Revue série

Extant

Extant

Depuis son premier succès critique et public, (Duel, 1971), la carrière de Steven Spielberg n’a cessé de prendre une ampleur folle dans le monde du cinéma. En 40 ans de carrière, il est devenu l’heureux papa de nombreuses licences, sagas à succès, et autres films cultes : Minority ReportIndiana JonesJurassic ParkRencontres du 3ième typeLes Dents de la Mer, pour ne citer que ces quelques films (bon d’accord, il y a aussi E.T. l’extra-terrestre)…

Mais depuis quelques années, c’est notamment au rôle de producteur qu’il s’est essayé, s’impliquant dans de nombreux projets tels que Transformers 3 et 4Super 8Falling SkiesMen In Black IIIUnder The Dome, etc. (si vous cherchiez un visage à mettre sur Big Brother, vous l’avez trouvé).
À cette liste non exhaustive vient s’ajouter Extant, créée par Mickey Fisher, illustre inconnu jusqu’à présent, dont la première saison s’est terminée à la mi-septembre dernier.


Un scénario plutôt convaincant…

Extant prend place dans un futur plus ou moins lointain. Le progrès technologique a permis la mise en œuvre par l’I.S.E.A. (pour International Space-Exploration Agency) de missions spatiales avancées dont Molly Wards est une de meilleures astronautes.
Partie pendant 13 mois, seule dans l’espace, Molly a pour mission officielle de réaliser une série d’expériences en tous genres pour le compte de l’agence. Il n’en est en vérité rien…

Peu de temps avant son retour sur Terre, Molly va vivre une expérience défiant l’entendement : à bord de sa station, elle va en effet revoir Marcus, son ancien compagnon, décédé plusieurs années auparavant. Mais si l’expérience a cela de traumatisant, il ne s’agit dans les faits que du début.
Molly retourne ainsi auprès de sa famille, John, son mari et pionnier dans le domaine de l’intelligence artificielle, et Ethan, son « fils ». Ethan n’est pas un enfant normal, mais un prototype conçu par John dans le cadre son programme « Humanichs », visant à offrir à des couples ne pouvant pas avoir d’enfants un substitut proche d’un véritable être humain.
Mais en plus d’avoir littéralement revu et touché un mort (-vivant) et d’avoir un androïde pour enfant, Molly va devoir faire face à une découverte fracassante : les tests sont formels, Molly est enceinte, une chose pourtant impossible étant stérile (d’où Ethan, CQFD).
Molly Woods, où l’astronaute avec le plus grand nombre de casseroles au cul (Sandra Bullock (Gravity) n’a qu’à aller se rhabiller).

… mais une réalisation d’une pauvreté inédite.

Extant était une série prometteuse, et ce sur de nombreux points : un scénario intriguant, une identité visuelle accrocheuse, des thèmes intéressants (l’extinction, la vie extra-terrestre, l’intelligence artificielle, etc.), un casting de bonne volée (Hale Berry (la saga X-Men), Hiroyuki Sanada (Helix), Michael O’Neill (Rectify), Camryn Manheim (Person of Interest) pour ne citer que quelques-uns), des effets spéciaux convaincants, etc.

Sur le papier, tout ceci tenait la route (en dépit de quelques nœuds à démêler) et se voulait même assez intéressant. Le résultat est loin de la promesse. Et quand on dit loin, ce n’est pas pour rire !
Jamais on ne se sera fait autant CHIER devant une série de science-fiction. JAMAIS.

Le pilot avait donné le ton : le rythme est lent, les évènements avancent doucement. Néanmoins, il ne s’agissait pas d’une raison pour abandonner. Ainsi, regarder au minimum 5 épisodes de cette série de science-fiction (rappelons-le) nous semblait être un bon compromis. Il s’agit a posteriori d’une des pires décisions que nous ayons prise.

Nous avons été en effet idiots de ne pas prendre au mot la voix off du générique ([…]This is a story about Earth, a story about family, a story about surviving.).
Car si cette série est effectivement, dans ses fondements, une série de science-fiction, elle fait ici plus figure de toile de fond que de cadre d’action constant.
Ici, le centre de l’intrigue, le nœud de l’action, c’est la famille. Et la famille, grands dieux, il y a tellement de choses à en dire…

Sans pondre une thèse sociologique traitant intitulée « De la famille dans Extant », on peut dire qu’ici, la famille, c’est pire qu’un roman à l’eau de rose !
C’est niais, mielleux, débordant d’un pathos surjoué, d’une lourdeur et d’une longueur jamais vues auparavant. Chaque minute d’intrigue de science-fiction est payée par 15 minutes de scènes inintéressantes où Molly explique à Ethan qu’être en famille, ça mérite définitivement un pouce sur Facebook. Sur un épisode d’une heure, on arrive à 4 minutes de S.F. Hurra!
On vous laisse imaginer les déclarations amoureuses entre Molly et John… Immonde.

Spielberg serait-il en train d’arrêter de nous faire rêver ?

Extant met ainsi une saison à dévoiler moins d’une heure d’éléments de science-fiction, un record ! Lorsque l’on vous disait que le rythme était clairement lent, il devient assez évident que la série implique une nouvelle définition du mot.
Pour autant, on n’ira pas jusqu’à dire que tout est à jeter… Attendez, si, tout est à jeter.

De par ce choix de mettre en avant les questions autour de la famille, le scénario tourne littéralement au ridicule. Chaque nouvel élément introduit afin de nourrir l’intrigue devient risible, les différentes performances du casting deviennent au fur et à mesure insoutenables et la réalisation finit au statut d’anecdote.

Extant atterrit donc au panthéon des plus grandes catastrophes de la science-fiction. Un bien triste constat lorsque l’on constate les moyens mis en œuvre, mais qui n’est finalement pas si étonnant. À force de produire à droite à gauche, Steven Spielberg a peut-être oublié qu’il était, lui-même, l’un des membres les plus éminents de ce genre qu’il a aidé à légitimer aux yeux du grand public.

Si les plus grands tombent, où allons-nous ?

En conclusion…

NE REGARDEZ PAS CETTE SÉRIE !

 


avatar Maxime le 02/07/2015  -  commentaires

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