Revue film

Iron Man 3

Iron Man 3

Avant 2008, les super-héros au cinéma, ça se résumait à X-MenBatman Begins et quelques échecs commerciaux commeDardevil ou Elektra.
Et puis en avril 2008, Marvel Studios, devenue une filiale autonome, se lance dans un projet sans grandes attentes, si ce n’est peut-être de faire plaisir à quelques fans. C’est ainsi qu’Iron Man premier du nom sort en salles, assez discrètement, attendu par les fans de comics, mais relativement peu connu du grand public. Et là, c’est la surprise ! Film à petit budget, Iron Man cartonne au box office !
Sentant le vent tourner en leur faveur, Marvel Studios lance une suite après un petit détour sur Hulk 6 mois plus tard (L’incroyable Hulk). Là, sans véritable surprise, le film cartonne lui aussi.
Le Cinematic Marvel Universe (CMU) est en marche. Le concept de phases émerge au sein de Marvel Studios, et le dénouement de la Phase 1 s’appelle The Avengers (3ième place au box office mondial). C’est donc assez logiquement que le personnage de Tony Stark fût choisi pour lancer la Phase 2, avec Iron Man 3 (6ième place au box office mondial).

Tony Stark… le nom m’est familier.


Après que Loki, le demi-frère de Thor, ait tenté de conquérir la Terre à l’aide d’une armée extra-terrestre (les Chitauri) et que les Avengers l’aient arrêté et remis à la justice asagardienne pour avoir commis ce crime, chacun des Vengeurs repart à sa petite vie. Bruce Banner repart aider les gens dans le besoin, Steve Rogers intègre le S.H.I.E.L.D., et Thor repart sur Asgard.
Tony Stark, de son côté, retrouve Pepper Potts, son ancienne assistante devenue sa compagne (Iron Man 2) à Malibu, où il se met à construire de plus en plus d’armures jusqu’à l’épuisement.
Et puis un attentat terroriste a lieu dans le pays. Puis un autre, et ainsi de suite. Tous sont revendiqués haut et fort par le même groupe, les Dix Anneaux (que l’on pouvait déjà voir dans le premier Iron Man) et par son leader légendaire : le Mandarin. Le gouvernement est à l’aboi devant ce terroriste. Pour le contrer, il sollicite l’aide de James Rhodes, ami de Tony Stark et également possesseur de l’une des armures de Tony, la « War Machine », rebaptisée pour le coup « Iron Patriot ».
Après cette annonce présidentielle, Tony et James se retrouvent dans un bar pour discuter de ces récents évènements, lorsque Tony se voit demander un autographe par une petite fille et son frère. C’est alors qu’en voyant le dessin le représentant lui et le vortex au-dessus de New York (The Avengers), Tony subit une crise massive d’angoisse.
De son côté Pepper, qui est devenue le PDG de Stark Industries (Iron Man 2), revoit une vieille connaissance, Aldrich Killian, venu lui demander d’investir dans son think tank. Happy, l’ancien garde du corps de Tony, qui travaille désormais pour Pepper, remarque un homme suspect avec Killian, qu’il se met en tête de suivre.
Le retrouvant au Théâtre chinois de Los Angeles, il le surprend à donner une mallette à un autre homme semblant malade. Tellement malade qu’à terme, l’homme, techniquement, explose, réduisant le théâtre à un tas de ruines. Cet attentat est revendiqué par le Mandarin. Happy survit, mais est dans le coma, ce qui, forcément met en rogne Tony. Devant les caméras, il invite le Mandarin à venir le saluer à sa résidence de Malibu s’il en a les couilles. « Just good old fashion revenge ». Ce que le Mandarin fait, au moment le plus inopportun, au moyen de plusieurs hélicoptères de combat. Dans la bataille, Stark parvient à mettre en sécurité Pepper ainsi que l’un de ses anciennes conquêtes, Maya Hansen, grâce à sa dernière armure préhensive, mais est englouti par les flots alors que la résidence s’effondre dans les fonds marins, le laissant pour mort…

Iron Man, ce n’est plus ce que c’était.

Si le premier Iron Man est un petit chef d’œuvre qui se délecte très bien tout seul, le 2 a sérieusement abaissé le niveau. Certes, Robert Downey Jr. est, a posteriori, un choix extrêmement pertinent pour incarner Tony Stark, et certes, le 2 a quelques bons (mais rares) moments. Mais au niveau du scénario, ça ne tenait pas la route, ça n’avait rien de très intéressant. Iron Man 2n’en reste pas moins un gros succès commercial, et The Avengers a considérablement contribué au succès du troisième opus. Hélas, parfois, les erreurs vont de paire.
Iron Man 3 commence bien. Très bien même. Tony est en proie à des crises de panique, ce qui est un angle d’attaque du personnage bien différent que dans les autres films. Toujours aussi désinvolte, mais un peu moins confiant en lui-même. Un peu perdu. Cela le rend subitement beaucoup plus humain, et une partie du masque inhérent au personnage s’effrite peu à peu.
Et puis il y a le Mandarin qui, dans les comics, est l’antagoniste principal d’Iron Man. Dans le film, celui-ci est amené d’une manière absolument parfaite, et son interprète, Ben Kingsley, lui donne une aura terrifiante, à la douce mais terriblement malveillante.
Ces deux éléments noirs donnent alors au début d’Iron Man 3 un ton incroyablement noir et nous projette dans une Phase 2 bien plus sombre que la conclusion de la Phase 1.
Mais hélas, les choses se gâtent une fois que nous retrouvons Tony après sa disparition. Tout d’abord, nous avons affaire à un petit garçon, Harley, chez qui Tony trouve refuge. Une amitié se lie entre les deux personnages, et donne lieu à des moments très drôles. Tout ça, c’est très sympa, mais on sent clairement la mainmise de Disney derrière. Être un enfant et être le copain d’Iron Man, c’est juste trop cool pas vrai ? Ouais mais nous, on s’en fout un peu des états d’âme d’un gamin de 10 ans, et encore plus du duo bad ass qu’il compose avec Tony. Et c’est précisément ce que l’on aurait souhaité ne jamais voir dans un film Marvel : l’amalgame comics = pour les enfants. D’autant que Tony, ben c’est plus vraiment Tony. Au lieu d’être Iron Man, il devient une espèce d’agent à la McGyver assez ridicule. Au lieu d’être homme à la psychologie un peu plus complexe, luttant pour trouver une solution, il se voit souffler la réponse à son problème par un merdeux de 10 ans. Décevant.
Ensuite, il y a le Mandarin. Et là, ce n’est pas que le film s’effondre, mais il prend une direction assez inattendue. Pas tout à fait décevante, mais un peu quand même, disons-le franchement. Difficile de ne pas spoil, mais le Mandarin n’est pas exactement fidèle à l’idée originale. Dans le film, le terroriste est une machination orchestrée par Aldrich Killian afin de mettre à genoux le Président et le remplacer par un autre, plus enclin à aller dans son sens.
Certes, la scène où le Mandarin (Trevor Slattery/Ben Kingsley) est démasqué est hilarante (toutes les scènes le comportant le sont), mais on ne peut s’empêcher d’être foncièrement déçu de ce film qui promettait tant.
Et puis il y a le dénouement, façon happy end, où l’Iron Legion (un élément important dans la mythologie Iron Man, l’ensemble des armures créées par Stark et commandée par Jarvis, son I.A.) est utilisée de manière outrageante, et où Tony passe plus pour un guignol que pour un personnage qui assure. Lamentable.

En conclusion…

En dépit de ces défauts, il faut reconnaître l’intelligence du récit, qui ne nous amène pas en un lieu attendu. Iron Man 3, ou tout du moins Shane Black (le réalisateur) et Marvel Studios surprennent, et quelque part, on leur en veut d’avoir fait ça. Peut-être est-ce le côté fanboys qui parle. C’est dommage dans le fond, mais qu’est-ce qu’on y peut ?

Ce troisième opus n’est pas au niveau du deuxième, c’est sûr, mais il est très loin du premier. Il n’est ni bon, ni mauvais, juste moyen. Il y a de bonnes choses, et des moins bonnes, la plus grande déception étant la piste lancée sur la psychologie de Tony (le traumatisme lié aux évènements de The Avengers) résolu par un enfant de 10 ans, une piste qui aurait pu donner un peu plus de consistance et de profondeur au super-héros le plus en vogue de la planète.

 


avatar Maxime le 03/04/2015  -  commentaires

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