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Until the Lions, d’Akram Khan, à la MC2 : quand masculinité et féminité.

Until the Lions, d’Akram Khan, à la MC2 : quand masculinité et féminité.

Le danseur et chorégraphe Akram Khan est familier à Grenoble puisqu’il fut artiste associé à la MC2 durant 3 années (de 2011 à 2014). Il s’agit d’un artiste britannique aux influences indiennes fortes.
Sa compagnie fondée dans les années 2000 produit des pièces métissées, entre danse contemporaine et Kathak (danse classique indienne). Rapidement devenu un artiste incontournable sur les scènes internationales, il a collaboré avec des personnalités aussi diverses que Juliette Binoche, Kylie Minogue, le Ballet National de Chine ou Danny Boyle pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Londres (2012).

 


Jusqu’au samedi 30 avril, il présente donc à la MC2, Until the Lions qui, preuve de son succès local, affiche complet sur toutes les représentations.

Cette création est présentée comme étant une adaptation partielle d’Untils the Lions : Echoes from the Mahabharata de Karthika Naïr, une réécriture d’un conte épique traditionnel indien.

Ce conte semble clef dans la carrière dAkram Khan puisqu’à 13 ans, il montait sur scène dans une adaptation du conte signée Peter Brook, adaptation qui donna naissance au film The Mahabharata sorti en 1991.

Outre le désir de voir le travail de ce chorégraphe, je souhaitais assister à cette pièce car ce conte place la femme au centre de l’histoire. Amba, enlevée le jour de ses noces, est offerte en mariage à un autre homme. Combattante, elle regagne sa liberté, mais ne peut racheter son honneur arraché. Ce conte traditionnel questionne masculinité et féminité ainsi que ce que la société impose aux genres. Des questions qui me passionnent.

Cependant, la transcription sur scène n’est pas narrative. Il est impossible de lire le conte comme lors d’un ballet classique. Au contraire, on se laisse rapidement imprégner par l’atmosphère épique, et on peut lire à travers le corps des interprètes le combat, l’injustice, la liberté, la fuite… Un magnifique duo homme/femme évoque par exemple, pour moi, le mariage forcé, par un jeu de portés.

 

Sur scène, les trois danseurs évoluent sur un immense rond de bois fissuré, formant une scène sur la scène. On pourrait presque y voir un ring où les personnages sont enfermés. Autour d’eux, les 4 musiciens jouent et chantent en direct. Habituellement je suis partagée sur la musique en live. Je trouve les musiciens relayés au second plan, et évanescents. Ici, c’est tout le contraire. Le chant porte les danseurs, la musique résonne dans les corps et les artistes sont partie prenante du jeu, un vrai délice !

Mention spéciale pour l’image finale d’une beauté captivante : La scène de bois bouge là où les fissures se dessinent, laissant filtrer une brume illuminée depuis les entrailles de la scène.

 

Après des applaudissements soutenus et enthousiastes, la représentation s’est terminée par un discours dAkram Khan. En anglais, il a exprimé entre autres que la MC2 était comme une seconde maison pour lui. Une façon d’introduire la présentation d’une partie de l’équipe de cette scène nationale aujourd’hui inquiète des baisses de subventions annoncées.

Pour reprendre les mots de leur discours et de leur tract, « Réaffirmons haut et fort notre soutien à l’art et la culture [...] en fréquentant encore et encore les salles de spectacle. »

Plus d’informations et témoignages :
#MaCulture2main
http://maculture2main.tumblr.com/
https://www.facebook.com/MaCulture2main

 

 

(crédit photo : © Richard Haughton)


avatar Lorene le 28/04/2016  -  commentaires

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