Revue série

Legends

Legends

De nos jours, il paraît un peu vain de présenter Sean Bean. Avant de jouer les nobles qui finissent morts (le décapité Nedd Stark dans la série Game Of Thrones ou encore le transpercé Boromir dans La Communauté de l’Anneau), Sean Bean était souvent cité au générique de films au titre de l’anonyme ou du méchant qui va y passer. Janus dans le culte 007 GoldenEye, Partridge dans le très bon Equilibrium, ou encore Merrick dans le sympathique The Island.
À croire que la mort et lui ont un passif qu’elle n’a pas su lui pardonner…

Alors forcément, quand Sean Bean n’atterrit pas à la morgue à la fin d’une série ou d’un film, le monde tremble ! C’est ce qui s’est passé, très discrètement pourtant, avec Legends, dernière création d’Howard Gordon, l’homme derrière l’excellente Homeland, dont la première saison s’est achevée le 9 octobre 2014.


L’histoire

Martin Odum est un agent du FBI spécialisé dans la manipulation et l’utilisation de légendes, des fausses identités créées de fond en comble afin de faciliter l’intégration dans les milieux criminels.
Martin est un expert dans son domaine, le meilleur même, et a priori le seul dans son genre. Il a été entraîné, toute sa vie durant, à parfaire sa maîtrise de ses multiples identités. Tout est bien dans le meilleur des mondes possibles.
Suite à une mission qui va se dérouler sans accroc particulier, Martin va commencer à se sentir épié. Agent surentrainé, Martin va rapidement prendre le contrôle de la situation et confronter l’homme qui le suit. Cet homme, sous l’apparence d’un sans domicile, va se comporter d’une manière très étrange, lui clamant que Martin Odum n’est rien de plus qu’une légende, puis va parvenir à s’extraire de la confrontation, de peur d’être pris par on ne sait qui. Dès lors, Martin va commencer à se souvenir de manière incontrôlée de choses qu’il ignorait jusqu’à présent, à ne plus répondre à son prénom mais à celui de l’une de ses légendes, et donc très logiquement se poser une multitude de questions suite à cette rencontre troublante.
Après être parvenu à retrouver cet homme mystérieux et à échanger quelques mots confus et désordonnés, celui-ci va être réduit au silence, au milieu d’une station de métro, par une instance inconnue et sous le nez de Martin.
Dès lors, le doute s’instigue en Martin, qui tout en poursuivant ses missions quotidiennes avec le FBI, va chercher à élucider cette épée de Damoclès qui pèse sur lui.

La mèche est vendue

Il est très surprenant de tomber sur une série qui, dès son pilot, vend la mèche. Martin Odum est-il vraiment celui qu’il pense être ? Et bien… Non, le premier épisode l’annonce dans un filigrane tellement gros qu’il pourrait cacher un éléphant. Voire deux. Le doute est si fortement instigué qu’il en devient ridicule et donc plus vraiment permis.

On pourrait donc penser qu’en ce sens la série est finie, et ne vaut pas vraiment le coup d’être vue. Qu’en ce même sens, lepilot la tue dans l’œuf. Et bien non, pas vraiment, pas du tout même.
Pour autant, on ne peut s’empêcher de regretter de la part des scénaristes ne pas voir attendu plus longtemps avant cette révélation, de ne pas avoir distillé au compte-goutte des indices, des marqueurs de la situation dans laquelle se trouve Martin.
Le secret est tout simplement éventé et sert de base à la narration pour conter les péripéties de son personnage principal.

Sans être addictive comme les débuts de Game Of Thrones où l’on suivait « Nedd Bean » brandir des serments d’allégeance à tous va, la première saison de Legends parvient néanmoins à tenir la distance, notamment (et surtout) grâce à une narration intelligente sur laquelle nous allons revenir très vite.

Nous disions donc…

Une narration intelligente ! C’est là vraiment l’intérêt de cette première saison !

Legends est une série quelque part entre deux genres : le thriller d’un côté, pour toute la dimension oppressante de la machination dans laquelle se retrouve Martin Odum, et policière, puisque nous suivons avant tout un agent (et une unité) du FBI dans ses péripéties.
En ce sens, elle se rapproche énormément dans sa structure narrative d’une série comme Fringe et par extension X-Files. Il y a un fil conducteur, une toile de fond, et chaque épisode traite d’une affaire différent, tout en dévoilant la toile de manière très soignée (on parle plus précisément de procédural).
Mais la différente fondamentale entre Legends et les deux séries citées précédemment, c’est son traitement du procédural. Là oùFringe ou toute autre série de la même famille traite une affaire en un épisode, Legends le fait en deux voire trois épisodes. Par conséquent, sur une saison de 10 épisodes, le résultat devient intriguant et même intéressant. Recherché.
La réalisation et le scénario ont donc beaucoup plus de temps et d’espace pour s’exprimer, et susciter un sentiment de vraisemblance.

En conclusion…

Legends n’en reste pas moins une série moyenne, un divertissement plus ou moins agréable à regarder.

On n’avait pas forcément prévu d’aller au-delà du pilot. Par conséquent, on ne vous dira certainement pas que Legends est une série à voir impérativement. On ne vous sommera pas de la regarder par tous les moyens possibles.
Sean Bean fait un travail plus que correct (le voir en action dans chacune de ses légendes est tout de même très amusant), le reste du casting n’est ni bon ni mauvais et les affaires traitées sont intéressantes sans être incroyables (on notera tout de même un cliffhanger sur l’épisode 9 qui nous a vraiment surpris, même si certains l’auront probablement vu venir depuis un moment (bande de blasés)).
Pour autant, cette manière d’approcher la narration nous a vraiment plu et nous paraît vraiment pertinente.

Avis plutôt aux sérivores donc !

 


avatar Maxime le 18/11/2015  -  commentaires

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