Chronique série

The Last Man On Earth

The Last Man On Earth

Après plusieurs semaines de teasing et de promesses que l’on a eu énormément de mal à tenir – actualité oblige – on a ENFIN l’occasion de vous parler de The Last Man On Earth.
TLMOE (appelons-la comme ça si vous voulez bien) est une comédie diffusée entre avril et mai sur la chaine américaine FOX, créée et portée par Will Forte, renouvelée d’ailleurs par celle-ci pour une deuxième saison.

Avec une douzaine d’épisodes d’une vingtaine de minutes chacun, TLMOE est le genre de série dont on vient rapidement à bout, mais dont on s’ennuie de l’absence tout aussi vite.
On l’avait remarquée dans le traditionnel dossier séries allociné de la rentrée, ne sachant pas vraiment à quoi nous attendre. Série sérieuse ou humoristique ?
Et bien finalement un peu des deux, et c’est ça qui la rend si intéressante !


“Alive in Tucson”

Après une pandémie mondiale ayant décimée l’intégralité de la population, Phil Miller, dernier rescapé de ce tragique évènement, parcourt seul le monde à bord de son gigantesque bus – destiné à une cinquantaine de personnes, cherchez l’erreur – à la recherche d’autres individus ayant eux aussi peut-être survécu.
Hélas, après plusieurs mois à sillonner ce monde désolé, Phil rentre pour ainsi dire « broucouille » dans sa ville natale de Tucson, tout en laissant régulièrement sur sa route la mention « Alive in Tucson » sur certains grands panneaux. Sait-on jamais…
Phil est seul, Phil est triste. Alors Phil sombre peu à peu dans la folie. La jolie folie. Celle-ci qui le pousse à faire le plus de trucs débiles pour ne pas sombrer dans la vraie folie. Faire de ballons de football des copains à qui il parle, se laisser pousser la barbe et les cheveux façon Robinson Crusoé, faire ses besoins dans sa piscine parce que les toilettes sont bouchées, rapatrier le tapis présidentiel de la Maison Blanche dans l’entrée de la maison qu’il a décidé d’occuper, au passage, s’autoproclamer solennellement Président des Etats-Unis d’Amérique, etc. etc.
En gros, Phil se fait CHIER. Méchamment. Il n’est pas le genre de mec à poster des duck faces de lui toutes les dix minutes sur Facebook, mais comme pas mal de monde, il a besoin d’un semblant de contact avec autrui, une denrée qui manque cruellement en ces jours radieux qui traversent Tucson.
Et puis Phil est un homme, si vous voyez l’idée. Pas le genre beau gosse, mais un homme « normal » quoi, celui qui a tout autant du besoin du contact d’une femme que d’autrui. Voire plus. Carrément plus même !
Bref. Phil s’emmerde sévère. Phil est en chien. Il maudit Dieu pour tout ça, toute la mauvaise fortune qu’il lui a apporté au fil des années. Il a besoin de voir des gens, et même ça Dieu ne veut pas le lui donner alors qu’il a toujours été un chic type.
Phil est à bout. Un jour alors que tout va mal, il décide de se foutre en l’air, seule issue à sa tragique condition. Décider est une chose. Y parvenir, c’est autre chose.
Alors qu’il émerge de sa tentative ratée de suicide, Phil aperçoit non loin de lui de la fumée…

Phil Miller is the last man on Earth!

TLMOE est une excellente série à bien des égards, et à laquelle peu d’autres séries peuvent être comparées (la seule qui nous ait vraiment fait écho, c’est Enlightened). Le contexte a beau être post-apocalyptique, nous avons affaire à un personnage principal tout à fait contemporain, tellement poussé dans le genre de l’absurde qu’il parvient à faire émerger des réflexions sur ce que cela signifie « être un individu social aujourd’hui », et donc être humain.
Évidemment, tout ce que l’on voit à l’écran est le résultat de décennies de production en tous genres sur ce que cela veut dire, tout n’est pas arrivé ex nihilo ou même le fruit de la seule réflexion de Will Forte. Néanmoins, il faut reconnaître que celui-ci a su où regarder.

La série est à la fois absurde et dramatique, un pari qui n’est pas exempt de défaut. Vous vous en doutez maintenant, Phil n’est pas seul à Tucson. Sans développer outre-mesure ce point, nous n’avons droit en vérité qu’à un seul épisode où son personnage est totalement seul sur Terre. Si l’épisode est absolument parfait, il n’en reste pas moins que l’on aurait aimé en voir un peu plus, de cet individu loufoque, et ce qu’il était à même de faire pour éviter l’ennui et les questions existentielles qui peuvent l’accompagner.
On parle de défaut, c’est y aller un peu fort de café. Disons que l’on aurait aimé que les choses n’aillent pas aussi vite. Mais ça n’a rien de grave, car les monologues répétitifs de Phil permettent d’approfondir, à leur manière, la psychologie du personnage.
Les questionnements résultent donc des interactions entre Phil et les autres humains qu’il va rencontrer. Les difficultés à concilier les désirs personnels et ceux des autres, l’intérêt collectif, les relations hommes/femmes ; femmes/femmes ; hommes/hommes, la frustration individuelle, la difficulté à dialoguer et à se faire entendre d’autrui, le vivre-ensemble – et puis l’envie de baiser, disons-le clairement -.
En gros, Phil est un homme de la Préhistoire qui retrouve la société moderne. C’est le choc des mondes quoi ! Et voir ça a l’écran, ça permet quelques – de nombreux – coups d’éclats !

Will Forte is the last man on Earth!

Will Forte/Phil Miller, c’est un autre Chris Pratt/Star-Lord sur le monde. Le genre de personnage qui fait rire sans même rien faire de bien particulier. Mimiques, gestuelle, tout est calculé au millimètre.
Quand bien même le reste du casting fait un excellent boulot, c’est lui qui fait le show (c’est normal après tout, c’est le sien). En parlant de celui-ci, quand bien même se veut-il maigre, il interagit de manière fantastique avec le personnage de Will Forte.
Kristen Schaal dans le rôle de Carol, sorte de vieille fille à la limite de la mégère est l’épine dans le pied de Phil, la belleJanuary Jones dans le rôle de Melissa se fout inlassablement de sa gueule, quant au personnage de Todd, incarné par Mel Rodriguez, il est trop chou, disons-le franchement !

En conclusion…

The Last Man On Earth se mange en un rien de temps, et pour peu que vous ayez le mental et l’humour pour, elle vous fera rire comme ça n’est pas permis. Elle vous embarrassera aussi. Comme ça n’est pas permis.

 


avatar Maxime le 17/06/2015  -  commentaires

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