Chronique série

The Blacklist

The Blacklist

Les aventures d’agents au service du FBI ont toujours passionné les téléspectateurs. Fringe et The X-Files, entre autres, en sont des exemples assez marquants – en dépit du fait qu’elles prennent toutes deux places dans des situations étranges, vous en conviendrez -. C’est un niche qui fonctionne, qui a toujours fonctionné et qui fonctionnera pendant sans doute encore longtemps.
L’une des dernières arrivées dans ce créneau se nomme The Blacklist, et prend place dans un contexte bien plus proche de la réalité que les deux séries citées ci-dessus – soupçonnée, la vérité est ailleurs -, à savoir l’Amérique Post 9/11, où la question de la sécurité nationale est devenue la priorité absolue du gouvernement (cf. Homeland).

The Blacklist se place néanmoins sur deux fronts, à savoir la lutte anti-terroriste et la lutte contre le crime organisé. En se positionnant au point médian entre ces deux ensembles, la série s’offre un panel d’intrigues extraordinairement large qu’elle mélange comme bon lui semble. Est-ce que cette posture lui apporte bonne fortune ou mauvais œil ?
Meh, un peu des deux.


Un moindre mal

Raymond « Red » Reddington était dans les années 80/90 un formidable officier de la Marine, reconnu et admiré de son entourage. Lors d’un incendie qui se déroula dans des conditions obscures, il disparut subitement sans laisser de traces tout en emportant avec lui un grand nombre de secrets militaires.
Peu de temps après, Red réapparut sur le radar des autorités lancées à sa poursuite, vendant ces mêmes informations aux plus offrants. Accusé de trahison, Red se retrouva assez logiquement à la tête de la liste des individus les plus recherchés du FBI. Cet acte le précédant, Reddington devint rapidement celui que l’on appelle désormais « le concierge du crime », l’homme aux connexions, mettant en relations toutes les parties prenantes du crime organisé.
Pendant des décennies, Red fût pourchassé d’arrache-pied par le Bureau, sans le moindre succès. Jusqu’à ce qu’un jour, sans crier gare, l’homme se rende de lui-même aux autorités.
Avant même que celles-ci puissent se féliciter auprès du grand public de l’appréhension de ce criminel notoire, Red demande à voir un certain agent Elizabeth « Lizzy » Keen, à laquelle il ne parlera qu’à elle seule.
Lizzy est pour ainsi dire une novice du Bureau, qui vient à peine d’obtenir son statut d’agent en tant que profiler. Surpris, le FBI s’inquiète clairement de voir le plus grand criminel actuel solliciter la présence d’un agent sans expérience et qui n’a apparemment aucune connexion avec lui. Pour autant, le Bureau envoie Lizzy rencontrer Red, détenu dans un blacksite (un lieu n’existant pas officiellement) afin de connaitre les intentions du criminel.
Au cours de la discussion, Reddington, qui semble définitivement connaitre Lizzy, et certaines informations relatives à son passé avant son adoption, propose au FBI un arrangement : en échange de la coopération totale de Lizzy en tant qu’intermédiaire ainsi que sa remise en liberté, Red aidera le FBI à arrêter tous les criminels représentant une menace pour la sécurité nationale, qu’il a répertorié dans une liste noire. Face à un deal aussi alléchant, le FBI accepte les conditions, ne se doutant pas qu’il vient de faire entrer un certain type de loup dans la bergerie…

Pourquoi ?

Si nous nous sommes lancé dans ce procedural, un genre dans les séries que nous n’aimons pas vraiment pour être parfaitement clairs avec vous, c’est uniquement pour l’un des deux acteurs principaux du show – voire l’acteur principal -, à savoir James Spader.
Cet acteur américain s’est notamment illustré en 1994, dans Stargate – La porte des étoiles de Roland Emmerich, un film qui s’est gravé instantanément dans nos mémoires de mômes. Plus tard, en 2002, c’est dans La secrétaire de Steven Shainberg que nous avons pu revoir son talent d’acteur se déverser à l’écran. C’est enfin dans les saisons 7 et 8 de l’hilarante série The Officeque nous avons pu retrouver cet acteur iconique des années 90.
Récemment, Spader s’est même payé le rôle d’Ultron dans The Avengers – Age Of Ultron de Joss Whedon.
Grosso merdo, c’est une forme de nostalgie qui nous a poussé à nous lancer dans The Blacklist – Spader n’ayant pas été l’acteur le plus actif sur les écrans – et qui a été récompensée, Spader étant tout simplement au top !

Un procedural qui tangue

The Blacklist commence donc d’emblée sur un pied de nez. Nous ne suivons pas la course effrénée du FBI afin de capturer mort ou vif Reddington, celui-ci vient directement à nous, avec dans sa tête le nœud de l’intrigue, la liste noire.
On pourrait dès lors se dire que cet acte audacieux va permettre à la série de mettre en place quelque chose de sulfureux. Clairement, il n’en est rien. Ou tout du moins, il n’en est rien dans la première saison. La grande partie des épisodes ne sont qu’une succession de numéros aléatoires de la liste, poussant la taskforce – l’unité du FBI créée autour des informations divulguées par Reddington -, à intervenir, entrelacées de regards sur la vie personnelle et passée de Lizzy.
C’est seulement sur la fin de la saison qu’une toile de fond émerge (Berlin). Hélas, ce nœud de l’intrigue va être très rapidement éjecté au bout de quelques épisodes de la saison 2, pour laisser place à une grande période de calme (de numéros aléatoires donc).
De fait, on a la sensation dérangeante que le showrunner Jon Bokenkamp avait une idée de départ, mais pas vraiment de point d’arrivée, et qu’il a improvisé au fur et à mesure de l’avancement des épisodes. C’est seulement vers le dernier tiers de la deuxième saison qu’un vrai fil conducteur est apparu, avec la mention de la Cabale, une organisation secrète complotant pour gouverner le monde.
Plus de deux saisons pour voir arriver quelque chose solide sur une aussi grosse série produite par NBC, c’est du jamais vu !

James & co.

Comme dit brièvement un peu plus haut, James Spader assure largement sa part dans le succès et l’appréciation du show. Il donne à Raymond Reddington cet air bien portant et nonchalant, désinvolte et moqueur, qui font à la fois son charme et lasse parfois, autant qu’il lui donne cet air grave et triste lorsqu’il s’agit du passé de Lizzy.
Quant Megan Boone dans le rôle de Lizzy, son jeu donne au personnage la sensibilité et la candeur qui lui reviennent de droit, la confusion aussi, faisant de Lizzy un personnage bien souvent perdu dans ses propres limbes psychologiques.
Le reste du casting fait un boulot tout à fait décent, mention spécial à Amir Arison dans le rôle de d’Aram Mojtabai, un des coéquipiers de Lizzy, personnage spontané et souvent drôle malgré lui.

En conclusion…

The Blacklist est une série terriblement bancale. Là où la plus grande partie des prodecurals s’attache directement à créer un fil conducteur, la série de Jon Bokenkamp met presque 2 saisons à en créer un qui tienne vraiment la route (et encore, celui-ci est somme toute très classique).

L’intérêt de la série réside alors en grande partie dans le personnage de Reddington, individu secret, calculateur et manipulateur, jouant avec la perméabilité entre l’intérêt des autres et le sien, le bien et le mal et ce qu’il y a au-delà, et cherchant à tout prix à cacher la nature de son intérêt pour Lizzy.

Pas une grande série donc, mais qui se regarde très bien quand on n’a pas grand-chose de mieux à faire. On espère que la saison 3 continuera sur la lancée de la fin de la deuxième qui tendait vers un mieux. On touche du bois tout en croisant les doigts.

 


avatar Maxime le 21/05/2015  -  commentaires

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