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Le dossier Star Wars partie 3

Le dossier Star Wars partie 3

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Dans le meilleur des mondes, les journalistes et autres rédacteurs se devraient d’être impartiaux. Mais ici, nous allons carrément trainer cette règle dans la boue et l'écarteler sur la place publique : la saga Star Wars, gravons le dans le marbre tel des paroles de foi, c’est beau, c’est grand, c’est épique !

Si vous n’avez pas vécu dans un abri anti-atomique ces trois dernières années, vous savez sans doute comme tout le monde que l’Épisode VII est sorti en décembre dernier. Et, comme tout un chacun, nous avons notre mot à dire dessus. Pour bien saisir l’importance de notre analyse, soyons sympas, rembobinons !

 

Star Wars, toi-même tu sais

 

Aucune saga cinématographique n’aura fait autant couler d’encre ni mener autant au débat que celle-ci. Pourquoi ?

Déjà, grâce à sa longévité exceptionnelle (pour donner une idée, quand la saga a commencé, on était en plein dans le disco), mais aussi grâce à ce qu’elle a apporté au genre science fiction et au cinéma en général. Il y a en effet de tout dans Star Wars : du soap opera passionné, de l’aventure et de l’exploration, un univers entier rempli de toutes sortes de races extraterrestres que l’on découvre avec émerveillement et amusement au fur et à mesure, des combats au sabre laser plus ou moins intenses, des vaisseaux spatiaux qui explosent, du suspens, de la tragédie… Bref, comme l’est le chocolat, Star Wars, c’est que du bon, les calories en moins ! Tout ceci est sorti en 1977 de l’esprit de George Lucas, qui s’est inspiré de diverses mythologies pour créer son œuvre. L’ami Lucas, bien que réalisateur pas top (les deux opus unanimement considérés comme étant les meilleurs de la saga sont les seuls qu’il n’a pas réalisé) n’en reste pas moins un créateur hors pair. D’un schéma d’aventure classique – le héros qui sauve la princesse –, il a su inventer un récit à la fois transgénérationnel et populaire. La trilogie originale fut acclamée à l’époque et fait encore foi aujourd’hui. Et comme il est dit dans How I Met Your Mother, les seuls qui n’ont pas vu Star Wars sont ceux qui ont joué dans Star Wars ! Merci Marshall ! Personnellement, je suis choqué quand quelqu’un me dit qu’il ne l’a pas vu parce qu’il « ne s’intéresse pas à la science fiction ». C’est tellement plus que ça frère !

Après ceci vint la prélogie (les Épisodes I, II et III) au tournant des années 2000. À l’époque, La Menace Fantôme a relancé l’industrie autour de la saga et a introduit Star Wars au cœur d’une nouvelle génération, dont la mienne. Ce serait mentir que de dire qu’il n’y a pas plusieurs bonnes idées : un approfondissement du background politique (parfois trop pour une seule trilogie), ou encore de l’Ordre Jedi pour ne citer que celles-ci, mais aussi, et surtout de (très) mauvaises. À mon sens, elle est bonne à 45%, c'est-à-dire à l’équivalent de Dark Maul et de l’Épisode III, qui pour moi tient la route.

 

Disney, nouveau maître du monde

 

Et l’histoire cinématographique aurait du s’arrêter là, se pérennisant dans les livres, les jeux vidéos, les séries animées ou encore les jeux vidéos, qui composent ce que nous appelions jusqu’alors l’Univers Étendu. Mais il y eu une perturbation dans la Force : Disney et Lucas se réveillèrent un matin en se disant que l’argent facile qui coulait à flot, c’était cool. Lucas vendit donc sa compagnie (LucasArts) à Disney pour la ridicule somme de 4 milliards de dollars. La compagnie de la souris a donc dans son chapeau magique les sagas Star Wars et Indiana Jones (ils parlent d’en faire un cinquième d’ailleurs) mais aussi Pixar et la plupart des héros Marvel (pourquoi ? parce que bientôt Mickey et sa bande rentreront dans le domaine public). En gros, Disney a la main mise sur l’ensemble des films grand public/gros budget de ces 10 dernières années. D’ailleurs, ils ont posé le ton : l’Univers Étendu est jeté à la poubelle, Lucas sera vaguement écouté (voire pas du tout) en tant que « consultant », tout ça tout ça. Bref, c’est la révolte !

Ce qui nous amène directement à l’Épisode VII: The Force Awakens (ou Le Réveil de la Force en français), réalisé par J.J. Abrams, un bon choix a priori puisqu’il a plutôt bien réussi à réintroduire la saga Star Trek auprès de toute une ribambelle de geeks qui se refusait à découvrir cet univers. Et puis aux autres, le grand public quoi.

Allons-y sans détours : The Force Awakens, c’est un bon film de science fiction oui, mais c’est un Star Wars pop corn made in Disney. Difficile en effet de rentrer vraiment dans les enjeux, puisque rien n’est expliqué sur le contexte du film : pourquoi le Premier Ordre, les nouveaux antagonistes à nos héros ? Pourquoi la Résistance, sensée avoir gagnée la Guerre Civile Galactique ? Snoke, une figure du côté obscur, très bien, mais encore ? Le Sénat qui se tourne les pouces devant la menace grandissante du Premier Ordre. Okay, pourquoi au juste ? Bref, c’est le flou complet. Ça passait pour A New Hope à l’époque, où peu de choses étaient expliquées sur le pourquoi de l’Empire etc. car le film avait été prévu comme une seule histoire, au cas où, mais de nos jours ? Moins. Voire pas du tout.

 

So you want a new Star Wars movie, like in the old days ? Say no more.

 

Le défaut majeur de ce film reste que le scénario est bien pompé sur celui du premier Épisode (A New Hope donc, de 1977). J.J. Abrams est-il paresseux ? N’est-il qu’un vulgaire pantin à la botte d’une souris aux grandes oreilles et aux dents longues ? A-t-il eu peur d’innover ? Disney l’a-t-il muselé ? Ce Star Wars se devait de plaire au plus grand nombre, les anciens comme les nouveaux qui découvrent, et quoi de mieux pour faire oublier la prélogie que de faire un retour aux sources ? Cependant, celui-ci est à peine caché, tant le scénario est le même : un droïde porteur de plans importants se retrouve à cause de la Rébellion nouvellement Résistance sur la planète désertique de Jakku/Tatooïne. Ce nouveau R2-D2 est trouvé par une jeune nomade sans famille, qui cherche à échapper au Premier Ordre (qu’on appelait autrefois l’Empire), dirigé par un personnage arborant un casque noir et à la voix grave. Ils embarquent dans le Faucon Millenium qui, a priori, se trouvait là par hasard. Et puis il y a Han Solo, qui prend une place de premier plan dans le film, trop peut-être. Nous avons aussi une cantina, une planète qui pourrait tout aussi bien être Hoth, Leia, une Étoile de la Mort encore plus grosse à détruire (mais ils sont forts chez Disney, car ce n’est pas une station orbitale, mais une planète, donc par définition, pas tout à fait la même chose !), une chute dans le vide… Cependant, je me suis pris au jeu, et une fois le parti pris d’Abrams accepté (et/ou Disney, cela reste à déterminer), le film se regarde bien.

Car oui tout n’est pas à jeter : l’histoire de base en elle-même, à savoir la recherche de Luke Skywalker, le dernier des Jedi, est porteuse d’un bon sentiment de départ ; l’identité de Kylo Ren est intéressante - le concept, ses motivations, l’appel de la lumière qui le tiraille - même si je peux comprendre qu’il puisse décevoir (en tout cas les enfants semblent l’apprécier, peut-être était ce le but ?) ; le personnage de Finn également, qui apporte un point de vue qui manquait - les coulisses du Premier Ordre/Empire -. Les effets sont saisissants, on sent qu’il y a moins d’abus au niveau de l’utilisation des fonds verts par rapport à la prélogie, et que beaucoup de choses sont filmées dans de vrais décors (les fameux pratical effects), qui sont grandioses.

 

La touche merveilleuse de Disney

 

Ce film est pourtant loin d’être le pire des Star Wars. Il manque juste ce petit plus qui nous aurait fait frissonner, nous aurait extasié à en hurler. Il est difficile d’être totalement impartial, car un Star Wars est jugé durement, et il est sans doute compliqué de s’atteler à une telle tâche sans dénaturer l’œuvre. À l’inverse, on est tellement content de retrouver la saga que l’on fait preuve d’une certaine indulgence, parce qu’un nouvel opus reste un événement et qu’on ne peut pas complètement détester un Épisode, quoiqu’on en dise (sauf peut-être L’Attaque des Clones, qui craint sérieusement). En plus, ces petits filous ont joué à fond la carte de la nostalgie : les anciens personnages de retour, de nombreuses références aux anciens Épisodes (le masque de Vador, le sabre de Luke, les références à l’Empire, la bande originale), et qu’il faut un mental de moine pour y résister. Et oui, car tout ça fait FORCEMENT plaisir à revoir, ça réveille des souvenirs agréables, d’une époque plus simple, en tout un chacun. Notamment les plus âgés d’entre nous qui ont grandi en ne jurant que par Bobba Fett et qui ont fantasmé des années sur une Leïa en bikini.

En parlant de ça, vous vous rappelez ces trois pièces de métal qui couvraient le corps de Carrie Fisher ? Et ben je l’espère pour vous, parce que vous n’êtes pas prêt de les revoir en magasin, Disney a décidé de protéger nos chères têtes blondes du la vue du corps féminin, et de supprimez tout ce qui s’y rapportent (pas de Daisy Ridley à poil donc, désolé les gars). Parce que ouais mes sœurs, vous n’êtes pas que des corps ! Disney semble oublier cependant que Leia se sert de ses chaines pour exécuter son tourmenteur, elle n’est pas juste une esclave !

 

La haine mène au côté obscur de la Force

 

Avec tout ceci bien en tête, je dois avouer que j’ai bien aimé ce film, j’ai apprécié le regarder, et je trouve qu’il s’imbrique bien dans l’ensemble de la saga. Cependant, à mon avis, le film aurait pu être encore plus grandiose, nous emmener bien plus loin, car Star Wars possède un potentiel immense (voire illimité ! POWEEEEEEEEEEEER!), et il est un peu dommage que cet opus s’inspire parfois lourdement du quatrième. C’est surtout ce potentiel un peu gâché qui lui donne ses mauvais points, plus que la présence d’éventuelles erreurs à l’écran. On juge le film par ce qu’il aurait pu être, et peut-être n’est-ce pas très avisé. Enfin, le film s’est voulu comme étant un consensus entre toutes les générations, mais un poil plus en faveur de la nouvelle. Et oui, les enfants représentent un immense marché à inonder de goodies en tous genres, et ce pour plusieurs années, tandis que ma foi, les puristes sont déjà bien âgés. Cependant, il faut aussi penser cet opus comme le premier d’une trilogie, peut-être même comme un test, à la fois scénaristique mais aussi de popularité. Les studios Disney ont en effet deux autres chances de produire un chef d’œuvre et ils seraient bien bêtes de ne pas pousser la machine dans ses derniers retranchements !

Rendez-vous en 2018 et en 2020 pour les suites directes de la saga, et en décembre prochain pour Rogue One, premier spin-off de la saga !

 

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avatar Jeremy le 31/01/2016  -  commentaires

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