Chronique film

X-Men: Apocalypse : un film qui n’est pas à la hauteur de son antagoniste

X-Men: Apocalypse : un film qui n’est pas à la hauteur de son antagoniste

Le dernier film X-Men de Bryan Singer (X-Men, X-Men 2, X-Men Days Of Future Past) est sorti le 18 mai 2016 en France. On y retrouve, entre autres, le Professeur X (James MacAvoy), Magneto (Michael Fassbender) et Raven/Mystique (Jennifer Lawrence) face à l’une des plus grandes menaces de l’univers X-Men, à savoir Apocalypse, interprété par Oscar Isaac.

 


L’Apocalypse selon Singer

 

10 ans après les accords de Paris, une nouvelle menace, plus dangereuse encore que les Sentinelles de Days Of Future Past, fait son apparition. En Sabah Nur/Apocalypse, alias le tout premier des mutants, est réveillé par une secte obscure dont on ne sait rien, et qui est sans importance pour le film. L’agent de la CIA, Moira MacTaggert (Rose Byrne) trouve le caisson dans lequel dort Apocalypse et assiste à son réveil. En Sabah Nur, appelé par ses partisans, sort de son réveil millénaire, prêt à retrouver son trône de maître du monde. Il va alors parcourir le globe et recruter ses quatre « hommes de main » surnommés les quatre cavaliers de l’Apocalypse, avec pour but de provoquer une apocalypse de laquelle seuls les plus forts survivront. De son côté, Raven, et non Charles Xavier, se retrouve à la tête d’une jeune équipe de mutants. Il s’agit entre autre des futurs X-Men que nous avons connu dans la première « trilogie » de Singer (X-Men et X-Men 2). Cette jeune équipe, dont la plupart appréhende encore leurs pouvoirs, va devoir affronter le plus puissant mutant qui ait jamais existé. Dur pour une première mission !

 

Team Apocalypse

 

En Sabah Nur, qui a besoin d’une garde rapprochée (les Quatre Cavaliers), trouve son premier cavalier au Caire, qu’il recrute en utilisant ses pouvoirs. Il s’agit de Ororo Monroe/Tornade (Storm) (Alexandra Shipp) dont à aucun moment du film il n’est mentionné le nom, prénom ou nom de code mutant… Le personnage n’a que peu d’impact dans le long-métrage, et ne sert pas plus qu’à un pansement sur une jambe de bois à Apocalypse.

Ce dernier recrute sa seconde cavalière, Psylocke (Olivia Munn) chez Caliban, et cela en usant tant de ses talents d’orateur que de mutant (c’est ironique !). Son « recrutement » est absurde et sans fondement.

Au-delà de ça, Psylocke est introduite ici pour la première fois à l’univers X-Men. Une introduction ratée pour un personnage dont on ne ressent rien et dont on ne sait rien. Elle semble être là juste pour le clin d’œil au fait que son personnage existe dans les comics et ne témoigne de ses pouvoirs que lors d’un court affrontement décevant contre le Fauve.

Le troisième Cavalier est celui qui, à titre personnel, me donnait envie de me jeter la tête la première par la fenêtre. Je n’aime pas Angel (Ben Hardy) et il est le plus inutile des quatre Cavaliers d’Apocalypse. Il se fait mal mené deux fois dans le film par un Diablo adolescent (Kodi Smit-McPhee), quand bien même il dispose d’ailes en métal. Le fait qu’il rejoigne « les méchants » tient juste du fait qu’En Sabah Nur lui offre justement des ailes en acier. Un mec parfaitement vénal en quelque sorte…

Le quatrième membre du « Apocalypse Crew » est Magneto. Il est le plus terrifiant de ses soldats. Il est trouvé en Pologne où il mène une vie paisible avec sa femme et sa fille dont je n’avais jamais entendu parler. À vous de me dire si ces personnages existent ou pas dans les comics ! Magneto ne peut se cacher et fuir ce qu’il est et, une fois encore, il se voit détester et rejeter l’humanité. Il rejoint donc de plein gré Apocalypse afin d’assouvir sa vengeance sur le monde. Avec Tornade, il est le seul dont le recrutement a un sens.

Apocalypse, de son côté, qui a le don d’augmenter le pouvoir des autres mutants, transforme ses soldats en super-soldats. Magneto dispose alors d’un pouvoir impressionnant capable de détruire le monde. Pour autant, même ainsi améliorés, ses autres cavaliers se font tenir tête par la jeune équipe d’X-Men menée par Raven.

 

Team X-Men

 

De l’autre côté du ring, une équipe de soldats mutants se forme, guidée par Mystique. Ces jeunes gens que sont Jean Grey, Scott Summer et Diablo ont quelque chose comme 17 ans… Ils apprennent encore à maitriser leurs pouvoirs, et leur premier ennemi n’est autre qu’Apocalypse ! Qui est un des personnages les plus mythiques de l’univers X-Men et qui méritait bien sa place dans un troisième épisode d’une trilogie X-Men. Malheureusement, Apocalypse comme ses cavaliers, passent pour des jambons et se retrouvent inefficaces face à une jeune équipe non entraînée formée sur le tas. C’est un peu comme si Captain America tenait tête à Ultron. Ah mais d’ailleurs…

Pour les X-Men, on a donc Diablo/Kurt Wagner, trouvé par Raven en Europe de l’Est. Il se téléporte et il n’y a pas grand-chose à dire sur son rôle et son personnage.

On a également Scott Summer (Tye Sheridan), frère de Havok/Alex Summer que l’on connaît des deux films X-Men précédents. Au-delà du fait que je n’ai pas apprécié son interprète, il faut bien avouer que le personnage est plutôt bien écrit et que sa relation avec Jean est plutôt bien amenée. Il est montré comme puissant et clairement comme le futur leader des X-Men.

Et enfin on a Jean Grey (Sophie Turner) dont j’ai beaucoup apprécié le jeu moi qui, pourtant, ne regarde pas Game of Thrones. Et qui est pour le film une sorte de pièce maîtresse pour les gentils.

L’équipe des X-Men est ainsi montrée comme puissante à contrario des Cavaliers qui, normalement surpuissants, sont en réalité assez inefficaces. Hormis Magneto qui est incroyablement balaise ! Cela donne l’impression que les adversaires des X-Men sont trop faibles, et cela ne leur rend pas justice. En termes de « puissance », le film est clairement mal dosé entre les adversaires. Même Charles Xavier a le droit à son affrontement perso contre Apocalypse. Une scène bien faite esthétiquement, mais peu utile, et qui n’est là que pour donner du temps d’antenne et essayer de donner un peu de « badassitude » à Xavier. C’est à la fois une bonne idée mais, comme pour tout le film, c’est assez mal amené et mal montré.

 

Un film apocalyptique ! Et décevant…

 

Du point de vue la mise en scène et de la photographie, il n’y a rien de spécial. Quelques séquences sont très belles mais peu originales. La bande son à contrario est très bonne. Mention spéciale pour The Four Horsemen de Metallica que l’on entend lors du « recrutement » d’Angel. J’adore !

Pour ce qui est du montage c’est… apocalyptique ! Le film est brouillon et enchaîne des scènes qui gênent à la bonne lecture du film. Il y a également tout le passage avec Stryker et Wolverine/Arme X qui est inutile. À moins que cette scène n’était là pour dire : « regardez, on a Wolverine dans le film ! »… Ça doit sûrement être ça…

Mais pire que tout, la lutte finale entre les X-Men et Apocalypse et ses sbires est ratée et parfaitement anecdotique. En fait, Apocalypse est plutôt bien mis en avant, relayant ses acolytes au rang de figurants... Le film dans sa globalité est assez mou et les scènes de combat manquent d’intensité. On ressent pourtant bien la puissance d’Apocalypse et de Magneto (et de l’arme mystère des X-Men). Le film est visuellement très réussit pour ça.

La scène avec QuickSilver est très drôle et très réussie, mais aussi trop longue. L’humour est bon, et on a même le droit à une bonne dose de violence gratuite avec Wolverine. Une très bonne séquence quoiqu’inutile pour le scénario comme dit un peu plus haut. Le film regorge en fait de bonnes idées, mais toutes – ou presque - sont mal traitées. Et surtout, on a ce sentiment d’un antagoniste mythique complètement méprisé ! Snif…

 

« Le troisième, c’est toujours le pire » … ?

 

… ironise Jean Grey en sortant du cinéma. Elle et ses amis mutants sont allés voir Le Retour du Jedi et donnent chacun leur avis sur la trilogie de George Lucas. Par-là, le film de Singer parle évidemment de lui-même et de sa place dans la trilogie inaugurée par X-Men: Le Commencement.

Ce troisième volet, qui n’est pas le pire de la trilogie à mon sens, est clairement une sorte de conclusion, avec ses flashbacks notamment, qui permet également de montrer la création des X-Men comme on les connait dans les premiers films réalisés par Singer.

Mais faire affronter une équipe d’X-Men déjà formée et composée (et donc connue du public) de mutants entraînés aurait été un choix judicieux face à un adversaire comme Apocalypse. D'autant que l'introduction de tous ces nombreux et nouveaux, pour certains, personnages, contribue à rendre le film brouillon et confus. Lancer une équipe d’X-Men, ceux que l’on a connus dans la première trilogie X-Men donc, sur l’affrontement contre En Sabah Nur fait passer ce dernier pour un pinpin, un amuse gueule. Et cela ne rend pas hommage à ce personnage cultissime. D’une certaine manière, ça aurait été comme créer les Avengers avec un ennemi comme Thanos. Et là, le film a le même effet qu'un Age Of Ultron : il donne envie d’en réécrire le scénario.

Utiliser En Sabah Nur pour clore la trilogie était une bonne idée en soit, à condition que sa fin ne fût pas aussi subite qu’inattendue, qu’incroyablement incongrue et décevante… Quoiqu’assez surprenante et devant introduire un personnage encore plus puissant que lui.

Le film ressemble à un beau brouillon dont le scénario et l’écriture des personnages ne sont pas assez travaillés. Il se perd ainsi entre la fin épique d’une trilogie X-Men et l’introduction d’une nouvelle équipe dont on n’aura peut-être pas le droit de revoir dans une suite. L’effet que cela donne est assez déconcertant et décevant. C’est un film qui n’est pas à la hauteur de son vilain, qui ne lui rend pas hommage.

 

Et ça, c’est ce qu’on appelle dans le jargon de la merde !

 

 


avatar Roman le 24/05/2016  -  commentaires

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