Chronique jeu

Darkest Dungeon : prêt à (re)commencer ?

Darkest Dungeon : prêt à (re)commencer ?

Vous connaissez le concept du die and retry ? Et bien comme son nom l'indique, il s'agit de perdre un nombre incalculable de fois, tout ça pour les quelques rares victoires durement gagnées. Une représentation du joueur versus la machine, qui vise à tester les limites de votre patience. Pour autant, bien que simpliste, ces jeux sont sans prises de têtes et te permettent de passer un bon moment pour peu que les mécaniques du gameplay soient bien ficelées. L'exemple le plus célèbre et le plus emblématique du genre reste Gost'n Goblins, sorti en 1985, ce jeu où tu meurs pour un oui pour un non, où perdre fait partie du jeu. Il y a eu un certain nombre d’émules encore aujourd'hui, je pense notamment à Rogue Legacy (qui rien à voir avec la Saga Star Wars), qui est issu d'un genre très différent de jeu mais où ce concept de mort en boucle est omniprésent.

 


À l'aventure compagnons !

 

Maintenant que vous avez compris le concept, rentrons dans le vif du sujet. Amateur de jeu indépendants, je flânais sur Steam, la plus célèbre plate-forme de contenu en ligne - quand une œuvre attira mon attention : Darkest Dungeon (DD). Après une lecture des avis, je décidai de me lancer moi aussi dans l'aventure, au sens propre comme au sens figuré. DD est en effet un jeu d'aventure, mais un peu particulier : ce n'est pas un jeu d'aventure à proprement parlé, comme par exemple Uncharted, mais pourtant, vos personnages en vivent une. Voilà le pitch : vous avez reçu une lettre de votre grand-oncle qui vous explique que, pour restaurer la grandeur passée de votre famille, il a creusé sous son manoir pour en extirper une source de puissance qui s'y trouvait. Malheureusement, dans le plus pur style lovecraftien, une créature des ténèbres s'en ai échappée, corrompant de ses ombres la ville et la région alentours. Le but est de venir à bout de tous les donjons - comprenez des espaces clos remplis de monstres-, lesquels sont générés aléatoirement à chaque fois que vous y remettez les pieds, mais qui sont finis une fois un certain nombre d'objectifs accomplis, comme avoir tuer le boss qui apparaît au bout d'un moment. Le jeu se déroule en deux phases : la phase de préparation, un écran statique de la ville où on peut acheter armes, compétences et compagnons, et la phase d'exploration, en side scrolling (à défilement horizontal, genre Mario), à l'intérieur des donjons.

Évidemment, ceux-ci sont pleins d’embûches, de pièges et de monstres - avec un système de combat au tour par tour -, se relayant pour vous barrer la route. Durant les bastons, il est important de bien préparer une stratégie, car il va vous falloir jongler avec un système de bonus/ malus, plutôt complexe. Mais bref, jusque-là, c'est plutôt classique me direz-vous.

 

« Oublie tout espoir, toi qui entre ici ».

 

Et bien en fait, c'était sans compter la noirceur de ce jeu, qui fait tout pour ne vous laissez aucun moment pour souffler : d'une part, les heals sont rares et peu efficaces, et d'autre part, la jauge de « stress » se remplit au fur et à mesure de vos péripéties, petit concept qui donne du sel à ce jeu (et aussi à la vie diront certains). Suivant ce qu'il se passe - la torche qui s'éteint ou certaines attaques spéciales des monstres par exemple – la jauge de stress se remplit. Quand elle atteint son maximum, votre personnage craque (ou plus rarement s'exalte) et il devient un poids, désobéissant ou déprimant les autres. Si la vie est dure à remonter dans TDD, la jauge de stress est bien compliquée à vider, et il est à peu près sûr que vos gars seront tous au fond du rouleau une fois la quête terminée. Du coup, cela rend la partie plus ardue car bien plus aléatoire, et dès que ça commence à sentir le pâté, un effet boule de neige se met en place (et là mon coco, t'es vite dans la panade). Au cas où vous pousseriez le vice plus loin, si la barre de stress se remplit une deuxième fois, votre personnage fait une crise cardiaque et meurt. Tout simplement. Pire, la mort est irréversible et le jeu sauvegarde automatiquement, donc n'essayez pas de filouter en redémarrant, ça ne servira à rien. Les fins de quêtes et le retour en ville les poches pleines apparaissent alors comme des récompenses bien méritées. À noter que vous pouvez rentrer en ville plus tôt avec le butin mais la jauge de stress explosera et vous devrez recommencer votre donjon de zéro. Et ouais, pas de bras, pas de chocolat !

Pour finir, notons que du coup, l'ambiance du jeu colle parfaitement à l'histoire, sombre et triste, représentant bien un monde sans espoir. Une voix off, celle de votre oncle en fait, commente vos faits et gestes régulièrement, à l'aide de maximes inspirées et déprimantes. Celle-ci s’insère bien dans l'aventure, bien qu'un peu trop fréquentes. Rien à dire sur la bande-son, pas marquante mais qui remplit son rôle. Les graphismes en revanche sont de toutes beautés : un style comics en cell-shading tout à fait approprié et détaillé, rendant les horreurs des donjons tout à fait dégueu à souhait.

 

Bref, un jeu addictif, doté d'une réelle ambiance, qui mettra vos nerfs à rudes épreuves.

Allez, ce n’est pas le tout, mais j'ai des ruines pleines de squelettes à nettoyer.

 

 


avatar Jeremy le 24/03/2016  -  commentaires

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