Chronique série

Trapped : piégés dans la neige.

Trapped : piégés dans la neige.

Trapped est une série islandaise de 10 épisodes diffusée en France sur la deuxième chaîne entre le 8 et le 22 février 2016. Créée par Baltasar Kormakur (Everest (2015)), la série nous plonge dans les tribulations d'une petite ville au nord de l'Islande, un lieu reculé et loin de tout. La vie y est rude, notamment à cause du froid et de la neige qui y règnent en maîtres, et tout le monde se connaît et se côtoie.

 


Allez viens, on est bien !

 

La série fonctionne comme une sorte de huit-clos. Le climat rude isole la ville qui se retrouve confrontée à une sordide affaire de corps humain tronçonné... C'est alors à Andri (bien portant et sympathique chef de la police local et protagoniste principal de résoudre cette affaire).

Au départ, il n'est trouvé qu'un morceau du corps (le buste). Dans le même temps de cette lugubre découverte, un bateau de croisière danois amarre. Aussitôt les soupçons se portent sur l'équipage et les voyageurs, et le paquebot est maintenu à quai. Il y a également un projet de construction d'un vaste port financé par "les chinois". Car l'Islande est en ligne direct entre les Etats-Unis et la Chine (en passant par le pôle nord, c'est tout droit !). Y aurait-il un lien entre ce vaste projet et l'homicide ?

S'ajoute à cela une sordide affaire de trafic d'êtres humains. En effet, deux jeunes africaines sont transportées via le paquebot et parviennent à s'échapper. Et enfin, il y a cette vieille affaire qui remonte à 2008 (l'histoire se déroulant en 2015) et qui, sans surprise, est directement reliée à l'affaire du corps tronçonné. Il s'agit d'un incendie (en fait, d'une fraude à l'assurance) d'un bâtiment qui a provoqué la mort d'une jeune fille et porté l'accusation, à tort, d'un jeune homme innocent.

Tous ces éléments finissent plus ou moins par coïncider, un peu à la manière d'un puzzle dont toutes les pièces s'assemblent et délivrent le dénouement final.

 

Polar nordique ? Non, polar islandais s'il vous plaît !

 

Le polar nordique, à l'image de leur climat particulièrement rude et difficile, souvent inspiré de romans, est gris, sombre et présente une affaire sordide. La très bonne trilogie Millenium, de Niels Arden Oplev, en est un parfait exemple. Le personnage central est souvent un flic désabusé comme dans les films Les enquêtes du département V (ce sont des films très réussis, avec une bonne photographie).

Trapped n'entre pas spécifiquement dans cette catégorie. Du polar suédois, la série a la photographie et… c'est tout. Elle se différencie par l'écriture des personnages qui sont des gens tout à fait normaux, confrontés à une situation extraordinaire. La série montre également le lien physique et charnel très fort entre les islandais et leur terre, leur territoire. Des différences qui constituent l'originalité de cette série sympathique, sans être époustouflante non plus.

 

Bien pensée

 

La série regorge de plans qui mènent le spectateur par le bout du nez. En regardant la série on est amené à penser que tel type est louche ou que c'est lui le coupable/criminel. On nous mène en bateau par la mise en scène, et c'est plutôt bien vu.

Chaque épisode se termine sur un cliffhanger, procédé qui n'a plus rien d'original mais qui est ici plutôt bien fait.

Les acteurs sont bons et l'écriture des personnages est très réussie. Ce sont des personnes ordinaires qui se trouvent pris au piège par une tempête, et qui doivent de surcroît faire face à une série de meurtres (parce qu'il y en a d'autres durant la série... une véritable hécatombe pour cette paisible ville !). En somme c'est un peu : « quand l'extraordinaire vient bouleverser la vie ordinaire ». On comprend d'ailleurs qu'à la suite de tous ces évènements, la vie reprend son cours mais que plus rien ne sera comme avant.  De fait, ces évènements ont marqué les habitants à tout jamais, une chose bien retranscrite à la toute fin de la série, à travers, notamment, une mise en scène sympathique.

 

Une série pour les islandais ?

 

Au final, et au vu des audiences réalisées par la série en Islande (90% pour le premier épisode et 91% pour le second tout de même !), Trapped semble être une série pour les islandais.

Cela me fait penser, et je m'excuse de la comparaison, à Plus belle la vie. Le principe est à peu près le même. Dans les deux cas il s'agit de présenter des tranches de vie quotidienne chamboulées par des évènements extraordinaires (qu’il s’en passe des choses à Marseille !), le tout présenté dans un cadre auquel les gens pourront adhérer (Marseille pour la série française, et la ville de Seyðisfjörður (à vos souhaits !) pour la série islandaise).

En tout cas on y apprend des choses très étonnantes sur nos lointains voisins islandais. Comme par exemple qu'ils n'apprécient guère les danois, et vice-versa, ou encore que les flics islandais sont hyper cool. Pour cause ! Ils appellent les gens pour les prévenir qu'ils vont les arrêter... Ils n'ont jamais d'arme sur eux et ne sont donc pas vraiment prêts à en faire usage. Franchement, hyper sympas ! Et en plus, ça tranche littéralement avec le polar US notamment.

Dans un sens, cela peut se comprendre puisqu'il s'agit d'une petite ville tranquille où les délits et les crimes sont rares.

Tout ça pour dire que regarder cette série, c'est un bon moyen de s'accaparer un peu l'esprit islandais. Et que même si elle n'est pas extraordinaire, elle a le mérite d'être bien faite et d'être originale - notamment parce qu'elle nous permet de découvrir la vie des islandais -.

 

Si vous êtes curieux ou que vous avez quelques heures à perdre, n'hésitez pas à vous immerger dans cette série originale de dix épisodes d’une cinquantaine de minutes chacun.

 

 


avatar Roman le 15/03/2016  -  commentaires

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