éther.
Cet objet, ou devrait-on dire cette substance, est la source du pouvoir des Elfes Noirs, une espèce considérée comme exterminée par Borr, le père d’Odin, depuis autant de temps. En réalité, Malekith, leader des Elfes Noirs a fait croire aux armées asagardiennes que son espèce s’était éteinte en la sacrifiant et en en profitant pour s’échapper, attendant une heure plus profitable.
En s’approchant de l’éther, la substance va s’introduire dans le corps de Jane, réveillant ainsi Malekith qui va se mettre à la recherche de la substance.
Tombant dans le coma, Jane va se réveiller sur Terre et retrouver Darcy, sa demi-sœur, inquiète de ne l’avoir trouvé pendant près de 5 heures. C’est alors que Thor, la surveillant grâce à Heimdall, le gardien d’Asgard, revient sur Terre, inquiet que celui-ci l’ait aussi perdu de vue.
Mais alors qu’un officier de Police tente d’appréhender Jane (qui se trouvait sur une propriété privée), l’éther va réagir à l’agression avec autant si ce n’est plus de violence, évanouissant Jane au passage. Thor va alors comprendre que la disparition de Jane et ce qui lui arrive n’a rien de normal, d’autant qu’un évènement cyclique lié aux 9 mondes (la Convergence) est sur le point de se produire, et va donc prendre la décision de l’amener sur Asgard afin de déterminer la cause du mal.

Disney is coming!

Si dans Iron Man 3 la mainmise de Disney commençait à se faire sentir (notamment à travers le personnage du petit garçon, Harley), dans Le monde des ténèbres, celle-ci est clairement visible. Comment ?

Et bien tout d’abord par la réalisation. D’emblée, le film commence sur la voix-off d’Odin (Anthony Hopkins), contant l’histoire de Malekith et de l’éther (que nous avons essayé de notre mieux de vous retranscrire). Pendant cette introduction, il raconte les faits de manière claire et limpide. Exit donc le mystère et la lente progression pour l’éclaircir. L’intrigue est directement simplifiée au possible pour que le plus bête des spectateurs puisse la comprendre. Il n’y a donc absolument rien de retord dans ce film, un trait somme toute caractéristique de Disney.
Cela nous mène au deuxième point, l’élément perturbateur dans la narration, Malekith lui-même. Que l’on se rassure, on ne va rien spoiler, car il n’y a absolument rien à spoiler. Que veut Malekith ? Ça n’a rien de bien compliqué vraiment, et c’est même littéralement expliqué dès le début donc par Odin : détruire l’univers à l’aide de l’éther. Malekith, c’est donc le méchant qui veut tuer les gentils. Il est moche, il est pas beau, c’est le méchant. Point. Il ne faut pas chercher plus loin. Non vraiment n’insistez pas. « Mais pourquoi ? » êtes-vous sans doute en train de vous demander. « Parce que. ». Et merci d’être venus.
Contrairement donc à Captain America, Le soldat de l’hiver et à Iron Man 3, l’antagoniste se dévoile immédiatement, et ne dissimule d’aucune manière son plan. D’autre part, il n’y a aucune nuance possible dans l’équilibre des forces : Thor et les Agardiens représentent la lumière tandis que Malekith et les Elfes Noirs représentent l’obscurité et ne sont porteur d’un autre discours que celui-ci : good guys vs. bad guys. Merci, encore une fois, mais on s’en serait passé volontiers.
Il n’y a donc absolument aucun renversement lié à l’intrigue, et donc aucun étonnement. On se contente donc de regarder un film assez vide.
En ce sens, l’idée assez commune qui faisait de Thor un personnage aux intrigues creuses fait désormais office de loi, et fait également de lui un personnage profondément et irrévocablement vide d’intérêt. Thor est blond, il a un marteau, il tape avec, et c’est tout ce qu’il sait faire, ou du moins ce qu’il peut faire car le scénario ne lui donne à aucun moment une occasion de s’en saisir et de réfléchir. Terriblement dommage.

Loki, Loki, Loki!

Une fois n’est pas coutume, c’est bien évidemment Loki, incarné à l’écran par Tom Hiddleston qui donne au film un semblant de couleur. Que ce soit par sa douleur, sa défiance, sa colère, Loki vole outrageusement la vedette au héros du film (et puis on pense à un certain caméo d’un certain Captain America).
Chris Hemsworth donne toujours à Thor la justesse qu’il lui est due, mais en dépit de cet effort, ça ne donne rien de remarquable. Encore une fois, rien n’est vraiment de son fait. La faute revient à l’écriture des personnages et du scénario.

En conclusion…

En dépit d’une esthétique très travaillée, de beaux effets spéciaux et d’une jolie bande originale, Le monde des ténèbres est un film plat assez déplorable. Pour avoir revu assez récemment le premier opus, on peut clairement dire que celui-ci apporte bien plus de relief à son héros qui ici, est d’une vanité sans fond.
C’est un film pop-corn sans véritable fantaisie ou innovation, que ce soit dans le CMU lui-même comme dans le personnage de Thor.

On espère que ce triste constat sera balayé dans Ragnarok qui est, dans la mythologie nordique, un évènement cataclysmique. Mais bon. De ce que l’on a pu voir de lui dans Avengers, Age Of Ultron, on commence d’ores et déjà notre deuil…

 


avatar Maxime le 24/04/2015  -  commentaires

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