Chronique série

Agent Carter

Agent Carter

Sorti en août 2011, Captain America – First Avenger n’a pas plu à tout le monde. Un triste constat que, pour notre part, nous ne comprendrons jamais. Dans la continuité des comics comme des films, Captain America est le premier Vengeur. C’est ainsi que tout en posant les bases de ce grand final que fût The Avengers (2012), le film de Joe Johnston en profitait pour introduire des éléments capitaux à la Phase 2 : Bucky Barnes, Arnim Zola, mais aussi… Peggy Carter.

À l’époque de la Phase 1, il fût pendant un certain temps une petite tradition chez Marvel Studios : celle des one-shots, des courts-métrages entre les longs, destinés à approfondir certains éléments des films ou à les lier entre eux.
C’est ainsi qu’après Captain America – First Avenger, Peggy s’est vue devenir l’héroïne de l’un de ces one-shots, intitulé Agent Carter. Un one-shot très apprécié des fans. On la retrouvait quelques années après les évènements du film, luttant pour se faire une place parmi les hommes du S.S.R. Les bases étaient alors posées.


Après The Avengers et son immense succès, Marvel Studios et la chaîne ABC décidèrent de se lancer dans une autre manière d’explorer l’univers Marvel : la télévision, notamment par le biais de la série Agents Of S.H.I.E.LD. Le succès (relatif) de cette série a conforté la mise en chantier d’une autre. C’est ainsi qu’assez naturellement, le personnage de Peggy Carter fût choisi, afin d’occuper le temps d’absence dû au mid-season de la deuxième saison d’Agents Of S.H.I.E.L.D.

Agent Of S.S.R.

Agent Carter prend donc place quelques années après Captain America – First Avenger, mais avant le one-shot qui lui a permis de devenir une série à part entière.
Après la guerre, en 1946, Peggy, britannique de nationalité, a décidé de rester aux États-Unis afin de servir au sein du S.S.R. En dépit de son intelligence, de ses talents, de sa proximité avec le Général Phillips, Howard Stark, et même Captain America, Peggy est devenue assez clairement, malgré son titre d’agent, une secrétaire, bonne à faire le café et à répondre au téléphone. Une bien triste destinée lorsque l’on connait son engagement dans la guerre et ce qu’elle y a perdu…
C’est alors qu’un évènement des plus surprenants survient : Howard Stark, le millionnaire, playboy, génie, vendeur d’armes (etc.) est accusé d’avoir vendu certaines de ses inventions à des ennemis des États-Unis. En un mot, il est considéré comme un traître.
Ami et collègue pendant la guerre, Peggy n’y croit pas une seule seconde malgré la réputation d’homme moralement ambiguë que traine (et entretient) Howard. Après un briefing au S.S.R., le mot d’ordre est de retrouver Stark ainsi que ses inventions et de l’amener devant la justice afin qu’il réponde de ses actes.
Peu de temps après, Peggy se fait interpeller par un homme à la sortie d’un restaurant. La menaçant de l’obliger à venir avec lui, Peggy prend la fuite après l’avoir envoyé valser d’une droite redoutable, mais se fait rattraper par une voiture conduite par… Howard.
Surprise et intriguée, Peggy monte dans la voiture (conduite cette fois-ci par l’homme qu’elle a envoyé au tapis, qui n’est autre qu’Edwin Jarvis, le majordome d’Howard) et écoute ce que celui-ci a à dire. Howard lui révèle alors qu’il n’a jamais vendu d’armes à d’autres qu’aux États-Unis, mais qu’il a été en revanche cambriolé. Raison pour laquelle certaines de ses inventions se sont retrouvées sur le marché noir.
Inventeur de génie ne pouvant s’empêcher de créer des choses, qu’elles soient dangereuses ou non, Howard disposait d’un coffre-fort où il gardait ses inventions les plus terribles. Et c’est bien évidemment ce coffre qui a été forcé.
Howard, traqué par les autorités, n’a donc pas d’autre choix que de fuir, et demande donc à Peggy récupérer ces armes, et de prouver son innocence. Ce que Peggy va faire, par amitié, avec l’aide de Jarvis.
Une mission off the book qui va l’amener à faire bien des découvertes, et à se faire bien des ennemis.

Comme une épine dans le pied

Depuis Iron Man (2008), la Phase 1, et The Avengers, les super-héros sont devenus un business énorme, engendrant des milliards de dollars au box office. C’est un fait. Ces blockbusters sont des usines à fric, tout le monde le sait. Mais pour le moment (et c’est toujours le cas au cinéma), un équilibre a été trouvé entre l’objectif premier de ces films (faire des petites pépettes) et satisfaire les fans par des films d’une certaine qualité.
Jusqu’ici, tout va bien.
On va donc être tout à fait clair avec vous : les séries Marvel sont pour le moment et dans leur ensemble de deux, assez mauvaises, et sabordent le Cinematic Marvel Universe (l’ensemble des films Marvel, divisé pour l’instant en 3 phases). À notre avis, cette vaste entreprise n’aurait jamais dû être importée à la télévision. Mais qu’y pouvons-nous, les séries télévisées sont dans l’air du temps, un moyen de capter l’audience, de fidéliser. Agents Of S.H.I.E.L.D. est à bien des niveaux une catastrophe (nous y reviendront à la fin de la saison 2), et Agent Carter ne se tient pas spécialement loin.

Il est fort dommage de constater que le ton donné aux films au cinéma n’ait pas influencé celui donné à Agents Of S.H.I.E.L.D. etAgent Carter. Quand on voit le niveau de certaines séries (True Detective, c’est de toi dont on parle), on est en droit de se demander si clairement l’équilibre dont nous vous parlions un peu plus haut n’a pas été sciemment rompu à la télévision. Entre les films et les séries Marvel, il y a un monde qui aurait pu ne pas exister si l’envie avait été là.
En tant que fanboys et geeks, qu’avertis du CMU, nous savions très clairement à quoi nous attendre en regardant Agent Carter. Et force est de constater que rien, en termes de réalisation, ne nous a vraiment surpris. Il est certes agréable de revoir Peggy Carter à l’écran, de retourner vers le one-shot, et même le premier Captain America, mais hélas, son personnage n’est pas spécialement plus approfondi. On la voit lutter avec la perte de Steve Rogers, mais les choses sont effleurées. On la voit lutter contre la gente masculine, ses collègues du S.S.R., mais c’est toujours la même rengaine. BORING.

Edwin… J.A.R.V.I.S… Vision.

Pour autant, tout n’est pas à jeter. L’une des petites surprises (en dehors des quelques révélations nécessaires pour donner à la série un semblant d’intérêt) est la performance de James d’Arcy dans le rôle d’Edwin Jarvis, le majordome d’Howard Stark.
Son personnage est probablement le plus grand atout de la série. Amusant, élégant, peureux, Edwin nous a vraiment fait sourire. Il est dommage que son personnage ne soit probablement pas amené à réapparaître puisqu’il n’y a aucune information concernant une éventuelle saison 2 d’Agent Carter à l’heure actuelle. Quant au reste du casting, il n’y a rien de bien particulier à en dire.
Assez tristement, se focaliser sur le personnage de Peggy l’a rendu moins intéressante. On le regrette vraiment, d’autant que la performance d’Hayley Atwell dans le premier épisode de la saison 2 de Black Mirror nous avait scotché.

En conclusion…

En tant que fans de cette construction qu’est le CMU, nous ne pouvions nous permettre de passer à côté. Certes on découvre des choses, on aperçoit quelques caméos, on établit quelques connexions, on théorise. Mais tout ceci, en comparaison du travail effectué sur les films, est mal mené, nivellé par le bas, et fait d’Agent Carter une série tout à fait dispensable.

Il est évident que cette série n’est pas destiné au grand public, et dire qu’il est obligatoire pour les fans de la voir serait mentir. On a donc regardé Agent Carter car nous sommes des fanboys, mais on ne vous encourage pas spécialement à suivre notre exemple…

 


avatar Maxime le 06/03/2015  -  commentaires

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