Chronique série

Better Call Saul, saison 02 : tellement plus qu’un simple spin-off !

Better Call Saul, saison 02 : tellement plus qu’un simple spin-off !

Le spin-off de Breaking Bad fait fort, dans la mesure où on en oublierait presque la série mère, tant les enjeux sont différents. Bien sûr, nous savons qui sont Jimmy McGill (à terme, Saul Goodman) et Mike Ehrmantraut, mais leurs péripéties sont encore à mille lieux de celles de Walter White et Jesse Pinkman. Cette seconde saison réalise le tour de force d'être à la fois plus proche et plus éloignée du matériau original. Difficile de ne pas comparer les deux œuvres, et je suis tombé en plein dans le piège.

 


Same old Albuquerque…

 

Plus proche, car le Saul Goodman que nous connaissons se dessine tout au long de cette saison. Rappelez-vous, à la toute fin de la première saison, Jimmy décide officiellement de devenir un avocat véreux, en hommage à son ami décédé, avec lequel il faisait les 400 coups. Comme son frère ne cesse de le répéter, cet état d'esprit de filou correspond plus à la nature profonde de son frère : tout petit déjà, il volait dans la caisse de la boutique familiale (nous voyons d'ailleurs le moment où tout bascule via un flashback). Jimmy lui-même n'hésite plus à l'avouer et à emprunter des chemins détournés pour obtenir de meilleurs résultats dans son travail, avec plus ou moins d'abus selon les moments, mais n'en est toutefois pas encore au franchement illégal. Après des débuts infructueux chez David & Main, sa nouvelle compagnie d'avocats, il décide de faire pour de bon cavalier seul, et de se créer un personnage, en accord avec ses convictions. Pour preuve, nous voyons avec plaisir ses costumes colorés et flashy enfin apparaître à l'écran.

Mike, lui aussi, glisse dangereusement dans la voie de l'homme à tout faire pour la pègre, lui qui, à la base, n'était qu'un flic un peu ripou. Même si les raisons sont louables (prendre soin de sa famille notamment), il se détourne de plus en plus du droit chemin. Une ambivalence bienvenue se créée entre celui qui a tout pour rester dans la légalité et qui choisit de s'en éloigner, et l'autre qui doit subir cette vie aux frontières de la loi.

Enfin, le show se rapproche aussi dans la forme de la série mère en nous montrant bien plus de personnages emblématiques que dans la saison précédente (mais qui ? Gus Fring ? Jesse Pinkman ? BADGER ?! Surprise !), et qui s'insèrent très bien dans le main plot, ces petits malins. On y croit, leurs apparitions ne sont pas juste du bête fan service. C'est vrai que pour le coup, c'était plutôt attendu, d'une manière ou d'une autre, car il fallait commencer à faire des liens dans la forme avec Breaking Bad (et oui le temps passe) d'une part, et d'autre part c'est très bien de raviver la corde sensible des spectateurs.

Enfin, Nacho s'efface peu à peu en tant que personnage principal, et apparaît dans moins de scènes que dans la première saison, mais elles sont en fait beaucoup plus importantes, et sont plus estampillées Breaking Bad (ouh le spoiler !).

 

Prend ton envol, petit oisillon !

 

Better Call Saul s'éloigne dans le même temps de la série mythique, dans la mesure où elle parvient effectivement à nous la faire oublier. Évidemment, la distance temporelle joue, car mine de rien, les aventures de Walter se sont terminées en 2013. Ça commence donc un peu à dater.  Mais surtout, Mike et Jimmy vivent des actions qui n'ont rien à voir avec le milieu de la drogue (encore que c'est limite avec Mike). Nous assistons donc à des scènes qui sont vraiment là pour nous décrire leur passé, il n'y a pas encore de liens concrets avec Breaking Bad dans le fond, même si ça tend à se rapprocher peu à peu, tant pour l'un que pour l'autre. Les mécanismes de constructions sont différents eux aussi : si l’on ne savait pas où Breaking Bad allait nous emmener (mise à part une très probable mort de Walter), Better Call Saul se doit de créer une synergie avec ce qui se passe après. Et oui, c'est la malédiction des prequels : ils ne sont pas tout à fait libres. De plus, il y un certain nombre de flashbacks comme dit précédemment, notamment en début d'épisodes. Ainsi, je pense qu'il y en a plus eu en deux saisons ici qu'en cinq des Breaking Bad, ce qui est utile pour mieux comprendre les personnages. Ici, d'une certaine manière, on s’intéresse plus aux personnages en eux-mêmes qu'à ce qu'ils font.

Cette deuxième saison s'intéresse aussi beaucoup à Kim, qui peut être vue comme le troisième personnage principal du show. Certes, elle est liée à Jimmy, elle l'influence plus ou moins directement, il prend des décisions importantes par rapport à elle, mais de fait, elle ne fait pas partie de l'aventure Breaking Bad, elle en est complètement déconnectée. Pour autant, c'est plaisant de suivre ce personnage étranger à tout ça. Quelques scènes sont allouées aussi à Chuck, mais juste assez pour nous faire comprendre qu'il est toujours aussi énervant (il préfèrera crever que de soutenir son propre frère). Certaines actions de Jimmy sont liées à celles de Chuck, et ce dernier se révèle être au final « l'antagoniste principal » de la saison. Nous pouvons l'affirmer ici, haut et fort, Charles « Chuck » McGill n'est pas un bon être humain.

 

Semper Fidelis

 

Pour conclure, avouons qu'il est toutefois plus difficile de trouver les ressemblances que les différences, tant on se rend compte que, mine de rien, un lien subtil est créé entre le grand frère et la petite sœur. Vince Gilligan et Peter Gould gèrent cet univers de manière tout à fait fidèle. En effet, cette saison fait bien plus le pont entre la série mère et le spin off, et personnellement je l'ai trouvée bien plus intéressante que la première - moins de trucs d'avocats et plus de trucs de gangsters -. Le dixième et dernier épisode est sorti le 18 avril aux US (je l'ai vu en anglais sans sous-titres et j'ai tout compris, et toc !). Une troisième saison est d'ores et déjà annoncée, et vu le cliffhanger final, on a hâte !

 

Allez, je m'en vais arnaquer des petits vieux comme Saul ! Hasta la vista Baby!

 

 


avatar Jeremy le 21/04/2016  -  commentaires

commentaires

Commentaire ajouté avec succès