Chronique série

The Strain

The Strain

Attention, monument : le très connu Guillermo Del Toro nous a assommé avec son dernier projet. S’inscrivant dans le renouveau des séries horrifiques, telles qu’American Horror Story ou Penny Dreadful, la série, diffusée sur la chaîne américaine FX pour la première fois en 2014, et sur Canal + séries en France, fait son office. Un retour sur la genèse du projet avant de rentrer dans le vif du sujet : ce show est adapté d’une trilogie de romans co-écrits par Del Toro lui-même et Chuck Hogan, un auteur américain, dont The Strain reste son œuvre la plus connue du grand public. Il s’avère que la série est adaptée très librement du livre, mais Guillermo Del Toro travaillant sur les deux supports en simultané, nous sommes à l’abri des hérésies (Oui Le Hobbit, je parle de toi) !

The night is dark and full of terrors


Si l’on devait résumer le pitch en une seule phrase, ce serait celle-ci : dans l’idée, le show expose une lutte entre bien et mal. Le « camp du bien » est composé d’une poignée d’humains, aux profils divers, et pour certains franchement atypiques, s’opposant au « camp du mal », un groupe de vampires effrayants. Ces monstres sont contrôlés par le maître, mis à part quelques élus, et son but est de jouer un jeu subtil de désinformation pour ébranler l’humanité et prendre le pas sur elle. La principale force des créatures est leur nombre, car il est simple d’infecter quelqu’un et il n’existe aucun remède. Les vampires qui apparaissent ici redonnent leurs lettres de noblesses à ces créatures, que Hollywood s’évertue à nous décrire comme sexy et mélancoliques depuis quelques années. Ainsi, seul le petit groupe d’humains que nous suivons arrive à contrecarrer ses plans. L’intrigue débute à New York. Un avion atterrit à JFK, toutes les personnes à son bord sont mortes, excepté une poignée d’entre eux, plongés dans un coma profond. Arrive alors une équipe du CDC, pour trouver une explication à ce mystère. Peu à peu, les corps se mettent à disparaitre de la morgue. Pourquoi ? Nous vous le donnons en mille !

Montre-moi la vérité

L’une des particularités de cette série est l’utilisation systématique de flashbacks qui peuvent remonter jusqu’à deux milles ans auparavant. Ceux-ci se centrent principalement autour de cet homme qui a passé sa vie à combattre les « strigoïs », ce qui nous montre que cette lutte est quasi-éternelle, et que finalement, nous arrivons au bout de l’histoire (la chance !). Bref, grâce à cette mise en scène, nous pouvons comprendre les motivations de certains personnages, et replacer l’histoire dans quelque chose de bien plus vaste, un univers. Ce qui commence en une grande fresque éparse d’intrigues finit en un ensemble très lié : les personnages s’affrontent et se confrontent, les sous-intrigues servent parfaitement l’histoire principale à court ou moyen terme. Les scènes entre personnages sont déclinables à l’infini, tant chacun d’entre eux a eu son moment avec le reste du casting, ce qui permet d’étoffer grandement les personnalités et le vécu.

Une équipe de choc !

Parlons-en, du casting ! En tête d’affiche : Corey Stoll, que nous avons récemment vu en bad guy pas franchement convaincant dans Ant Man. Nous décernons une mention honorable à David Bradley, qui campe très bien son rôle de sage un peu excentrique. Si le nom ne vous dit rien, le visage vous est familier : c’est lui qui ordonne la mort de Robb Stark au « Red Wedding » (Game Of Thrones). Cela ne vous dit rien (ce serait une hérésie à vite comblée en ce cas) ? L’acteur britannique incarne le concierge Rusard dans la saga Harry Potter, et fait des apparitions dans la Blood And Ice Cream Trilogy de Simon Pegg et Edgar Wright (Shaun Of The Dead etc…). Un autre nom à citer : Richard Sammel, qui joue très bien son personnage de vampire/bras droit/nazi, connu d’ailleurs pour jouer des rôles de nazis dans les films se situant pendant la guerre, ou tout du moins, de méchant (Taxi ou OSS 117 Le Caire, Nid d’Espions). Petite anecdote à propos du bonhomme qui pour moi mérite le respect : il parle couramment cinq langues, dont le français. BG.
Le reste du crew n’est pas spécialement connu de nom, mais quelques-uns le seront au niveau des visages (Sam Gamegie, tu es là toi aussi !). Kevin Durand, qui campe ici Vasili Fet, a joué dans un certain nombre de productions telles que Lost, X-Men Origins: Wolverine ou plus récemment VikingsRuta Gedmintas, qui joue le rôle de la hackeuse Dutch Velders, a surtout été connue grâce à son rôle dans Les Tudors. Bref, du beau linge.
Le jeu d’acteur est assez inégal d’un personnage à l’autre, mais tous sont, dans l’ensemble, au moins crédibles. Une exception toutefois : l’acteur qui joue l’enfant dans la saison 2 à mon sens : ce morveux réussit l’exploit d’être inutile en toutes circonstances tout autant que d’être énervant (un peu comme Carl de The Walking Dead dans les premières saisons, pour donner une idée, mais passons).

Une touche Sin City

Cette série porte très bien son nom : « strain » signifie « pression » en anglais. Alors bien sûr, chacun trouvera sa propre interprétation du titre, mais il est vrai qu’il y a une pression constante sur les personnages, toujours un peu sur le fil du rasoir, et cela se ressent très bien à l’écran (je leur ai crié des informations plusieurs fois pour les aider, mais sans succès). Comme vous pouvez vous en doutez, il y a un cliffhanger un épisode sur deux, ce qui nous pousse encore plus à vouloir connaître la suite de l’aventure.
Qualitativement, les deux saisons se valent, et s’inscrivent très bien dans une continuité. Personnellement, je mettrais un pouce vert de plus à la première, plus tournée action, et avec une fin plus claire.
Visuellement, l’univers est gris et sombre, mais plutôt par contexte que par réelle motivation : la plupart des scènes se déroulent à New York en plein hiver ou dans des tunnels. En fait, c’est plutôt le contexte ambiant qui apporte de la force à l’intrigue. À noter qu’il y a quand même quelques scènes bien gores, mais sans rentrer dans la surenchère toutefois.
Enfin, la bande originale reste discrète, mais de qualité, sachant s’adapter très bien à l’ambiance de la scène, l’usage de silence pesant est toutefois souvent de mise (Sinon tu ne peux pas sursauter au bon moment). Celle-ci est réalisée par Ramin Djawadi, très connu dans le milieu des compositeurs pour cinéma et télévisions : il réalisa le thème principal de Game of Thrones, et les bandes originales d’Iron Man ou Pacific Rim pour ne citer que ceux-ci. Il fut par ailleurs l’un des disciples du très célèbre Hans Zimmer, et réalisera la B.O. du film Warcraft qui sortira en 2016.

Le coup final

En résumé, The Strain reste une agréable série à regarder, pleines de bonnes idées. Elle souffre parfois de quelques inégalités au niveau du rythme et du jeu d’acteur, mais se laisse apprécier. Une mythologie bien construite a été mise en place pour soutenir le scénario, ce qui fait que nous nous laissons bien plonger dans un univers crédible et atypique.
La saison 2 de ce show s’est achevée en octobre 2015, le total annoncé par la production étant de cinq. Espérons que cela permettra d’éviter les dérives et les rallonges inutiles que l’on a pu voir que trop souvent ces dernières années.

 


avatar Jeremy le 16/11/2015  -  commentaires

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