Actualité locale

Et que Vive la Reine, à l'Espace 600 : la énième confirmation d'un talent.

Et que Vive la Reine, à l'Espace 600 : la énième confirmation d'un talent.

Ce qu’il y a de plutôt cool lorsque l’on ne connait pas bien (voire pas du tout) le spectacle vivant, c’est d’avoir dans son entourage un(e) averti(e) avide d’en parler pour découvrir ce monde quelque peu souterrain.  Par chance, ma coloc’ est une de ces personnes dont c’est le métier !
Alors de temps en temps, de sa langue bien pendue sur le sujet, elle m’invite à voir tel ou tel spectacle, tel ou tel évènement, souvent parce que « waouh, ça vaut vraiment le coup ! ».
Alors je me bouge, même si "de nature", ça n’est pas vraiment mon truc.
Et que Vive la Reine est le troisième spectacle que je vais voir sous ses conseils. Il s’agit d’une réinterprétation de l’œuvre de Lewis Carroll, Alice au Pays des Merveilles, par La Compagnie des Gentils.

Très franchement, j’avais adoré le Préambule des Somnambules, leur précédente production, que je considère comme une superbe découverte. J’étais donc forcément dans de bonnes dispositions pour rencontrer ce nouveau travail.
A posteriori, je préfère toujours le premier spectacle, ce qui ne veut pas dire que celui dont il est question ici n’était pas bon, bien loin de là, mais je dois reconnaître que le mouvement (notamment dans ceux des décors et des actes) proposé par le Préambule me séduira toujours. Mais ce n’est pas là le sujet !
Et que Vive la Reine dure un peu plus d’une heure (1h10) et s’attarde sur la galère (c’est le mot) du Chapelier fou (Julienn Anselmino) et de sa petite bande (la Carpe – le pianiste, François Marailhac -, Miss le Loir (Doriane Salvucci) et le Lièvre (Marie Bonnet)) afin d’éviter la mort de celui-ci. En effet, la Reine Rouge-Noire-Rouge lui a offert le privilège de lui commander une fête en son honneur (plutôt cool), mais celle-ci est réputée comme irritable et expéditive, décapitant toutes les têtes ne lui séant guère (moins cool). On assiste donc à l’ultime répétition de la cérémonie de cette petite troupe un peu dans l’impasse, cherchant à se défaire du règne de cette Reine totalement liberticide et pas très funny. Jusqu’à ce qu’Alice (Kim Laurent) se pointe.

Pourquoi devrait-on chercher à voir ce spectacle, ou à suivre cette compagnie ? Pour la simple et unique raison que tout ça sent le Rubik’s Cube de la cervelle, le "décarcassage" des méninges à en perdre la raison ! La scène est investie d’un décor qui reflète l’huile de coude déployée par la compagnie, le travail son et lumières est simple et élégant, et les performances pluridisciplinaires (danse, chant, jeu théâtral) sont à tomber (mentions spéciales à l’épisode dément du personnage d’Alice où celle-ci se prend pour la Reine, ainsi qu’au personnage de Miss le Loir d’une candeur malicieuse) !
Mon seul regret, quelque peu énoncé plus haut, est le manque d’animation et de mouvement, en comparaison de leur précédent spectacle, du décor, ainsi que le personnage (et non pas le jeu d’acteur !) du Lièvre, un poil agaçant car sachant tout et ayant toutes les clés, les bonnes idées pour délier les nœuds de l’intrigue.

Mais la véritable raison pour laquelle vous devriez vous intéresser (ou en tout pour laquelle je vais m’y intéresser) au travail de cette compagnie, c’est qu’elle casse les idées reçues ! Non, le conte, la féérie, la délicatesse et la légèreté ne sont pas des notions d’un autre temps. Non, un conte, ce n’est pas que pour les enfants.

Et bordel, ça, ça fait vraiment du bien !


avatar Maxime le 29/02/2016  -  commentaires

commentaires

Commentaire ajouté avec succès