Revue série

Stranger Things : l’absolue beauté revisitée des 80’s.

Stranger Things : l’absolue beauté revisitée des 80’s.

Vous avez dû le lire ici et là (pour ne pas dire partout), Stranger Things a été LA série de cet été ! Ce fût une surprise pour certains, une forme de certitude pour d’autres. En ce qui me concerne, ça a été un peu des deux.

Dès que j’ai découvert le premier trailer, complètement par hasard sur la chaine YouTube de Netflix, je me suis dit que ça, « ça allait être de la bombe ». Je n’avais d’ailleurs pas manqué de le partager sur notre page Facebook tant j’avais été happé par l’ambiance qui émanait de ces quelques minutes. Je m’attendais donc à ce que ça me plaise, mais je n’aurais jamais pu espérer que ça plairait autant !


Bon, c’est un secret de polichinelle, mais tout ce qui (re)vient des 80’s (et même un peu avant/après) des États-Unis est à la mode. Kavinsky dans la musique, et Super 8 pour le cinéma, sont deux gros exemples de ça. Bien sûr, il existe bien d’autres choses qui vont chercher plus loin que ces deux citations, mais il n’empêche que ce sont certainement les deux plus grosses itérations, dans leurs genres respectifs, de ces dernières années. Maintenant, on peut rajouter Stranger Things dans le genre série.

Quoiqu’il en soi, qu’elle ait été – ou du moins soit – un tel phénomène représente une énorme satisfaction pour tout amoureux de cette glorieuse époque de la culture du cinéma, de la série, de la musique (américaine) ! Mais… pourquoi au juste ?

 

Des gamins TOUT. SAUF. CONS ! Et un casting aux petits ognons !

 

Beaucoup de gens admirent voire adulent les personnages dits « adultes », notamment Joyce Byers ou encore le Chief Jim Hopper (interprétés respectivement par Winona Ryder et  David Harbour), et à raison, car tous deux sont excellents de leurs rôles, tout comme le reste du casting adulte (citons notamment le professeur Clarke (interprété par le funky Randall P. Havens), ou encore feu Benny Hammond (porté à l’écran par l’attachant Chris Sullivan), éliminé bien trop tôt de la série).

Mais le tour de force de la série est de proposer au spectateur de découvrir sous un autre jour l’enfance (certains diront la préadolescence voire l’adolescence), et sa transformation vers l’âge adulte.

Pire – enfin mieux ! -, le GRAND tour de force de Stranger Things est surtout de découvrir, de constater, qu’il se cache dans l’enfance autre chose que de la superficialité, de la méchanceté, et autres clichés des plus convenus dans bien des médias. Comme une autre forme d’âge adulte, littéralement et véritablement mature (il suffit d’allumer la télé ou de sa balader dans la rue pour constater que n’est pas adulte qui veut).

C’est grâce à l’écriture très fine des personnages, et aux performances des acteurs que sont Finn Wolfhard (Mike Wheeler), Millie Bobby Brown (Eleven), Gaten Matarazzo (ce bon vieux Dustin Henderson), Caleb McLaughlin (Lucas Sinclair) et Noah Schnapp (Will Byers, ne l’oublions pas celui-là), que cela se ressent autant !

Leur fragilité, leur détermination, le fil infaillible de l’amitié sont autant de facteurs visibles à l’écran, n’ayant de cesse de renforcer ce sentiment total d’authenticité de la série !

On peut également parler du groupe d’adolescents que forment Nancy Wheeler (Natalia Dyer), Jonathan Byers (Charlie Heaton), Steve Harrington (Joe Kerry), Carol (Chelsea Talmadge) et Tommy H. (Chester Rushing), et, ne l’oublions surtout pas, Barbara (Shannon Purser), et du triangle amoureux de ces trois premiers, mais bien qu’intéressant, ils ne forment pas le sel de la série, d’autant plus qu’ils reposent bien plus profondément sur des stéréotypes du genre (le freak de la petite ville aime secrètement la jolie jeune fille brillante qui aime le garçon le plus cool du lycée, mais en même temps bla bla BLA !).

Bref, tu l’auras compris, le truc de Stranger Things, c’est son casting !

 

Une bande son elle aussi aux petits oignons (ou ognons, c’est comme tu préfères) !

 

Ce qui capte instantanément dans Stranger Things, c’est la grande place, et surtout l’immense maîtrise de la musique !

Instantanément donc, le générique de la série, et son morceau éponyme, sont devenus cultes ! Outre ce point d’ancrage extraordinairement fort, l’intégralité de la bande-son est au top, que ce soit le choix des morceaux dans la série (de Joy Division à The Clash, en passant par l’extraordinaire fin de l’épisode 3 sur la reprise de Heroes de David Bowie par Peter Gabriel, etc.) comme la bande-originale composée par S U R V I V E, groupe texan nous venant d’Austin, dont on attend de pieds fermes le prochain album à paraître le 30 septembre prochain. Chaque instant de la série a son équivalent sonore, renforçant à chaque fois de manière parfaite l’impact de l’image, l’émotion ou la volonté à retranscrire un sentiment.

 

Lovecraft, King… DEMOGORGON !

 

Ça paraît assez simple dit comme ça, mais vraiment faire flipper le spectateur n’a rien d’évident. Il y a, en gros, le bon jump scare et le mauvais jump scare, un peu comme il y a le bon chasseur et le mauvais chasseur si tu vois ce que je veux dire.

Ce que Matt et Ross Duffer sont parvenus à faire dans Stranger Things relève du talent le plus pur qui soit. Clairement, le sentiment que la « chose » qui rôde dans les rues de Hawkins puisse apparaître et agir à l’écran est palpable en permanence. Et les quelques rares apparitions d’elle au début de la série sont réellement surprenantes et terrifiantes ! On se met alors à scruter l’hors champ, ou bien la petite feuille qui a bougé dans le fond de la forêt, en priant pour ne pas voir apparaître une ombre étrange… Et ce, quel que soit l’endroit, le moment, ou le personnage que l’on suit. Des choses des plus étranges en effet…

 

Presque parfaite.

 

Stranger Things n’est pas parfaite. Certaines choses, rares, lui nuisent un peu, sans même que l’on cherche la petite bête. Il y a bien évidemment le chapitre de la disparition de Barbara, extrêmement controversé, autant que celui de Benny, qui n’a pas eu autant d’égards. Le sort du Docteur Brenner (Matthew Modine) est également un peu simpliste et aurait mérité un peu plus de développement.

Et c’est en ce sens que l’on arrive à l’un des points noirs de la série : son dénouement. À rallonges et dans le même temps un peu expédié, celui-ci ne clôt pas vraiment cette première saison, ne faisant que la laisser en suspens.

On peut également citer le comportement un peu difficile à avaler de Nancy lors de sa recherche de la « chose ». Il est très difficile de croire qu’un personnage, fille ou garçon, adolescent ou adulte, s’aventure seul(e) dans le tronc d’un arbre déglutinant d’une substance étrange et faisant un son sourd, en pleine nuit.

Et puis il y a la « chose », qui se voit malheureusement dotée de son plan à chaque épisode, comme une mauvaise habitude, une obligation, là où la suggestion aurait été un bien meilleur choix.
Il y a bien d’autres choses encore (le plagiat de Under The Skin, un certain manque d’originalité de la part de la série qui reprend énormément de codes du genre sans en inventer vraiment, etc.), mais tu as compris l’idée : c’est chipoter, car Stranger Things, c’est de la bombe !

 

En deux mots (comme la série)…

 

REGARDE-LA !

 

 


avatar Maxime le 15/09/2016  -  commentaires

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