Chronique série

Fear The Walking Dead

Fear The Walking Dead

En voilà une série qui cartonne ! Encore une fois, la franchise Walking Dead fait des émules avec un spin-off au synopsis intriguant et plutôt bien pensé ! Comme c’est surprenant !
Diffusée dès le 23 août 2015, la série de six épisodes nous plonge au cœur des balbutiements d’une épidémie zombie. On y suit une famille recomposée où chacun des parents se débat pour défendre ses enfants mais également ceux de leur conjoint. Une situation presque originale puisque nos voisins américains apprécient jouer avec le thème de la famille. Entre parenthèse : reconnaissons-le, la chose est ici assez bien menée !

Dans le premier épisode, on suit Nick Clark, un jeune toxico qui se réveille dans une église transformée en squat. La chose n’est d’ailleurs pas sans nous rappeler 28 jours plus tard, où le héros, qui se réveille d’un coma – comme Rick dans The Walking Dead – file dans une église. L’occasion pour lui de faire une première rencontre funeste avec des mangeurs de cerveaux.
C’est ainsi que Nick croise le premier zombie de la série, qui a dévoré plusieurs autres junkies. Il prend peur, s’enfuit et se fait renverser. Amené à l’hôpital, il est interrogé par des policiers mais également sa mère et son beau-père. Personne ne va croire à son histoire de zombie. Évidemment c’est un pu*** de junkie !
Le beau-père, Travis Manawa, professeur de langue bien sympathique, se rend à l’église en question et réalise l’ampleur des dégâts. Il se rend alors compte que quelque chose de terrible s’est passé ici et rapidement les médias diffusent des histoires d’agressions morbides et de disparitions étranges. S’en suit une émeute où policiers, émeutiers et zombies jouent des pieds et des mains dans un tumulte incontrôlable. Une situation de survie en territoire urbain assez angoissante et bien réalisée.


Multiplication des points de vue

Il y a dans la série plusieurs points de vue à travers lesquels on observe cette pré-apocalypse zombie. Celui de Nick est des plus intéressants en ce sens où le monde devient fou, chose à laquelle il a été habitué notamment grâce à la drogue. Ainsi il se trouve être à sa place, dans un monde anarchique et désordonné.
Les autres personnages vous feront parfois sauter hors de vos gongs de par leur lenteur d’esprit ou leur réflexion trop gentille et honnête. À leur décharge, les héros ne peuvent pas se transformer en pro de la survie #tueurdezombies en quelques secondes. On n’est pas dans World War Z !
De fait, le beau-père s’accroche à un idéal de justice et veille à bien se comporter pendant que sa femme énervante au possible parviendra à se transformer en survivante sans cœur et sans reproche – un peu comme le chevalier Bayard -.
Les adolescents (enfants des personnages principaux), par leur approche… adolescente, ont parfois moins de mal à percevoir la réalité des choses. Ils sont en effet plus enclins à toutes ces histoires de conspiration ou de zombies et voient tout simplement les choses comme elles sont. Leurs parents, eux, se voilent derrière des conceptions futiles comme l’ordre et l’obéissance à l’autorité, les bonnes manières et les règles de bonne conduite en société, essayant par-là de masquer leur détresse.
Seul le personnage de Salazar, jeune mexicain au passé obscur et tenancier d’un salon de coiffure, terni ce panel de personnages de par son caractère trop guerrier et expert en tout un tas de choses, comme la torture par exemple. Il fait avancer l’action certes, mais de manière trop rapide et brutale.
On notera au passage que si la série jouis d’une grande qualité dans sa photographie et de mise en scène, avec également un « générique » tout à fait effrayant bien que très court, il y a parfois des ellipses narratives mal pensées et même gênantes pour la bonne lecture de certains épisodes. Pour le reste, tout va bien.

The only thing we have to fear…

Dans ce nouveau monde, la seule chose à craindre ici, ce sont les humains, et cela bien plus que les zombies. De fait les créatures ne font ici office que de déclencheur à des situations extrêmes : comment réagir en pleine émeute urbaine ? Comment réagir face à une armée qui devient trop oppressante, présente et bien trop sûre d’elle alors qu’elle ne maîtrise rien ? etc.
On ne voit finalement que peu de zombies dans la série, et c’est très bien car il s’agit avant tout de mettre en avant les relations humaines avec ce que cela implique de jeu de forces et de tensions dans une situation extraordinaire.
Un demi pouce pour ça !

Fear Itself

Tout ça c’est bien beau, mais clairement, on a peur. On a peur pour la suite de la série car on aimerait bien qu’elle ne fasse pas du The Walking Dead. Et pourtant, peut-il en être autrement ? La fin de la première saison nous montre bien que l’apocalypse zombie est installée. Six épisodes sont bien suffisants pour dépeindre la situation. Mais ensuite ? Et ben ensuite il s’agit de survie. Comme dans The Walking Dead
De fait, la première saison nous a énormément plu (à l’exception du sixième épisode qui nous laisse dans le doute) mais qu’en sera-t-il de la suite ? Il a déjà été annoncé plusieurs saisons au spin-off. Mais pourra-t-il vraiment se développer sans faire du copier-coller alors que sa grande sœur nous revient avec une saison 6 tonitruante et exaltante ?
Évidemment, il est difficile de faire la comparaison entre les deux séries. Et il est très facile de se dire « The Walking Dead, c’est mieux ». Bien sûr. On a eu cinq saisons pour s’habituer aux personnages. On les apprécie et on veut les voir galérer dans ce monde fictif parsemé d’horreurs et d’angoisse.

Le fait est qu’il faut laisser sa chance à Fear The Walking Dead et son approche originale de l’épidémie zombie, même si nous pouvons clairement craindre le pire pour la suite…

 


avatar Roman le 02/12/2015  -  commentaires

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