Chronique musique

PNL - Que la famille

PNL - Que la famille

Ici, on se fiche un peu que PNL soit ou pas l’avenir du rap français. Ce qui est sûr, c’est qu’on bloque sévèrement dessus. Et on se demande comment on a fait pour passer à côté jusqu’ici !
Oui, parce que l’album est quand même sorti en mars, mais mieux vaut tard…

Bref, le premier truc notable chez PNL, ce sont leurs prods. On ne sait pas où ils vont les chercher, mais elles sont vraiment excellentes. Avec leurs accents de future trap, elles sont aussi mémorables que les punchlines, c’est dire ! Et puis il y a l’autotune, il faut en parler, car jusqu’à eux, je crois qu’aucun français n’avait compris comment s’en servir. Là les types n’hésitent pas à chanter, même de façon ultra-chelou. Ils y vont à fond et ça leur réussit : on retient les refrains, c’est d’ailleurs LE premier truc qui fait qu’on se repasse l’album. Parce qu’après l’avoir écouté d’une oreille distraite, on se lève le lendemain avecLa petite voix dans la tête. Alors on replay. L’ensemble sonne carrément US, et la vérité, c’est la première fois qu’on entend des français sonner VRAIMENT comme ça.
Donc rien que pour ça, les mecs s’il faut on leur embrasse les pieds. ON EST SÉRIEUX.


Bon, passons, il faut qu’on parle des paroles. À première vue, ça verse du côté B2OKaaris et cie. avec des sujets type vente de drogue et biff. Du classique. Cependant, on a l’impression que c’est fait avec une certaine ironie, comme une critique déguisée. Que les nombreuses références faites à leurs prédécesseurs – genre “Ton rappeur préféré parles du Zoo dans ses somores” dans De la fenêtre au ter-ter – servent plus à mettre en lumière leurs absurdités qu’à leur rendre hommage.
Et puis il y a toujours une phrase qui tombe, qui tranche avec le reste et qui semble faire le triste constat des caractéristiques de notre époque, et plus précisément du game.
Des exemples ? “J’ai pas d’Audi TT, j’pars pas, pas l’choix, j’bibi c’t’été“ (Gala Gala) ça sonne quand même ultra ironique dans l’idée ! Et puis y’a aussi “Pas besoin qu’on m’aime en fait, j’ai juste besoin qu’tu quittes ma tête” (Simba) qui paraît bien se foutre de la gueule du cliché du gros dur qui a pas besoin d’amour. Et des comme ça il y en a des tonnes.

On ne saura probablement jamais la vérité là-dessus – à part si les mecs de PNL viennent nous la donner eux-mêmes -, mais nous on aime bien penser qu’un si bon album de rap soit fait pour se foutre de la gueule du rap, justement.

 


avatar Alice le 21/07/2015  -  commentaires

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