Chronique musique

Carpenter Brut – Trilogy

Carpenter Brut – Trilogy

Si on l’avait découvert en 2012, qu’on l’avait suivi depuis, et qu’on découvrait « Trilogy » maintenant, on fumerait Carpenter Bruten criant au foutage de gueule (ce que l’on a fait à l’époque de la sortie du premier album de Kavinsky, « OutRun »).
De toute évidence, ça n’est pas le cas puisque l’on est tombé sur le travail du jeune français il y a moins d’un an – 6 mois à tout casser -, un peu après avoir découvert Perturbator (aka James Kent aka L’enfant de la forêt). Tout est bien.
Entre 2012 et 2015, le producteur NON PARISIEN (c’est TRÈS important à souligner) a sorti 3 courts-formats (respectivement intitulés « I », « II », et « III »), que « Trilogy » est venu compiler en un seul item peu de temps après la sortie du dernier EP.

Si l’on devait définir la production de Carpenter Brut par une expression, c’est clairement « violence (cinémato)graphique » façonJohn Carpenter – logique – qui émergerait. Une sorte d’hallucination (post-)apocalyptique causée par un démon intérieur. Truc du genre.
Ça commence avec l’introduction, Escape From Midwich Valleytrack inquiétante mais lent, sorte de rêve éveillé étrange qu’on pourrait tout de même tenter d’ignorer, de s’échapper en aspirant à un sommeil profond. On se surprendrait même à s’endormir, clairement. Et puis aux ¾ du morceau, on se fait réveiller par une détonation hallucinante, nous tirant violemment de notre tentative insipide de se préserver. Le ton est donné, nous poussant à l’angoisse et à l’insomnie, au qui-vive permanent.
Pendant l’heure et demie de l’album, on se fait rouer par des coups toujours plus violents (Wake Up The PresidentLe Perv,Hang’Em AllTurbor Killer) en jubilant secrètement de l’adrénaline que cela procure. De vivre un truc viscéralement fort.
De temps à autres, Carpenter Brut nous accorde une contemplation noire et sublime (OrbituaryAnarchy Road, Paradise Warfare,la première partie de Invasion A.D.), comme dans ces moments imaginaires de la fin du monde où l’on pourrait enfin se reposer un moment.
Mais vous le savez très bien, ces moments sont rares, et ne présagent rien de bon.


« Trilogy » est le genre d’album auquel il faut être préparé, dans lequel on se doit de s’engager entièrement, et duquel, une fois que l’on s’est approché, on ne peut plus repartir. Vous êtes prévenus.

 


avatar Maxime le 28/07/2015  -  commentaires

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