Chronique série

The Flash

The Flash

DC Comics/The CW est un combo gagnant, c’est un fait avéré – en termes d’audiences, soyons clairs -. Smallville tout d’abord,Arrow dix ans plus tard, et puis à la rentrée prochaine Legends Of Tomorrow et Supergirl (et puis qui sait peut-être l’année d’après, l’histoire de Krypton).
Cette expansion de l’univers DC au petit écran est clairement le fait d’Arrow, on vous en parlait ici. Mais le kick franc a tout ça, c’est The Flash.

Introduit en tant que clin d’œil soutenu dans la saison 2 d’Arrow, le personnage de Barry Allen a immédiatement su capter l’attention du public visé, notamment grâce à un acteur – à son jeu plutôt – un peu gauche mais immédiatement attachant. C’est ainsi que ni une ni deux, les producteurs se sont mis à bosser sur une première saison dédiée au « Bolide Écarlate », directement inspiré par la ligne tracée par « l’Archer Vert ».
À la vue du résultat final, on ne peut pas s’empêcher de se dire que l’abstinence est parfois une très belle vertu.


Run Barry, run!

Barry Allen est l’image type du scientifique : jeune, passionné et intelligent, un peu refermé et gauche, mais assez attachant. Travaillant en tant qu’expert pour la Police de Central City, l’une des grandes villes de l’univers DC, Barry aide son père adoptif Joe West et son collègue Eddie Thawne à résoudre les crimes de la ville.
Enfant, Barry a perdu sa mère dans un évènement impossible, mais qui pourtant s’est bel et bien produit. Lors d’une nuit comme une autre, une lumière rouge et jaune, se déplaçant à une vitesse folle, est apparue au milieu du salon, torturant apparemment la mère de Barry. Et puis instantanément, le jeune Barry fût déplacé à quelques centaines de mètres de chez lui alors qu’il assistait à la scène.
Sa mère poignardée, et son père étant le seul individu présent à ce moment-là, il fût emprisonné à vie, accusé du meurtre de celle-ci. Barry fût alors recueilli par Joe, voisin et ami de la famille, et sa fille du même âge que lui, Iris, avec laquelle il grandit.
Des années plus tard, en revenant de Starling City (après avoir rencontré Oliver Queen/The Arrow), Barry fût frappé par un éclair très particulier, résultant de l’explosion de l’accélérateur à particules de Central City.
Après plusieurs mois de coma dont personne ne pensait le voir réchapper, Barry se réveille dans les laboratoires de S.T.A.R. Labs, l’entreprise responsable du désastre, en pleine forme, et plus encore. En effet, cet éclair a donné à Barry la capacité de se déplacer plus vite que n’importe quel humain.
C’est alors qu’il rencontre le professeur Harrison Wells, scientifique renommé que Barry adulait, mais aussi l’homme derrière le cataclysme de Central City, ainsi que son équipe (réduite) composée de Cisco et Caitlin. Blâmé par le monde, Wells, qui vit désormais reclus et cloué à un fauteuil roulant, s’est néanmoins efforcé à réparer ses torts, notamment à travers Barry dont il prend énormément soin et qu’il cherche à guider du mieux qu’il peut.
En effet, l’explosion de l’accélérateur n’a pas seulement touché d’une manière particulière Barry. De nombreux individus se sont retrouvés eux aussi affectés par l’explosion, acquérant des capacités toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Un danger que Barry et l’équipe de S.T.A.R. Labs vont s’efforcer de contenir du mieux qu’ils peuvent grâce à sa capacité fabuleuse.

Ou alors, casse-toi pauv’…

De là où l’on se place, cette tendance plus ou moins nouvelle à adapter sur grand ou petit écran des personnages et/ou intrigues tirés des comics est une bonne chose, du moment que :

  • il n’y a pas surenchère permanente,
  • qu’on ne nous gave pas avec,
  • que les erreurs commises par le passé ne sont pas répétées.

Ça, personne ne dira le contraire.
Mais quand ces petites règles toutes connes – parmi tant d’autres – sont bafouées, on ne peut que penser à cette phrase sublime d’Edouard Balladur, calmant le jeu : « je vous demande de vous arrêter ». Si si, vraiment.
The Flash, ce n’est ni plus ni moins que la série type de CW, soit Arrow sans arc, habillé en rouge – en lieu et place du vert – et courant à toute vitesse pour sauver sa ville.
On change deux trois éléments et on fait une nouvelle série. L’un n’est que pâle copie de l’autre, et inversement.
Il va de soi que le matériau original (les comics) présente régulièrement des similarités dans la construction de ses personnages. Néanmoins, il est difficile de comprendre l’intérêt soit de reproduire, soit d’accentuer ce même fait. Les intrigues sont les mêmes, se déroulent de la même manière, et il en va de même pour tout le reste (les interactions entre les personnages notamment). Barry Allen, quand bien même personnage attachant – comme bien d’autres, notamment ceux de Joe West et d’Harrison Wells notamment -, joue systématiquement de la même manière (perte de confiance en soi > discours paternel > espoir nouveau).
Le pire se produit lorsque les showrunners parviennent à mettre en place une intrigue ou un déroulement intéressant, mais se retrouvent pour une quelconque raison forcés d’y traiter de la manière habituelle (cf. le dénouement du season finale).
The Flash devient alors une série de type « cahier à charges ». Il faut tel pourcentage de discours moraliste, tel pourcentage d’intrigue amoureuse, etc. etc. Et ça, nous sommes bien désolés de le dire, mais ça a de plus en plus de mal à passer – voire ça ne passe plus, on prévoit sérieusement de nous détourner de ce genre de traitement réservé à l’univers des super-héros au petit écran au profit d’autres (Daredevil, nous voilà !) -.

« Sauvée » par son antagoniste

On aimerait bien vous donner notre avis ouvert sur celui-ci, hélas, ça serait spoil que vous dire de qui il s’agit exactement. Le « Reverse-Flash » est un individu qui apparait aux environs de la mi-saison. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un personnage doté de la même capacité que Barry, mais dont les intentions sont bien moins humanistes et désintéressées que celui-ci. Personnage présent depuis le début, le Reverse-Flash est probablement le personnage le plus intéressant car il dispose clairement de deux facettes : une identité secrète et une identité « officielle ». Et c’est cette première qui apporte à son personnage un intérêt certain, car on la voit évoluer dans le secret donc, tout au long de la saison, les dilemmes auxquels elle doit faire face, etc.
En effet, on ne peut pas compter sur ceux de Barry, qui sont d’un ridicule navrant quand bien même sa situation est triste (« sauver Maman, pas sauver Maman, telle est la question… »).
Quant au reste des personnages… No comment.

En conclusion…

De la même manière que certaines licences au cinéma sont devenues des produits calibrés (Hunger GamesDivergenteLe labyrinthe etc.), The Flash l’est tout autant sur petit écran. Nul doute que les prochaines séries citées dans l’introduction suivront ce même schéma à la rentrée prochaine.
On avait vraiment espoir de voir le personnage de Flash s’affranchir de son lien de parenté avec Arrow, qui à ce moment-là commençait son inexorable chute.

Clairement, il n’a pas couru assez vite pour y parvenir (pardon).

 


avatar Maxime le 28/05/2015  -  commentaires

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