Revue film

Captain America – Le Soldat de l’Hiver

Captain America – Le Soldat de l’Hiver

Succès sans conteste puisqu’il occupe la troisième place au box office mondial, The Avengers restera sans doute à jamais LA pierre angulaire de cette énorme construction qu’est le Cinematic Marvel Universe (Monsieur Whedon, merci).

Le climax fût tel, narrativement comme commercialement parlant, que de nombreuses questions émergèrent par la suite : comment faire vivre chacun des Vengeurs par lui-même ? Comment préparer la suite (The Avengers – Age of Ultron) ?


Après le succès d’Iron Man 3 (6ième place au box office mondial) et les nouvelles aventures de Thor (Le Monde des Ténèbres), ce fût à « l’homme hors du temps » de faire parler, à nouveau, son bouclier légendaire.
Car avant de s’attaquer à l’échelle galactique avec Les Gardiens de la Galaxie afin d’approfondir l’intrigue liée à Thanos, Marvel Studios devait créer un contexte approprié à l’émergence d’Ultron, qui sortira en avril prochain. Et c’est à Anthony et Joe Russo(connus pour avoir réalisé la première saison de la série Community) qu’il incombait cette tâche assez difficile.

Les temps modernes

Alors que Tony Stark tentait tant bien que mal de gérer une sorte de stress post-traumatique après les évènements de The Avengers et que Thor amenait son frère Loki devant la justice asgardienne, Steve Rogers, lui, se devait de faire quelque chose. De mettre au service de son pays et du monde ses talents incroyables hors du commun (et sa morale inflexible).
Enrôlé presque naturellement par Nick Fury suite à la « Bataille de New York », le Super-Soldat est devenu le fer de lance du S.H.I.E.L.D., l’agence de renseignements officieux des États-Unis. Au cours d’une mission de sauvetage, Steve va réaliser que l’une de ses subordonnées (qui n’est autre que Natasha Romanoff, la Veuve Noire) avait une mission secondaire à réaliser. Au retour de cette opération, Steve va confronter Fury, l’accusant d’un certain manque de transparence. Celui-ci va alors lui révéler l’un des secrets les mieux gardés du S.H.I.E.L.D., le projet Insight : trois héliporteurs nouvelle génération, découlant du prototype vu dansThe Avengers, et dont l’amélioration majeure est leur capacité à annihiler par de puissantes armes n’importe quel individu à titre préventif. Devant ce projet, Steve Rogers va douter de plus en plus de l’éthique de Fury et du S.H.I.E.L.D., craignant un règne de terreur, et va prendre ses distances avec l’agence et son directeur.
Après cet accrochage, Nick Fury va tenter de décoder des données du S.H.I.E.L.D. collectées par la Veuve Noire (la mission secondaire), mais en dépit son accréditation, ne va y parvenir. Surpris de constater que ces données sont protégées par sa propre identité, Fury va demander au Secrétaire Pierce, son supérieur direct (et ami de longue date), de suspendre le projetInsight, le temps de découvrir ce qu’il se passe. Pierce va alors convaincre le Conseil de Sécurité Mondial (l’instance qui supervise le S.H.I.E.L.D.) de retarder le projet. Suite à cette entrevue, Fury se fait attaquer par des mercenaires déguisés en forces de l’ordre. Blessé et contraint de prendre la fuite, le Directeur du S.H.I.E.L.D. se rend chez la seule personne selon lui digne de confiance : Captain America. Ayant alors juste assez de temps pour lui remettre les données et lui conseiller de ne faire confiance à personne, Fury se fait abattre par un tireur d’élite. Steve va alors prendre en chasse ce sniper, et constater, en face à face, que celui-ci rivalise largement avec lui. Suite au meurtre de Nick Fury, Pierce, désormais en charge du S.H.I.E.L.D., demande en toute logique à Steve Rogers de lui révéler tout ce qu’il sait de cet assassinat. Se remémorant les derniers mots de Fury, Cap’ tait certaines informations (les données), chose que Pierce comprendra rapidement et considérer comme une trahison. Il va ainsi ordonner à tout le personnel du S.H.I.E.L.D. d’arrêter Captain America. Chose impossible parce que… ben c’est Captain America quoi ! Quoiqu’il en soi, Steve Rogers est maintenant un ennemi du S.H.I.E.L.D., qui va le traquer afin de l’empêcher de découvrir la vérité.

Un blockbuster noir…

Si Iron Man 3 a tenté assez maladroitement d’introduire la notion de blockbuster noir (un « concept » attribué à Christopher Nolan) dans l’univers Marvel, et que Thor – Le Monde des Ténèbres l’a fait uniquement sur un plan esthétique (prenez garde, des Elfes Noirs !), Captain America a pris les choses à bras le corps !
En plus de faire face à 50 ans d’absence, d’essayer de trouver une place dans le monde, d’y vivre « normalement », Steve doit également faire face à une conspiration insidieuse.
Dans cette époque où les évènements de The Avengers ont eu une influence considérable sur le monde, des parties malveillantes s’invitent de toutes parts, et les ennemis ne sont plus aussi faciles à identifier que par le passé. Le monde a changé. Et le twist qui arrive de manière complètement inattendue au milieu du film va le changer encore plus !
De nombreuses dynamiques régissent le film : la place de l’amitié dans un contexte plus grand que soi, les problématiques de confiance, la place du passé, la vigilance intellectuelle, etc.
Le Soldat de l’Hiver, au-delà d’être une partie intégrante, une adaptation de comics, pourrait presque être un film d’espions à part entière tout comme Les Gardiens de la Galaxie, de par sa construction, pourrait être la première pierre d’un tout nouveauspace opera.

… habilement parsemé d’action

On dénombre 6 actes d’action plus ou moins longs dans Le Soldat de l’Hiver. Non pas que le schéma classique ait disparu (un combat introductif, une confrontation intermédiaire et une bataille finale), mais celui-ci est maintenant plus copieux. Les frères Russo n’ont pas seulement fait de leur film un film d’espionnage et de conspirations, mais également un film à l’action variée. Ce choix, cette maîtrise entre l’intrigue et l’action font de ce Captain America un film très bien rythmé.
Car contrairement à Iron Man, Thor ou Hulk, Captain America « n’est qu’un humain amélioré ». Tous ces super-héros portent le combat à un niveau supérieur que Steve Rogers. Ainsi, la crainte qui émergeait progressivement avec ce film était de retomber à des problèmes très terre à terre, très humains, alors que The Avengers nous envoyait dans un tout autre univers.
Et pourtant, par le biais du Soldat de l’Hiver, les frères Russo amènent littéralement le Vengeur à donner le meilleur de lui-même, créant une tension palpable en permanence. L’enjeu est global ET personnel, et on ne peut à ce moment-là que s’attacher à la détermination et à l’engagement de Steve Rogers. À son code d’honneur et de conduite.

En conclusion…

En sortant de la salle, on avait eu un peu de mal avec Le Soldat de l’Hiver. Le twist nous avait déboussolé en grands fans que nous étions. On ne s’attendait pas à ça et on ne savait pas s’il s’agissait d’un élément positif ou négatif. Là n’est pas (plus) la question.

Le fait est que Captain America – Le Soldat de l’Hiver est un très bon film Marvel (et un très bon film tout court). L’action est tenue de bout à bout du film, l’intrigue tient incroyablement bien la route (si l’on rentre à 100% dans le film), le jeu des acteurs est tout ce qu’il y a de plus convaincant, la réalisation est bonne, la bande originale est efficace, bref. Contrairement auxGardiens de la Galaxie qui se veut d’une légèreté sans pareille, Captain America, sans être d’une noirceur sans fond, se veut assez complexe et beaucoup plus sérieux.

Captain America – Le Soldat de l’Hiver a-t-il réussi à créer ce climat sombre et chaotique nécessaire à l’avènement d’Ultron ? OH. OUI.

 

 


avatar Maxime le 12/03/2015  -  commentaires

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