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The Thomas Crown Affair

The Thomas Crown Affair

Nightcrawler… Sans l’ombre d’un doute, l’un des meilleurs films que nous ayons pu voir en 2014 (on vous le fera bien comprendre d’ici peu). S’il en est ainsi, c’est certainement grâce à la performance de son acteur principal, Jake Gyllenhaal, à sa mise en scène et à sa réalisation maîtrisées et sobres, à son propos extraordinairement fort, et puis aussi un peu grâce à l’un de ses rôles secondes, Rene Russo.

C’est après pratiquement 10 ans d’absence à l’exception de quelques films sans grande magnitude, que Rene Russo s’est à nouveau montrée, notamment en 2011 puis en 2013 dans Thor et sa suite, The Dark World, puis dans Nightcrawler. C’est donc grâce à ce dernier que l’on s’est souvenu d’un film qui nous avait marqué alors que nous étions encore que des bambins devant la télé : The Thomas Crown Affair avec donc, Rene Russo.


Thomas Crown (ou L’affaire Thomas Crown) est un remake du film de 1968, réalisé par un certain Norman Jewison (Hurricane Carter), et avec à son casting ni plus ni moins que Steve McQueen et Faye Dunaway. Réalisé en 1999 par le grand John McTiernan (PredatorPiège de cristalA la poursuite d’Octobre RougeUne journée en enfer, entre autres), The Thomas Crown Affair avait reçu à l’époque de sa sortie un bon accueil. Et pour cause !

Une histoire de Monet…

Thomas Crown est ce que l’on peut qualifier assez simplement de véritable gentleman. Beau, riche, généreux, bien vu, bien éduqué. L’incarnation parfaite de la réussite américaine, une sorte de Gatsby moderne dans le gratin new-yorkais, le haut du panier. Il est également féru d’art, et particulièrement d’une peinture de Monet, Saint-Georges majeur au crépuscule, qu’il vient voir tous les jours au plus grand musée de New York, s’attirant la sympathie du personnel et notamment de son chef.
Jusqu’au jour où, alors qu’à son habitude Thomas Crown est venu voir le Monet, une équipe de voleurs parvient à s’infiltrer au sein du personnel du musée dans l’intention de voler le dit tableau. Thomas Crown, surpris de se voir écarté de la salle par ces individus déguisés en gardiens, en informe le chef du personnel. Démasqués, les malfaiteurs tentent de prendre la fuite. Or, dans la débâcle, Thomas Crown en profite pour lui-même voler le tableau. La tentative de vol était en vérité une diversion organisée par Crown lui-même afin d’assurer sa réussite. Avec l’élégance des plus grands voleurs, Crown sort par la grande porte, avec dans sa mallette le Monet, loin de tout soupçon.

Les forces de l’ordre sont sur le coup, l’affaire fait grand bruit. L’inspecteur Michael McCann et son adjoint, le détective Paretti, sont mandatés pour retrouver le Monet. Mais alors qu’ils examinent la scène du crime, ils sont interrompus par Catherine Banning, une sorte de chasseur de tête travaillant pour l’assurance garante du tableau. Belle, élancée, désinvolte, Catherine est l’incarnation de l’élégance, et de la force du « sexe faible ». Nul homme ne peut lui tenir tête tant qu’elle n’en a pas décidé autrement.
Catherine a été elle-même mandatée pour retrouver le tableau, ainsi que son voleur, évitant ainsi à l’assurance de reverser non moins que… 100 millions de dollars au musée de New-York., ce qui lui permettrait de toucher à peu près 5% de cette somme. Pas mal. Travaillant de concert avec l’inspecteur McCann, Catherine va rapidement remonter la trace de Thomas Crown, dont elle est convaincue de la culpabilité, allant même jusqu’à l’accuser dès leur première rencontre, alors que celle-ci se déroule au sein d’une cérémonie visant à remercier Crown du prêt d’un grand tableau afin de combler l’absence du Monet.

Intrigués l’un par l’autre, un jeu de séduction s’engage quasi instantanément entre ces deux protagonistes, un jeu où les limites, en apparence claires, peuvent vite s’effacer…

Une histoire d’amour…

The Thomas Crown Affair est un film à l’instar de ses deux protagonistes : élégant. À travers ce long-métrage, c’est toute l’esthétique propre aux films des 90’s qui semble défiler sous nos yeux, ainsi que bon nombre de thématiques inhérentes à cette période : la question de l’argent, les rapports hommes/femmes, le place du sexe, la question de partir ou de fuir, la satisfaction et l’insatisfaction du désir, ce que l’on peut avoir et ce que l’on ne peut pas avoir, ce qui est possible etc. Pour autant, ce regard s’arrête à un simple survol de celles-ci. Le film ne se veut ni profond, ni ne vise à établir un point de vue sur l’une de ces thématiques.

Il s’agit d’un film que l’on pourrait qualifier de « spectateur ». Il est créé pour faire vivre une histoire dans un contexte donné, mais ne cherche pas à développer quelque chose en particulier, une problématique ou une thématique fondamentale. À poser une question, à inciter à la réflexion. C’est une pure fiction. En un sens, The Thomas Crown Affair est un film dans son acceptation la plus simple et la plus ludique qui soit. Il n’y a pas de discours, juste une fiction à apprécier, en plus d’une ambiance et une esthétique à savourer. Il n’y a aucune exploration profonde des thématiques citées précédemment, juste un survol très léger et très agréable. On se contente donc de le regarder et de l’apprécier au même titre qu’un bon film d’action.

Pour autant, derrière ce constat en apparence un peu terne se cache un film esthétiquement beau, tant du point de vue du traitement de la romance (qui est avant tout un fantasme que nous voudrions tous vivre, ne nous faisons pas d’idées) que de la réalisation et de la mise en scène (qui parfois s’avère assez surprenante). The Thomas Crown Affair est un véritable film des années 90, à l’instar des films précédents de son réalisateur dont on sent a posteriori la patte (quelle ne fût pas notre surprise de constater que John McTiernan, l’homme dernière Predator et de deux des meilleurs Die Hard, avait réalisé ce film).

Au-delà d’être un remake, The Thomas Crown Affair est un film satisfaisant en tout point, auquel on ne saurait attribuer le moindre défaut. Un bon film comme on dit.

Au service de sa Majesté

Qui de mieux que Pierce Brosnan pouvait, en 1999, incarner Thomas Crown ? Réponse : personne. En pleine force de l’âge et entre deux James Bond, Brosnan donne à Crown toute la délicatesse de son personnage, aisé mais pourtant voleur, joueur prêt à tout pour trouver adversaire à sa mesure.
Quant à Rene Russo, on se demande ce qui a bien pu se passer dans la carrière de cette actrice tant celle-ci réalise un travail ravageur. Catherine est le genre de femme qu’un homme donnerait tout pour rencontrer dans sa vie. Que les hommes sont faibles.
L’autre « couple » du film, c’est bien évidemment le duo de flics composé par McCann (Denis Leary) et Paretti (Frankie Faison, qui tient un rôle très amusant dans la série Banshee). Drôle, complices, le genre qui ferait presque de l’ombre à L’arme fataledans un spin-off.

En conclusion…

Que dire de The Thomas Crown Affair ? Et bien que ce film n’a pas vieilli d’une goutte, et qu’il est encore meilleur avec l’âge.
Efficace, glamour, sans temps mort (à l’exception d’une escapade dans les îles), séduisant en tout point, ce film ne souffre d’aucun véritable défaut. Un bon divertissement. Un bon film, comme on vous l’a dit.

Compliments à John McTiernan. Ils s’imposent.

 


avatar Maxime le 09/03/2015  -  commentaires

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