Chronique film

Demain

Demain

Peut-être que vous l’avez remarqué vous aussi, mais il suffit de consulter un tant soit peu les médias pour se rendre compte que ceux-ci semblent s’être consacrés exclusivement à la diffusion des mauvaises nouvelles. Jamais ne voyons-nous d’articles ou de reportages relatant des faits propices à mettre du baume à nos petits cœurs fragiles. Il en va de même pour le 7ème art, qui porte son lot constant d’œuvres où la fin du monde est l’enjeu du scénario : catastrophe climatique, attaque de robots ou de zombies etc. Au vu de l’état de notre monde, il est de plus en plus légitime de se dire que cette fois, c’est la bonne : la fin est proche. Ceci fut clamé à maintes reprises dans l’Histoire, mais toujours à l’échelle d’une société, et jamais cela n’engageait l’ensemble de la vie sur Terre (mis-à-part ces histoires farfelues de calendrier maya ou de bug de l’an 2000). Demain répond à une étude qui explique qu’une partie de l’humanité sera morte d’ici 2100. Ça fait froid dans le dos, hein ?

Terrorismes, pollution, guerres, extinctions massives d’espèces etc. bref, vous voyez le genre. Mais nous ne sommes pas là pour faire une étude sociopolitique de ce genre de problématique, d’autres le font déjà très bien. À l’image du film, notre article va faire lui aussi un pied de nez à toutes ces idées noires, et vous redonner le sourire !


 

Souriez, la vie est belle !

 

Je ne vais pas revenir en détails sur la genèse du film, comment l’actrice Mélanie Laurent et l’activiste Cyril Dion du Mouvement Colibris (fondé par Pierre Rabhi, qui milite pour une société plus humaine et écologique) ont été amenés à le créer, celle-ci est expliqué dans l’œuvre. Par contre, il est important de noter que le projet a récolté 450 000€ en financement participatif sur KissKissBankBank, ce qui représente, roulement de tambour, un record mondial pour une levée de fonds pour un documentaire, ce qui prouve bien qu’un nombre important de personnes se sentent concernées par notre futur (même si le documentaire a fait dix fois moins d’entrées qu’Aladdin avec Kev Adam’s...). Demain a pour but de proposer des solutions, des bonnes idées, pour montrer au spectateur que tout n’est pas perdu, que changer les choses est possible, et même assez simplement, pour peu que l’on s’en donne la peine. Il ne sera pas question dans cet article de politique, car la laïcité c’est bien, toi-même tu sais, mais il faut avouer que cette bouffée d’air frais fait du bien dans un climat actuel plus que jamais anxiogène !

Le film se divise en cinq parties, énoncées par la voix sensuelle de Mélanie Laurent donc, pour créer une œuvre qui explore plusieurs pans de notre société, en insistant sur leurs interconnexions. Ainsi, un sujet en amenant une autre, ceux-ci sont : l’alimentation, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation. Nous n’allons pas parler ici du fond, les auteurs le font - encore une fois - très bien, au risque de prendre position, ce qui n’est pas le lieu ici (et vraiment, certaines idées sont plutôt bien vues). Le mieux pour juger les idées véhiculées par le documentaire est donc d’aller le voir.

 

Si Détroit a réussi à changer, toi aussi tu le peux.

 

Pour illustrer leur propos, les créateurs nous emmènent en « road trip des bonnes idées ». À leurs côtés, nous ferons donc des escales en Europe, aux États-Unis ainsi qu’en Inde. Des personnes, qui ont choisis de vivre différemment, mieux, sont alors interrogées pour expliquer leur histoire et leur concept novateur de vie. Ainsi, cette petite ville d’Angleterre imprime sa propre monnaie, ces cultivateurs normands ont réussi à faire fonctionner le concept de permaculture du feu de Dieu, ces professeurs finlandais cherchent à dialoguer autrement avec leurs élèves, etc. Le but ici n’est pas d’imposer de point de vue mais de montrer que des solutions existent à nos échelles si l’on en a la volonté. En revanche, une interrogation importante est à soulever : si les changements au niveau du recyclage sont réalisables pour peu que les moyens et la volonté soient là, les exemples de réussites parfaites montrés dans le film sont à nuancer. En effet, je suis le premier à dire que notre système démocratique n’est plus adapté, mais les exemples du film sont des succès réalisés à petites échelles. Et encore, il est bien souligné que même en Islande, la route est encore longue avant le paradis politique, et donc qu’elle sera bien plus longue partout ailleurs. Rappelez-vous, cette petite île du Nord de l’Europe aux 330 000 habitants a viré ses parlementaires à la sortie de la crise de 2008, car ceux-ci n’en avaient rien à faire du peuple, et préféraient s’occuper des banques. Bref, c’est donc typiquement le cas du plus facile à dire qu’à faire, néanmoins, il est évident que cette question méritait d’être soulevée.

 

C’est comme un cours de fac, mais en plus joli.

 

Ces scènes d’exemples situés tout autour du monde sont entrecoupées de spécialistes – économistes, politiques, juristes, écologistes, architectes - qui expliquent des concepts permettant de comprendre les situations montrées à l‘écran, leurs causes et conséquences. Tout est expliqué de manière pédagogique pour que les propos soient accessibles au plus grand nombre - seul un ou deux passages sont un poil complexe -. Les deux heures passent très vite, et bien que des longueurs soient présentes, elles sont très peu nombreuses. En revanche, je pense que ce film est limite pour les plus jeunes d’entre nous, ceux qui manque de maturité je dirais – et cela est dû aussi à un manque de promo destiné à notre tranche d’âge (à part au Petit Journal, je n’en ai entendu parler que par la personne qui m’a proposé d’aller le voir) -. Quand nous y sommes allés, nous devions être à peu de choses près les plus jeunes de la salle (et on a déjà 25 printemps t’as vu), ce qui est paradoxal parce que nous allons construire le monde de demain.

Bref, malgré tous ces petits détails, on sort de la séance avec la volonté de changer le monde, avec le cœur plein d’espoir, ce qui est bien rare quand on quitte les yeux d’un écran de nos jours (coucou TF1, France 2 et toute la clique avec vos informations qui nous font envier le suicide). La bande son est extra et très à propos pour peu que l’on comprenne l’anglais, et les quelques plans de paysages sont plutôt pas mal, même s’il y en a trop peu, mais ceci n’engage ici que moi. Le film est bien accueilli par la critique, tant presse que spectateurs.

 

Vraiment, ce film ne prendra que deux heures de votre journée, et elles seront très bien exploitées, je vous le certifie !

 

Edit : Demain a gagné le César du meilleur documentaire 2016. Une récompense bien méritée!

 


avatar Jeremy le 01/02/2016  -  commentaires

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