Revue série

House of Cards, saison 04 : Les Underwood à l'assaut du monde.

House of Cards, saison 04 : Les Underwood à l'assaut du monde.

Commençons par le plus important, c'est-à -dire par  ma vie. De base, je n'ai rien contre les séries où ça parle plus qu'autre chose, je veux dire, j'ai tâté Breaking Bad, The Wire et certaines autres séries s'inscrivant dans le même registre. Il est vrai que, pourtant, je ne me serais pas tourné vers House of Cards de manière naturelle si je n'y avais pas été incité. Les séries politique, voilà voilà quoi. Et pourtant, j'avoue que comme beaucoup de monde, les intrigues ayant lieu au sein de la Maison Blanche ne m'ont pas laissé de marbre. Même si quelque fois je rechignais à regarder un épisode, il s'avère que cette série arrive somme toute à nous faire plonger dedans. Après, quelques fois, je ne comprenais pas tout. Mais hé, je ne suis pas Einstein !

Enfin bon, nous sommes là pour parler de la quatrième saison. Pour une critique du reste de la série, c'est ici que ça se passe.


 

Une saison pleine de fraîcheur !

 

Rien ne va plus pour le Président des États-Unis ! Et oui, déjà dans la saison 03, Franck avait fort à faire pour garder une certaine crédibilité. Lui qui avait orienté tout son programme autour de son projet « America Works », l'imposant tel un dictateur, a dû admettre que malheureusement, celui-ci ne faisait pas l'unanimité. Au cours de ladite saison, la liste de ses alliées diminue. Il doit lutter à la fois contre les Russes et contre Heather Dunbar, une candidate potentielle à la Maison Blanche, réputée incorruptible. Mais c'est à la toute fin qu'il créé celle qui peut être son pire ennemi : Claire  Underwood, sa femme, la seule personne au monde que Franck respecte un tant soit peu, décide de la quitter (en même temps, il lui avait vraiment mal parlé).

La saison 04 va ainsi se diviser en deux parties : les premiers épisodes vont se concentrer sur la rivalité entre les deux époux, tandis que la seconde va plutôt être dans le ton des saisons précédentes, c'est à dire « Eux v. The World ». Évidemment, il est brillant de la part des scénaristes d'avoir tourné leur relation amoureuse, et globalement soudée, en rivalité. D'un côté nous avons Franck qui veut se faire réélire Président (enfin, se faire élire pour de vrai vu qu'il n'a jamais été élu, - « this is how democracy works » dit-il à un moment -), et de l'autre nous avons Claire qui veut obtenir un siège au Congrès et qui donc fait sa petite campagne de son côté. Le problème étant que Claire est plus populaire que son mari, et que ce dernier va sans arrêt essayé de la ramener dans son giron.

Force est d'avouer que même si Claire s'en sort relativement bien dans ce combat, assistée qu'elle est par sa mère, interprété par l'incroyable Ellen Burstyn, ce vieux roublard de Franck a toujours un temps d'avance sur elle. On le sait tous, Franck Underwood est depuis bien longtemps le plus vicieux requin de la planète.

En milieu de saison, un élément va bouleverser tout ce petit tableau : le Président des États-Unis se fait tirer dessus par Lucas Goodwin, celui-là même qu’il a réussi à piégé et a envoyé en prison deux saisons plus tôt. Frustré de ne rien pouvoir faire pour prouver le meurtre de Zoé Barnes par Franck, il décide de faire justice lui-même. Évidemment, ça rate (sinon il n'y aurait plus de série), mais un personnage emblématique, cher au cœur de Franck, en profite pour disparaître.

Après quelques épisodes de transitions, les Underwood se rabibochent, alors qu'un nouveau rival apparaît à la candidature suprême pointe son nez de beau gosse : Will Conway, joué par Joel Kinnaman. Et effectivement, ça craint pour les Underwood, car le mec est un vrai golden boy, a une jolie petite famille (et une jolie petite femme ouais), il est connecté, et l'un de ses potes est le créateur du Google de la série, donc à lui les données privées des votants, ce qui est toujours pratique. Cependant, Claire et Franck ne vont pas se laisser abattre, et se jurent à eux-mêmes de les détruire. Ni plus, ni moins. En sous-intrigue, le journaliste Tom Hammerschmidt, flairant le coup fourré par rapport à Franck, commence à enquêter sur ce dernier. Le coincera-t-il ? Le mystère reste entier ! Enfin, s'ajoute à tout ce bordel les russes et une organisation ressemblant fortement à notre État Islamique (les épisodes les concernant sont vraiment très bien d'ailleurs), rajoutant de la pression sur l'épaule de ce pauvre Kevin Spacey.

 

Un casting réaliste, et un peu effrayant

 

Les personnages évoluent pas mal dans cette dernière saison, dans un sens ou dans l'autre. Claire est à présent aussi importante que Franck dans l'univers de la série, même si c'était déjà grosso modo le cas auparavant mais en peu moins officiel – d'ailleurs l'actrice Robin Wright a négocié récemment le même salaire que Kevin Spacey – et devient un personnage à part entière. On en apprend bien plus sur elle au sein de cette saison que dans les trois autres réunies. Cela tient en partie du fait que sa mère fait son apparition, jouée par une actrice qui gère du pâté, Ellen Burstyn donc. Vous ne voyez pas qui c'est ? Souvenez-vous de la mère dans Requiem for a Dream, vous la remettez ? Avouez qu'elle possède un indéniable talent d'actrice. Son personnage mènera à l'un des moments un peu tendus de la série. L'autre palme revient à Tom Yates, l'écrivain chargé d'écrire la légende Underwood, interprété par Paul Sparks, que vous avez peut être vu dans Broadwalk Empire, qui même si il n'apporte pas un jeu aussi ouf que Spacey, a gagné le prix du capital sympathie. Le gars est toujours tranquille, à l'aise, se place comme il faut dans toutes les situations, et est un rare des rares personnages n'étant pas un politicien. En plus, il arrive à faire craquer Claire, ce qui est plutôt admirable connaissant la donzelle. En résumé, c'est mon personnage préféré, et il apporte une réelle bouffée d'air frais à tout ce monde de mafieux au pouvoir. Pour le reste, le nouveau venu Joel Kinnaman est un rival crédible, il manque éventuellement d'un poil de roublardise, mais est suffisamment malin pour gêner Underwood. Enfin, Douglas Stamper, joué par Michael Joseph Kelly, est toujours d'une rigueur irréprochable, et nous montre encore un jeu d'acteur sans fausses notes, toujours un peu teinté d'ambivalence côté sombre/côté lumineux. Il reste dommage cependant que ses émotions ne ressortent pas plus comme c'était le cas dans la saison 03.

 

*Bruit d'une chevalière que l'on tape deux fois sur du bois*

 

Plusieurs bons points à porter au crédit de cette saison 04. Avant toutes choses, je dois avouer que c'est pour moi ma saison favorite depuis la première. La seconde était un peu poussive, avec ses histoires de conflits d’intérêts avec les chinois, et de crêpage de chignon contre le milliardaire Raymond Tusk. Tandis que la troisième, un poil au-dessus de la seconde, nous à balader pendant douze épisodes avec le projet « America Works » et les problèmes liés aux russes. Évidemment, c'était plus complexe que ça mais c'était en très large les « plots » principales des scénarii. Attention, je ne dis pas que ces saisons étaient mauvaises, House of Cards est une excellente série no matter what, mais la quatrième rehausse largement le niveau. Par ailleurs, il se passe vraiment énormément de choses dans ces quelques épisodes, et on a du mal à croire que deux épisodes aux scénarii si distincts (mettons le premier et le dernier par exemple) soient en fait issues de la même saison. Il est plaisant de voir Claire en antagoniste principal de Franck l'espace de quelques épisodes. Le mec est en effet tellement filou que sa femme est bien la seule personne à pouvoir le déstabiliser en one v. one. Le fait aussi que Franck aiT à un moment des « problèmes de santé » pendant quelques temps (SUSPENS), a permis d'éloigner Kevin Spacey des caméras, pour nous montrer que la série peut à présent tourner sans lui à toutes les sauces (mais pas ad vitam æternam bien évidemment). En bref, une saison donnant un souffle nouveau à la série, qui évite ainsi de s'embourber (Dexter, je te vise directement) au risque de provoquer la lassitude du spectateur. Bien que véridique, ce constat n'enlève pas le fait que finalement, les faits restent les mêmes que deux saisons plus tôt. Franck, Claire à ses côtés, a bien du mal à garder à flot sa popularité et ses alliés près de lui. En même temps, il est déjà Président des États-Unis, comment pourrait-il avancer plus ? Nous le saurons certainement dans la cinquième saison, qui sortira l'année prochaine, toujours sur Netflix.

 

Allez, et n'oubliez pas : votez pour le candidat qui passe le mieux à la télé!

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avatar Jeremy le 02/06/2016  -  commentaires

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