Revue série

Vikings

Vikings

La Scandinavie, XIIIème siècle. La série Vikings, commencée en 2013, suit l’épopée de Ragnar Lothbrok, personnage semi-légendaire (comprendre « qui aurait existé mais dont on a de toute façon enjolivé l’histoire », exemple : Robin des bois) des fables nordiques. On suit alors à travers une trentaine d’épisodes son ascension vers les plus hauts sommets (oh le spoil !).

Réveille-toi, fils d’Odin !


Ragnar (interpreté par Tavis Fimmel, qui tiendra l’un des rôles principaux du film Warcraft de 2016), entouré de sa famille, n’est au départ qu’un simple fermier dans un petit village de Scandinavie. Comme ses pairs, il est soumis à l’autorité d’un Jarl, et mène sa vie, faite de batailles et de pêche. Tout change lorsqu’à la fin d’un combat sanglant, il a l’impression de recevoir un signe d’Odin, père des dieux. Il estime alors être son héritier, posséder une grande destinée, et expose l’idée à son peuple d’aller piller l’Ouest, plutôt que l’Est. Cette idée est nouvelle pour les autres, et Ragnar va donc devoir appuyer ses convictions, parfois à grands coups de lames. Au fil des saisons, nous suivrons donc son évolution hiérarchique au sein de son peuple, changeant par la même la face de l’histoire européenne (les invasions vikings, tout ça tout ça). Un beau récit agrémenté de batailles, d’intrigues et de rituels nordiques filmés au ralenti.

Père Castor, raconte-moi une histoire !

Alors, maintenant qu’on a bien compris le plot, dans quelle catégorie classer Vikings ? Et bien la réponse n’est pas si aisée, tant la série joue sur plusieurs tableaux à la fois. En effet, elle affiche un aspect historique assumé, et il convient de recouper le travail de l’œuvre avec ce qu’il s’est vraiment passé. Il n’est toujours pas clair pour les historiens de dire si Ragnar a existé ou non. Il est en effet possible que nombre d’actes importants de l’époque réalisés par plusieurs protagonistes aient été attribués à sa figure seule, ce qui complique la tâche des spécialistes. Ce qui est sûr en revanche, c’est que ceux qui se réclament être ses descendants ont existés, que Ragnar soit vraiment leur père ou non. En cela, la série fait du beau travail car elle conserve les noms et les relations familiales des personnages de manière plutôt abouti, tout comme le contexte géopolitique de l’époque.
Forcément des voix se sont levées pour crier au scandale : habits inexactes, architectures non conformes aux standards d’alors, arrangement de la chronologie, fausses coutumes etc. etc. Mais comme l’avoue le créateur Michael Hirst, l’équipe a été obligé de prendre des libertés dans le cadre de la fiction, pour toucher des millions de personnes et non pas seulement un noyau dur de rats de bibliothèque. De toute les manières, la série permet quand même de se faire une bonne idée de ce que pouvait être le quotidien des vikings, d’autant qu’il n’y a pratiquement pas un poil de fantasy.

Game of Vikings?

Évidemment, toute œuvre qui-à-l’air-de-se-passer-au-Moyen-Age est comparée au monument Game of Thrones, d’autant plus qu’il y a aussi des intrigues politiques dans Vikings. Malheureusement, celles-ci ne tiennent pas la comparaison bien longtemps, car le schéma est globalement le même : A et B s’allient contre C, puis finalement, B se retourne contre A et se joint à C et ainsi de suite. Voilà globalement tout ce qu’il y a retenir de cet aspect.
Les scènes d’action se valent, à saison équivalente : si ma mémoire est bonne, les premières saisons de Game Of Thronesn’étaient pas très tournées batailles. Il en va de même dans Vikings, les scènes de combats rangées s’améliorent ainsi en nombres de protagonistes et en terme de chorégraphie au fil des années. En effet, on passe de vingt personnes en tout dans les premiers épisodes à des centaines sur la fin. Le nombre de décors différents augmente aussi, les concepteurs mettent le paquet sur la fin : grands espaces, châteaux, océans etc. Pour le coup, c’est plaisant pour les yeux !

Des rôles inégaux dans l’adversité

Parlons à présent des hommes et des femmes derrières les personnages. Tavis Fimmel joue un Ragnar convainquant dans tous les aspects de son quotidien, parfois dirigeant, moqueur, désabusé, honorable. Il a su modifier son jeu en fonction de l’évolution de son personnage, l’affirmer en prestance. Fimmel reste néanmoins enfermé ici dans un rôle précis, problème que le filmWarcraft ne va probablement pas arranger vu qu’il va jouer en gros un roi au Moyen-Âge là encore. Ainsi, on ne le voit jamais vraiment être romantique ou verser une larme (après tout, les vikings sont des hommes, des vrais), mais cela reste le fait du scénario. Mais bon, il fait son taff. D’autres noms à signaler : Floki (joué par Gustaf Skarsgård), le personnage le plus atypique du show, une espèce de Joker façon scandinave, et Laguertha (interprétée par Kateryn Winnick, qui est genre la plus belle femme du monde cherchez pas !), épouse de Ragnar et convaincante en femme guerrière, ainsi que Rollo (personnifié par CliveStanden), l’impressionnant guerrier frère de Ragnar. Malheureusement c’est à peu près les seuls personnages qui me viennent à l’esprit, les autres sont reconnaissables car le spectateur sait qui ils sont, mais leur jeu ne les personnifie pas vraiment. À la limite, on pourrait les appeler par des nombres : « ah ça c’est viking n°1 ! », truc du genre. Univers de guerre oblige, le casting secondaire se renouvelle pas mal d’une saison à l’autre.

Conclusion du Vallalah

Vikings est quand même une série à voir. Pas oufissime mais sympathique quand même. Son plus gros défaut reste le fait qu’elle cherche à jouer sur plusieurs thèmes en même temps (donc historique, politique, action…) sans vraiment creuser dans un en particulier. Néanmoins, la série gagne en puissance au fur et à mesure des épisodes, et ça se ressent. La saison 3 s’est achevé en le 23 avril 2015, ce qui porte le nombre d’épisode à trente. La quatrième commence en avril 2016, toujours sur la chaîne History en Amérique du Nord et sur Canal + en France. Ah oui, et il est important de le dire : ce n’est pas une série américaine pour une fois, mais irlando-canadienne, dingue non ?!

Allez, et que les dieux vous gardent !

 


avatar Jeremy le 11/12/2015  -  commentaires

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