Chronique jeu

Hearthstone : les Murmures des Dieux Très Anciens : à l'attaque !

Hearthstone : les Murmures des Dieux Très Anciens : à l'attaque !

Hearthstone est le dernier né de la licence Warcraft en tant que jeu à part entière, si on ne compte pas les sorties des extensions du MMORPG (comprenez jeu en ligne massivement multijoueur) World of Warcraft, qui sont issus d'un même jeu.  Sorti en mars 2014, il avait pour vocation de n'être qu'un « jeu accessoire », mais le succès fut tel qu'il est à présent la poule aux œufs d'or de Blizzard. Retour sur un succès.

 


Un nouveau jeu chronophage

 

Alors que League of Legends commençait pas mal à me gonfler à l'époque, Hearthstone arriva comme un messie. Délaissant de plus en plus les parties de ce fameux MOBA (ce concept de jeu où tu dois faire avancer une armée de petits personnages à l'aide de ton héros pour détruire la base ennemie) avec mes potes, pour jouer de plus en plus à ce jeu de cartes, j'ai fini par définitivement sauter le pas, tout comme l'ont fait entre temps pas mal de mes amis. Sans être vraiment révolutionnaire – ce n'est après tout qu'un jeu de cartes – Hearthstone possède plusieurs atouts non négligeables, mais n'est évidemment pas parfait. Le concept est simple : il s’agit d’un jeu de cartes à la Magic, où le but est de ramener les points de vie de votre adversaire à zéro. Pour cela, vous avez le choix entre 9 classes, les classes originelles présentes dans World of Warcraft : le mage, le paladin, le guerrier, le démoniste, le shaman, le druide, le voleur, le chasseur et le prêtre, représentées par des personnages que les fans de la saga reconnaîtront sans mal. Chacune possède un pouvoir héroïque et des cartes spécifiques, et ce sera à vous de créer les meilleurs decks (votre jeu de cartes quoi) pour venir à bout de vos adversaires en tenant compte de ces paramètres. Les cartes sont classées par niveau de rareté et de puissance, de la commune à la légendaire, et quelques-unes peuvent carrément retourner une partie.

Il existe plusieurs façons de se procurer des cartes : l'argent virtuel, l'argent réel et le système de « poussière arcanique ». La monnaie du jeu prend la forme de pièces d'or, que vous pouvez obtenir en résolvant des quêtes, et qui vous serviront principalement à acheter des paquets de cartes. Chaque paquet contient aléatoirement 5 cartes. De fait, plus vous obtenez de paquets, plus vous avez de chances d'avoir la carte de vos rêves, et donc d'être plus compétitif. Cet or virtuel peut aussi servir à déverrouiller certains modes de jeu offrant bien des récompenses à la clé. Tout cela peut bien évidemment s'obtenir grâce votre sacro-sainte carte bleue, et je connais des proches qui ne s'en sont pas privés, loin de là. Enfin, chaque carte possède un coût en poussière, que vous obtenez en les « désenchantant » (celles que vous avez en trop par exemple), et que vous pouvez réinjecter dans la création d'autres cartes. Bien évidemment, chaque carte coûte plus chère que ce qu'elle rapporte, donc il faut gérer à sa collection avec parcimonie. Vous l'aurez compris, s'il est possible de jouer gratuitement à Hearthstone de A à Z, il est conseillé de passer à la caisse si vous voulez être compétitif. Sinon, attendez-vous à de longues heures de jeu et d'économie de pièces d'or. Pour ma part, vu que j'ai commencé dans le tout début du jeu, je m'en suis bien sorti sans dépenser une fortune.

Néanmoins, cette gratuité sur le papier a permis de l'ouvrir à différentes catégories de gens, du joueur occasionnel (je connais des filles qui y jouent, DES FILLES !) au joueur très confirmé, le jeu faisant partie des pontes de l'e-sport (des parties de jeux en lignes visibles sur grand écran lors d'événements spéciaux, les récompenses sont colossales de nos jours), et on ne compte plus les chaînes YouTube de pros à son sujet. C'est cette dualité qui a été très bien mise en œuvre par Blizzard : il est possible de jouer à Hearthstone tranquillou ainsi qu'en championnat haut niveau. Par ailleurs, le style graphique un peu cartoon, à la World of Warcraft, et la bande son discrète mais de qualité, ont été très certainement voulus pour plaire à la plupart. Enfin, si l'immense majorité des jeux en lignes permettent de discuter directement avec l’adversaire (et donc de l'insulter), ceci n'est pas possible dans Hearthstone, où seul un système d'emotes est disponible. Tout mignon je vous dis.

 

Les Murmures des Dieux très Anciens

 

La dernière extension est sortie le 27 avril dernier, et porte ainsi le nombre de cartes total à 877 (même si une bonne partie ne sert juste qu'à faire joli). Un chiffre tout à fait honorable pour un jeu qui a seulement deux ans, mais encore bien loin des pontes des cartes à jouer, tels que Magic ou Yu-Gi-Oh (normal vu que tous deux sont issus des années 1990). Au-delà de ce constat, l'extension apporte son lot de nouveautés dont nous reparlerons dans un instant.

Les ajouts de cartes sont répartis en deux catégories : les extensions proprement dites qui balancent un certain nombre de cartes le jour de leur sortie, suivant un thème donné (la première faisait la part belle aux « méchas » par exemple), et les « aventures », qui sont inspirées des anciens donjons de World of Warcraft, et qui correspondent à des duels contre le jeu. À l'issue de ces aventures, vous aurez une vingtaine de cartes en plus. Celles-ci coûtent grosso modo 3 500 pièces d'or ou 18 euros. Malheureusement, vu le temps qu'il faut pour rassembler 3 500 pièces pour le commun des mortels, l'utilisation de vos euros durement gagnés est pratiquement obligé. La sortie d'une nouvelle extension et d'une nouvelle aventure s'alternent, correspondant à trois lots par an.

Les murmures des Dieux Très Anciens, thème rappelant des notions chères au cœur des joueurs du MMORPG, a pour idée principale « la corruption par les ténèbres ». En plus d'un ajout de 134 cartes, elle relance le jeu dans la mesure où plusieurs de ses mécanismes internes sont modifiés. Pour commencer, un mode de jeu dit « standard » apparaît, qui n'autorise plus l'utilisation de cartes provenant de la première aventure ni de la première extension. Ceci se justifie en grande partie car Blizzard avait vu fort à l'époque, et certaines des cartes étaient vraiment trop puissantes pour le jeu, ce qui les bloquait pour en créer de nouvelles. Chaque année, à partir d'aujourd'hui, les plus vieilles extensions et aventures passeront à la trappe, ce qui leur laisse de la liberté pour créer des cartes qui ne concurrenceront plus forcément en terme d'effets ou de puissances. Celles-ci sont toujours jouables dans le mode dit « sauvage », donc pas de panique, vous pouvez toujours jouer vos anciennes cartes préférées.  Un autre concept intéressant par rapport à cette extension est l'utilisation active d'un des dieux d'où l'extension tire son nom : C'Thun (inspiré du célèbre dieu lovecraftien Cthulhu). Ainsi, certaines cartes jouées pendant la partie le renforce peu importe où il se trouve dans votre deck, et vous n'avez plus qu'à le poser au moment opportun pour tout bombarder. C'est donc un effet actif différé, vous voyez, ça commence à devenir complexe comme jeu !

À cela s'ajoute le fait que l'éditeur a modifié des cartes jugées vraiment trop fortes. Elles se sont donc retrouvées affaiblies, certaines plus que nécessaires, sans réel entre deux. C'est en effet l'un des défauts majeurs de l'équipe de développeurs, ils nerfent (entendez affaiblissent) à la serpe, et des cartes trop stylées ne sont plus bonnes qu'à être jetées après ça (Officier Chanteguerre, on t'oublie pas !). Blizzard avait timidement instauré de nouveaux concepts lors des précédentes extensions, mais nous assistons maintenant à une deuxième naissance pour le jeu. Visiblement, ils ont prévus de voir loin.

 

Des chiffres honorables

 

Ne nous trompons pas, Blizzard a fait quelques erreurs ces dernières années, notamment depuis leur fusion avec Activision. Diablo III est loin des deux premiers opus et les extensions de World of Warcraft sorties depuis ne sont pas à la hauteur de ce qu'était le jeu durant son âge d'or. Le mastodonte qui comptabilisé 12 millions de comptes actifs à son plus haut niveau, stagne à 5 millions aujourd'hui (ce qui en fait encore de loin le leader du marché cependant), un score pourtant plus qu'honorable après 12 ans d'existences. Néanmoins, l'éditeur a déclaré qu'il n'annoncerait plus les chiffres liés aux abonnements, ce qui veut tout dire.

Pourtant, ils ont grandement réussi leur coup avec Hearthstone, qui comptabilise aujourd'hui 50 millions de joueurs, et qui fait partie des jeux les plus joués en tournoi. Bref, essayer, c'est l'adopter.

 

Allez, on se fait une game ? Mon gamertag c'est Alvar#2276. Au plaisir de vous affronter !

 

 


avatar Jeremy le 03/05/2016  -  commentaires

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