Revue série

Better Call Saul

Better Call Saul

Okay. Mettons les choses au clair tout de suite. Pour moi, Breaking Bad est la meilleure série du MONDE (après Scrubs, peut-être, mais de peu). J’ai bien conscience qu’en affirmant ça, je véhicule le même avis que des millions de personnes et de fait, ce n’est pas un avis très original. Mais que voulez-vous, le cœur a ses raisons…

Un sentiment de vide s’est emparé de moi quand cette série acclamée pendant six ans s’est terminée en 2013. La vie valait-elle d’être vécue sans Walter White et sa bande ? Nous n’eurent pas à nous poser la question, car c’était sans compter sur son créateur, Vince Gilligan, qui après avoir mit un point final à Breaking Bad, n’a pas voulu laisser tomber son univers. Ainsi débuta son spin-offBetter Call Saul, en 2015.


In legal trouble?

Better Call Saul suit les péripéties de son personnage principal, Saul Goodman – connu alors par son vrai patronyme Jimmy McGill – six ans avant le début de Breaking Bad. Ce dernier n’est pas encore l’avocat véreux que nous connaissons, mais simplement un homme de loi dont la carrière ne va pas fort. L’intérêt du show est donc, vous l’aurez compris, de voir pourquoi son honnêteté finit par vaciller, et pourquoi s’opère un lent passage vers le côté obscur de la loi. La série développe aussi en sous-intrigue le personnage de Mike Ehrmantraut, ce tueur à gages taciturne à l’extrême (qui contrairement au commun des mortels que nous sommes, ne panique jamais). La relation des deux protagonistes évoluant à l’écran, nous avons de plus en plus d’informations sur le passé de Mike, qui prendra de l’importance au fur et à mesure que la saison avance. Comme à l’époque deBreaking Bad, les différences de ton sont respectées, et l’histoire de Jimmy se révèle évidemment plus légère que celle de Mike, chacun bien à l’aise dans son genre respectif.

Après l’effort, le réconfort !

Nous ne pouvons évidemment pas résister à comparer le spin-off à l’original. BCS est aussi un drama, à la réalisation très similaire, mais possède un ton bien plus humoristique. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : ce n’est pas une série comique, mais Saul Goodman est un personnage bien plus extravagant que Walter White. Le ton est donc en conséquence plus léger. Cela peut s’expliquer aussi par la différence de thème abordé : là où Breaking Bad était centré sur le trafic de drogue, les histoires de familles compliquées, le double-jeu ou le meurtre, BCS se concentre sur des histoires plus bureaucratiques : les frictions entre les protagonistes relèvent plus du niveau de dispute au travail plutôt que de guerre des gangs. De plus, les opérations de grand banditisme rocambolesques ont laissé la place aux petites arnaques de truands. Comme dit précédemment, seul le parcours de Mike rajoute du noir au show. Nous étions prévenus de toute façon par les informations que nous avions eu à travers les annonces, dans lesquelles nous avions eu alors un très juste aperçu de ce spin-off.

Say My Name.

Au niveau du casting, bien évidemment Bob Odenkirk (McGill) et Jonathan Banks (Mike) reprennent leurs rôles, dans la continuité parfaite de ce qu’ils faisaient dans Breaking Bad.  Cela permet même à Odenkirk d’approfondir son personnage, notamment sur ses doutes, son passé, ses angoisses, et en cela, il dépasse même ce rôle taillé sur mesure pour lui. Nous pouvons cependant déplorer qu’aucun autre membre du casting originel n’apparaisse (ou peut-être que si ?). Le frère de McGill, Chuck (interprétéMichael McKean), est important au niveau de l’histoire, et de l’évolution de Jimmy. A mon sens, il est plutôt agaçant mais il présente un caractère atypique et farfelu comme on les aime ! Les autres personnages, totalement inédits, sont en revanche à mon sens plutôt insipides. Cela tient plus des rôles qu’ils doivent jouer plutôt que de la qualité de leur jeu. McGill dispose de la scène pratiquement pour lui tout seul. Nous espérons bien sûr que cela sera moins marqué à l’avenir. Le seul autre personnage qui sort du lot (en plus de Mike entendons nous bien) est son pote Marco (interprété par Mel Rodriguez qui joue dans Todd dans The Last Man On Earth, série dont on vous parlait ici), avec lequel Jimmy forme un tandem bien huilé. Cependant, nous ne pouvons que regretter qu’il n’apparaisse que trop peu dans la série.

I think I’ve got what I deserve

En conclusion, BCS est le légitime héritier de Breaking Bad, disposant d’une qualité d’écriture équivalente, bien que dans un autre registre. Le show est moins sombre et se regarde avec bien plus de légèreté ! Il doit ainsi être regardé dans cette optique : il est important donc de ne pas comparer l’original et le spin-off. Petite mention au générique, qui d’une part rappelle une ambiance bien eighties & cheap (ça m’a clairement fait penser à GTA : Vice City d’ailleurs), et d’autre part qui a la particularité de changer à chaque épisode. On adore ce genre de petits détails ! La saison deux, de dix épisodes là encore, commencera le 15 février 2016, toujours sur AMC, et contiendra parait-il bien plus de caméos.

It’s all good, man!

 


avatar Jeremy le 27/11/2015  -  commentaires

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