Chronique série

Arrow

Arrow

En 2011, après 10 ans de bons et loyaux services, la série Smallville s’achève sans grand panache. Sans être une série exceptionnelle, la genèse de Superman parvient à capter un public jeune et à révéler un intérêt certain pour les super-héros sur le petit écran.
Fort de cette position sans concurrence (Marvel est totalement absent de la télévision), DC Comics œuvre alors à trouver un remplaçant à l’homme de fer, un personnage suffisamment connu pour attirer l’attention de ce public en manque d’action.
Le choix se porte alors sur le richissime Oliver Queen et son alter-ego The Green Arrow, déjà – maladroitement – traité dansSmallville, un justicier masqué protégeant comme tout autre super-héros DC une ville fictive, celle de Starling City.

Produite par The CW, chaine dont le public cible sont les jeunes (on vous en parlait ici, au sujet de The 100), la première saison s’avère suffisamment solide pour initier un cycle DC sur la chaîne (The Flash cette année, à la rentrée prochaine Legends Of Tomorrow ainsi que Supergirl…). Mais cette première saison reste un cas très exceptionnel car dès les premiers épisodes de la saison 2, le show dégringole, donnant ainsi le ton à The Flash et au reste.


Un autre millionnaire perdu quelque part…

Oliver Queen est l’un des enfants bien portants de la ville de Starling City. Fêtard, arrogant, riche, Oliver est le genre de jeune adulte irresponsable flambant des milles et des cents en voitures de sport, vêtements de luxe, alcool, boîtes de nuit, etc.
Au cours d’une croisière avec son père Robert (ainsi qu’avec la sœur de sa petite amie Laurel, Sarah, avec laquelle il la trompe), le yacht, pris dans une tempête, chavire. Après des jours d’errance dans les mers d’Asie, Robert se suicide, se voyant comme un fardeau trop lourd à porter pour son fils, et lui confie la mission de corriger ses torts en sauvant la ville de Starling City à laquelle il estime avoir failli. Il lui laisse alors un carnet rempli de noms, des individus qu’il sait corrompus, exploitant la misère d’autrui et dont il faut se débarrasser.
Après cet évènement tragique, Oliver arrive sur une île désolée, Lian Yiu, de laquelle il mettra 5 ans à s’échapper.
De retour à Starling City, Oliver, accueilli à bras ouverts par sa mère Moira et sa sœur Thea, est un homme transformé, en grande partie meurtri, physiquement comme mentalement, par son séjour sur l’île. Sous cette apparente discrétion se cache en vérité un homme dirigé par un seul et unique but : honorer son père et accomplir la tâche symbolique que celui-ci lui a confié.
Il devient alors « The Hood », un justicier anonyme rendant justice à travers la ville de Starling City, armé d’un arc qui fait désormais sa réputation. De par ses manières très expéditives, Oliver s’attire les foudres des forces de l’ordre, et notamment du détective Lance, qui pleure depuis 5 la mort de sa fille Sarah, disparue en mer avec un certain… Oliver Queen.
Oliver/The Hood/The Arrow devient alors rapidement l’ennemi public n°1 puisqu’en dépit de ses intentions louables, il fait obstruction à la justice tout en en bafouant certains principes fondateurs.
Combattant hors pair, il raye néanmoins rapidement bien des noms de la liste et constate avec un certain étonnement que bon nombre d’entre eux sont connectés entre eux, mettant en évidence un schéma répétitif inquiétant, une sorte de plan qu’il appartient à The Arrow d’empêcher.

La chute

Arrow fût clairement au cours de sa première saison une série solide, à l’instar de ce que semble être Dardevil, la série Marvel diffusée sur Netflix, assez récemment.
Les raisons de ce bon départ sont nombreuses : une mise en scène classique mais bien gérée (les flashbacks retraçant l’histoire d’Oliver sur Lian Yiu), un casting faisant somme toute assez bien son office, une intrigue bien conçue (le dévoilement progressif de l’« overtaking », le plan machiavélique de la Némésis d’Oliver), et surtout un ton assez noir et suffisamment réaliste donnant au personnage d’Oliver/The Arrow une psychologie assez intéressante à découvrir.
Tout ce petit ensemble fait alors de Arrow une série franchement sympathique à regarder.

Hélas, c’est ce même ensemble qui va devenir, pour les deux saisons suivantes, quelque chose d’incroyablement lourd. Au cours de la deuxième et de la troisième saison, l’interdépendance entre les personnages et l’intrigue va franchement tourner au ridicule.
On voit ainsi systématiquement les mêmes mécanismes narratifs revenir, les mêmes impossibilités amoureuses, les mêmes dilemmes intérieurs et moraux d’Oliver devenir le cœur de la série.
Oliver ne peut pas aimer telle personne car il est The Arrow, Oliver est systématiquement désolé de ce qu’il a fait, Oliver est la cause de tout, et nous le répète de bout en bout de chaque saison, etc. etc. Cette réutilisation permanente des mêmes mécanismes devient alors profondément usant dans l’appréciation de la série. Trop de bons sentiments mielleux. De plus, tous les épisodes suivent le même schéma narratif (un antagoniste, un premier affrontement qui tourne au vinaigre, des interludes narratifs, un combat final, NEXT) et contribuent tous à leur tour à apporter un gros WTF?! auquel personne ne peut croire une seule seconde.
Tout ceci est sans compter sur le jeu identique d’un plan à un autre de l’interprète d’Oliver Queen (Stephen Amell), contribuant à cette sensation systématique de déjà-vu et de lassitude.

En gros, à quelques exceptions près (dont on vous parlera plus bas), l’intégralité des personnages devient CASSE-C*****ES et nuit profondément au déroulement général de l’intrigue. Laurel défie systématiquement Oliver, Moira est toujours la moman gracieuse qui pardonne tout, Thea s’offusque constamment de l’autorité, Roy (le disciple d’Oliver) se sent toujours coupable de quelque chose, le détective Lance reste cet inébranlable grincheux à la masse, et ainsi de suite.
Quant aux deux antagonistes d’Oliver dans les saisons 2 et 3, à savoir non moins que Deathstroke et Ra’s Al Ghul, autant dire qu’ils parlent beaucoup. Beaucoup trop.

Que de gâchis en somme…

C’est cette interdépendance entre l’écriture des personnages et de l’intrigue qui va alors coûter à Arrow son statut définitif de bonne série de super-héros.
Les deux seuls points constants – et positifs – de la série sont alors les relations qu’a Oliver avec Diggle (David Ramsey) et Felicity (Emily Bett Rickards), les deux personnages qui ont découvert en premier l’identité secrète d’Oliver. Ils permettent de nourrir un peu plus la psychologie d’Oliver, mais surtout de créer des relations assez intéressantes, composées de respect, d’amitié et d’amour selon les cas, et d’admiration.

En conclusion…

Arrow était bien partie. C’est vrai. Elle avait clairement toute la matière et le potentiel pour devenir une bonne série – de super-héros -.

Hélas, les choses ne se sont pas passées comme ça. La chute a été constante, à tel point que le season finale de la saison 3 nous a juste fait mourir de rire, littéralement. Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, ce même final ne clôt pas la série. Une quatrième saison a été annoncée.

On la regardera sans doute, mais sans gaieté de cœur.

 


avatar Maxime le 20/05/2015  -  commentaires

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