Chronique série

The Walking Dead, saison 06 : la guerre, toujours la guerre.

The Walking Dead, saison 06 : la guerre, toujours la guerre.

À la fin de la saison 05, Rick s'était imposé comme le chef de la communauté d'Alexandria, notamment en abattant de sang-froid devant toute l'assemblée un mec relou, pile au moment où son vieux pote Morgan se pointait. L'attente avait été alors insupportable pour savoir si oui ou non, les amitiés d'hier allaient survivre aux meurtres d'aujourd'hui. La saison 06, comme toutes les autres précédemment, a été coupée en deux, comme va l'être mon article, car je ne suis qu'un suiveur, finalement.

 


Ah ! Je crois que j'ai vu des zombies à un moment !

 

La première partie de la saison s'attarde sur la transmission de pouvoir entre Deanna (la maire d'Alexandria) et Rick en toile de fond, qui a bien compris que pour survivre dans un monde de brutes, elle avait besoin de brutes. Certains personnages ont leurs propres épisodes bien à eux : nous apprenons comment Morgan est devenu un moine peace and love, nous suivons les péripéties de  Glenn et d'un autre type qui se retrouvent dans la panade avec un joli cliffhanger à la fin de l'épisode, ou les aventures de Daryl qui aide des gens à échapper aux « Sauveurs », que l'on voit alors pour la première fois. La saison commence plutôt sous tension : une carrière remplie à ras bord de zombies se trouve non loin d'Alexandria, et une mission est lancée pour les diriger loin de la communauté. C'est l'occasion de voir une foule de mort-vivants et la puissance des effets numériques, qui comme toujours pourtant ne sont pas vraiment un danger pour l'équipe. Tout se passe comme sur des roulettes lorsque de nouveaux ennemis, les « Wolves » attaquent la bourgade, alors que la plupart des défenseurs sont à l'extérieur. Ceci a pour effet d'une part de faire un tapage qui attirera la moitié de la horde sur la ville, et d'autre part de mettre l'accent sur la réaction de chacun face au danger. Nous voyons donc par exemple un clivage Carol/ Morgan, portant sur l'importance à donner à la vie de l'ennemi : faut-il laisser vivre ou pas ? Une belle ambivalence qui fait réfléchir. Un mot sur ces nouveaux ennemis : du coup, ils ont un W gravé sur leur front (la lettre la plus simple à graver au rasoir j'imagine), et s'amusent à tuer tout ce qui bouge. J'avoue ne pas avoir compris leurs motivations, le pourquoi de toute cette violence. Il me semble que c'est quelque chose du genre « on va tous mourir, du coup on accélère le processus ». En fait, ils ne sont pas vraiment marquants, et ils servent plutôt de prétexte en tant que nouveaux adversaires. L'un d'entre eux est capturé et des voix s'élèvent quant à son sort, le mettre à mort, l'emprisonner etc. Intéressant d'un point de vue social mais inintéressant par rapport à l'histoire, car on se moque de ce qui peut bien arriver à ce type.

C'est à peu près tout niveau action dans cette première partie de saison, qui se concentre plus sur l'évolution des caractères des personnages ainsi que de leurs relations entre eux : Rick a une nouvelle gonzesse, Abraham et Sasha commencent à se tourner autour, Carl a des problèmes avec un autre gamin de son âge, Morgan et Carol n'en peuvent plus d'argumenter... En fait, il faut surtout retenir que le groupe devient de plus en plus sans pitié avec ses ennemis, et que les habitants lambda d'Alexandria, après bien des réticences, comprennent qu'ils doivent lutter férocement sur leur survie. La mi saison se finit sur un cliffhanger qui te fait te dire « mince c'est un peu chaud pour eux là quand même ! », un suspens que The Walking Dead sait bien entretenir.

 

« We are all Negan »

 

Une deuxième partie bien plus explosive que la première. Ça y est, les bases sont plantées, il est temps de s'y mettre ! Les premières minutes du premier épisode du mid season montre à la fois des gens mangés par des zombies (il faut pourtant le vouloir, ce qui est limite le cas ici), et Carl qui se fait blesser d'une manière que les lecteurs du comics attendaient avec impatience. Bref, c'est un peu la crise, mais finalement, les gens d'Alexandria sont maintenant tous des badass et éclatent des centaines de zombies alors qu'ils sont eux même grand max une cinquantaine. Une façon de montrer que ces gens ne sont pas n'importe qui et qu'ils méritent des ennemis à leur hauteur, et ça tombe bien. Cette saison se rapproche beaucoup du comics, et c'est très plaisant car c'est un épisode très marquant de l'histoire qui se profile : la guerre contre les « Sauveurs ». Le scénario se déroule petit à petit, les groupes envoyés à l'extérieur croisent de plus en plus d'entre eux (d'ailleurs Daryl leur apprend la vie à coup de bazooka, un moment très drôle !), et le mystère reste longtemps entier autour d'eux, car ils persistent à donner comme réponse « We are all Negan ». Au bout d'un moment, Rick et Daryl croisent un gars s’appelant Jesus, venant d'une autre communauté. Cette dernière, nommée La Colline, est déjà sous le joug des Sauveurs, et le groupe de Rick passe un accord avec eux : se débarrasser des Sauveurs pour eux en échange de ressources. Un pacte moral est alors signé : la guerre devient inévitable. Et c'est ce qu'il se passe, les affrontements oscillant entre le très sanglant et le glauque. Pour vous donner une idée, l'un des épisodes prend place dans la même pièce que Saw, avec un scénario qui y fait un peu penser. Dans l'ensemble, tous sont chauds pour se battre mais quelques membres trouvent que cette surenchère de violence est too much, et la communauté se brise quelque peu. Finalement, les échauffourées avec les Sauveurs deviennent de plus en plus fréquentes, ces derniers portant des sales coups à la communauté d'Alexandria (dont certains inattendus et bien mis en scène), jusqu'à la fin de la saison, qui finit en apothéose. Le final est de toute beauté et rattrape à lui seul les rares moments de flottement qui ont eu lieu dans cette deuxième partie, même si il semblerait que des spectateurs n'aient pas apprécié le suspens.. Même en connaissant le comics, la scène finale est pile ce que j'espérais, et je vous dis même pas si vous ne vous y attendez pas !

 

Une série qui va bien plus loin que les zombies.

 

Pour résumé, disons que cette saison  est au niveau de ce à quoi nous a habitué The Walking Dead. Une première partie un peu molle, de transition, mais une deuxième qui rattrape largement le tout. À mon sens, cette saison passe un nouveau cap dans la violence, notamment à travers l'esprit de groupe qui, c'est bien connu, rend bête, ou l'instinct de survie. Certaines scènes sont vraiment marquantes et devraient être interdites aux plus jeunes d'entre nous. Néanmoins, cela apporte plus d'enjeux et de tension. Pour la première fois depuis l'aventure avec le Gouverneur, nous avons peur pour le groupe. Les seuls reproches qui me viennent à l’esprit sont encore l'absence de dangers apportés par les morts (comme dans le comics en fait) et le fait que finalement, les personnages qui passent le mieux à l'écran s'en sortent à peu près toujours. Aucune date officielle pour le lancement de la saison 07 mais ça devrait être a priori comme d'hab c'est-à-dire en octobre prochain. Le Sanctuaire – l'antre des Sauveurs – et le Royaume, la cité d'Ezekiel, pire ennemi de Negan, ont d'ores et déjà été annoncé.

 

Allez, je vais aller construire ma propre batte cloutée, ça impose le respect on dirait !

 

 


avatar Jeremy le 14/04/2016  -  commentaires

commentaires

Commentaire ajouté avec succès