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Vice-versa : les secrets de l'esprit humain.

Vice-versa : les secrets de l'esprit humain.

Sorti le 17 juin 2015 au cinéma, et récompensé la semaine dernière aux Oscars (catégorie meilleur film d'animation), le film de Pixar a marqué les esprits et la critique. Et pour cause, le long-métrage est une vraie plongée dans les mécanismes de l'esprit humain ! Ni plus, ni moins. Il est à la fois amusant, et esthétiquement et émotionnellement réussi. Le film, bien dosé, jouie également de sa part d’aventures et "d'intrigues" nécessaires pour rendre le tout entraînant et captivant.

Allez, décortiquons ça ensemble !


 

Dans la tête d’une pré-ado

 

Petite pépite des studios Pixar (quoi ? L'objectivité ?), ce film haut en couleurs et en émotions (c’est le cas de le dire !) nous plonge dans la psyché d’une enfant de onze ans. Cette enfant se nomme Riley. Elle est accro au hockey et se retrouve à déménager avec sa famille dans une autre ville. Une période sensible pour la jeune fille en crise de pré-adolescence qui doit se créer une nouvelle vie dans un lieu totalement inconnu et partiellement glauque. Ah, San Francisco et son légendaire brouillard sur Alcatraz !

Durant cette période, Riley va perdre ses repères notamment avec soi-même, sa famille et ses amis, jusqu’au dénouement final où, la crise dépassée, elle les recouvrera pour devenir une nouvelle personne. Le film est pour cela une jolie manière de représenter cette transition difficile mais ô combien nécessaire et inévitable dans la construction de soi. À savoir le passage de l'enfance à l'adolescence (et ensuite à l'âge adulte).

Dans le film nous suivons Joy et Sadness (Joie et Tristesse en VF), deux entités logées quelque part dans le cerveau de Riley et qui, accompagnées de Dégoût, Colère et Peur, sont littéralement aux commandes des émotions et réactions de la jeune fille.

Ces cinq émotions ont ici des apparences chaleureuses et bien sympathiques. Des créatures auxquelles on s’attache facilement.

Rapidement, on comprend que Joy a la main mise sur les affaires. De fait elle impose sa… joie aux autres et l’on comprend que Riley est une enfant que l’on (les parents) efforce de voir toujours souriante et amusée. Saloperie de dictateurs de parents !

Pendant ce temps, Tristesse ne peut s’empêcher de toucher les souvenirs, les rendant inéluctablement tristes. Ce qui contrarie Joy qui aspire à une joie absolue. Sa détermination la conduit d’ailleurs à une situation désespérée où elle et Tristesse disparaissent dans les méandres de l’esprit de la jeune fille. Passage du film qui nous donne un aperçu des mécanismes et secrets de l’esprit humain. Le tout est fait avec une esthétique véritablement prenante, chatoyante et parfois même angoissante.

 

Ce qui se passe dans notre tête…

 

Évidemment, il est question ici de traiter de manière subtile et bon enfant d’une étape difficile dans la vie d’un enfant, à savoir la pré-adolescence. Le film agit comme une sorte de documentaire sur le fonctionnement des mécanismes du cerveau et cela dans un bel enrobage comme Pixar sait le faire. En effet, le studio n'a plus à démontrer ses talents en termes de création esthétique et de création d'univers. Bref, c’est comme un documentaire qui s'adresse d'une certaine façon aux parents.

On comprend dans le film que ce qui se passe à l’intérieur agit sur l’extérieur, et vice et versa – comme le film - ! Par exemple, il ne faut pas s’efforcer à être joyeux quand on est triste, ou l’inverse. Ou encore qu'apprivoiser ses émotions est difficile. Et cela à n’importe quel âge. Si si, de tout petit à très vieux, c'est un apprentissage de chaque instant ! Par exemple, à la fin du film, Joie apprend la nécessaire présence de Tristesse puisqu'on ne peut pas être joyeux sans être triste, ou l'inverse.

Même les parents ont le droit à leur moment inside. Ces passages permettent de voir le point de vue de l'adulte, et par là, le film traite également des rapports entre enfant et parent, de la difficulté de chacun à se comprendre. Un film qui s’adresse à tous en quelque sorte.

 

Ultra-réalisme, pour ou contre ?

 

Concernant l’animation ou encore la mise en scène, le film est réussit. Pixar maîtrise son sujet, et c’est peu de le dire. Cependant il y a une scène dans le film que l’on croirait sortie tout droit d’un film, comprenez d’un live movie. On retrouve cet effet dans Les Nouveaux Héros. Il s'agit d'un effet saisissant d’ultra-réaliste qui appuie le moment dans son caractère concret et bien souvent tragique et/ou triste. La chose est bien faite et on n’a rien à dire là-dessus. On ne peut pas s’en plaindre, juste… regretter la démarche. Les films d’animation ont leurs propres règles et atouts pour raconter une histoire. Est-il nécessaire de donner dans le surréalisme même si cela fonctionne et que cela provoque chez le spectateur un effet saisissant ? Oui, peut-être. Si cela fonctionne. Mais ce n’est pour autant pas ce que l’on attend en regardant un film d’animation.

 

Un très bon film !

 

En somme, ce film est véritablement très très bon. Pixar survole Disney avec des films d’une grande intensité et d’une grande sensibilité. Les thèmes abordés sont traités de manières originales, intelligentes, et le scénario ne manque pas d’action pour maintenir le spectateur éveillé.  On vous le redit, c’est super, c’est beau, c’est super ! C’est beau.

Méritait-il l'oscar du meilleur film ? Probablement (je n'ai pas vu les autres films nominés...) au vue de sa qualité certaine.

Et il n'est pas exagéré de dire que c'est un incontournable, comme peut l'être Wall-E.
 

(en dépit de la vignette ci-dessus, il s'agit bel et bien du teaser de Vice-versa)
 


avatar Roman le 07/03/2016  -  commentaires

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