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Perturbator au Jack Jack : petite salle, mais grand artiste !

Perturbator au Jack Jack : petite salle, mais grand artiste !

Le Jack Jack, toute nouvelle salle lyonnaise tournée vers l'émergence de nouveaux talents, a accueilli hier un event assez bagarreur. La soirée, définitivement orientée synthwave, a fait escale dans l'agglomération de la belle Capitale des Gaules hier soir, le 29 mars. Nous nous y sommes rendus pour assister à ce qui est clairement l'émergence d'une nouvelle scène, mais surtout pour interviewer l'un des fers de lance de cette mouvance musicale qui n'a pas encore de nom clairement défini : Perturbator. Après 30 minutes de périple pour trouver l'endroit, incluant des cascades dangereuses à la portée des street-boys que nous sommes, nous trouvâmes enfin le Jack Jack (enfin la porte de service, puisqu'on a réussi à rater l'entrée). Pauline, qui co-produisait la soirée, parée de ses magnifiques cheveux roses, vint nous accueillir, et nous conduisit jusqu'à la billetterie. Et là BAM, on nous offre le fameux « pass presse » ! Franchement, ça fait toute une émotion la première fois, et du coup tu crânes un peu. Maxime lui avait plus l'habitude, vu qu'il a pas mal roulé sa bosse dans le métier.

Le premier truc qui frappe c'est que l'endroit est tout propre tout neuf, et que le complexe est accolé à une MJC. Et que le nom Perturbator est affiché partout, on sentait que c'était lui LA tête d'affiche. Il est assez marrant de voir des enfants courir au milieu de « metalleux » tout vêtus de noirs (ça c'était au début, après les enfants sont partis, faut pas déconner). Bref, c'est là, à la cafet' qu'on a attendu que tout se lance. A priori, il y a eu quelques problèmes d'organisation, vu que ça a commencé un peu à la bourre, et du coup on en a profité pour fignoler nos questions.

Finalement, on vient nous chercher, l'artiste a fini sa séance photo, c'est à nous. Malgré ce qu'on peut voir ou entendre par rapport au monde du spectacle, les loges du Jack Jack ressemblent au vrai monde, c'est juste des salles et des couloirs. N'empêche, ça reste un endroit un peu caché, il y a cette atmosphère particulière propre au monde du spectacle.

Ainsi, nous avons pu discuter avec James Kent (aka Perturbator), qui a répondu à nos questions avec une grande maturité. Malgré ces images un peu dark de lui qui se véhiculent sur le net, James est quelqu'un de très franc et de très agréable. On avait presque l'impression de parler à un copain. Il a un véritable regard critique sur ses productions, il sait où il en est. Vous pourrez retrouver l'interview sur notre site incessamment sous peu (Mardi prochain me souffle Maxime).

La salle du Jack Jack reste petite (intimiste plutôt qu’exiguë), mais suffisamment grande pour les 210 personnes qui étaient apparemment attendues. La scène est quasiment à la hauteur du public, un lieu qui sent bon la famille. Première impression, la salle est remplie de quelques metalleux et de gothiques, et surtout, la moyenne d'âge se situe autour des 25-30 ans.

Étant occupés ailleurs, nous avons raté Tommy'86 et sommes arrivés pile pour Däs Mortal. Le public, bien que statique, semblait plongé dans l'univers créé par l'artiste, sous fond de lumière bleutée. Un écran diffusant toutes sortes de passages vidéos, de l'érotique au weirdo voire au carrément porno (en pixels cela dit), donnait le change et a permit la création d'une ambiance particulière.

Gost, armé de son masque squelettique, a au moins autant bougé que son public, et était à deux doigts du slam. Des lumières verdâtres et des sons d'orgues ont su créer un contexte apocalyptique, qui sonnait très bien avec le thème de la soirée. Un concert agressif, aux sonorités métalliques, qui a arraché plus d'un headbang.

Finalement, le prince est arrivé, et a été accueilli comme tel, par un public chaud bouillant, qui l'a ovationné. Il commence directement en mettant le feu aux poudres avec Future Club. La mise en scène suit le son, les lumières s'adaptent aux chansons : sombres pour celles qui sont plus tendances apocalyptiques, aux couleurs de gyrophares pour les chansons disco futuristes, et épileptiques pour les chansons qui organisent une réelle course en avant. Enfin, un léger écran de fumée enveloppait Perturbator, rajoutant une touche d'occultisme à l'ambiance. Dans l'ensemble, les chansons allaient à fond les ballons, et l'artiste lui-même possédait le feu au moins autant que son public (Pauline n'a cessé de verser des larmes). La foule est venue pour le voir, et il y a eu une véritable cohésion entre l'artiste et le public - j'ai rarement vu Maxime autant à fond, le bonhomme étant plutôt stoïque d'habitude -. Pas mal de chansons inédites de "The Uncanny Valley" qui sort le 6 mai prochain. Pour ma part, les balances de son étaient honorables, mais d'autres ont trouvés les basses trop lourdes, ce qui a gâché quelque peu certaines mélodies. Perturbator, contrairement aux autres artistes, n'avait pas de vidéos pour appuyer son show, lui qui pourtant est très visuel. Mais la musique et la mise en scène en général ont amplement suffis. Il a en revanche était le seul à nous offrir un rappel, ce qui était plutôt obvious. Pas eu le droit à un deuxième cependant, car tout le monde s'est envolé dans la nuit pour ne pas rater le dernier tram.

Bref, une bonne expérience, et surtout, un genre musicale à suivre de très près. Nous sommes au début d'une ère nouvelle.

Allez, pour ma part, je vais acheter ses vinyles !

 


(dévoilé hier, le premier clip de "The Uncanny Valley", qui sortira le 6 mai prochain)

 


avatar Jeremy le 30/03/2016  -  commentaires

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