Chronique série

Mr Robot, saison 02 : l’après-coup.

Mr Robot, saison 02 : l’après-coup.

Souvenez-vous, à la fin de la première saison, la fsociety avait finalement mis à l’œuvre son plan, en hackant la base de données d'ECorp pour libérer des millions d'américains de leur endettement (moi je suis pour !). Elliot s'était réveillé sans aucuns souvenirs de l'opération, et s’interrogeait sur la disparition de Tyrell Wellick, qui avait finalement quitté Ecorp pour rejoindre le jeune hacker. La première étape du plan était achevée, avec son lot d'interrogations quant à la suite. Une deuxième saison était plus que bienvenue. Celle-ci s'est terminée le 21 septembre dernier. Screenbreak, toujours à la page m’voyez !

 


Un entremêlement d’intérêts à New York City

 

Cette nouvelle fournée d'épisodes nous offre un schéma bien moins classique que celui de la première saison (si tant est que cette histoire de pirates informatiques qui veulent changer le monde soit vraiment considérée comme « classique »). Les premiers épisodes sont pour le moins étranges, et on a du mal à comprendre où la série veut nous emmener. Ce n'est que bien plus tard que tout s'éclaircie finalement, et on se dit que décidément, les scénaristes sont des génies. Nous retrouvons donc Elliot chez sa mère, vivant reclus de toute activité terroriste. Son combat à lui, maintenant, est de réussir à s'extirper Mr. Robot de la tête. Ce dernier tente tout pour pousser son alter ego à reprendre les opérations, mais Elliot s'impose une routine bien rodée pour ne pas laisser son défunt père imaginaire reprendre le contrôle. Dans le même temps, Darlene a pris la tête de fsociety en l'absence de son frère, tandis qu'une agent du FBI, Dominique DiPierro se penche sur leur cas.

De manière général, alors que la première saison était pas mal centrée sur le duo Elliot/Mr. Robot ainsi que sur Wellick, celle-ci fait la part belle aux intérêts des différents groupes impliqués dans cette affaire. La caméra fait un zoo arrière et s’intéresse aux conséquences des ravages causés à la société capitaliste par la fsociety en nous montrant comment réagissent ceux qui sont les premiers concernés. Ainsi, nous avons donc l'apparition du FBI (en général c'est plutôt « serious shit » tmtc), tandis que la Dark Army, alors seulement évoquée comme un groupuscule mystérieux, apparaît plus sur le devant de la scène, notamment via « White Rose ». Cette dernière (ou ce dernier ?), a d’ailleurs des contacts de plus en plus fréquents avec ECorp. Angela, elle, joue sur plusieurs tableaux, faisant un peu office d'agent double entre la fsociety et ECorp, si bien que l'on a parfois du mal à savoir quels sont ses véritables objectifs. Quelques scènes sont attribuées à la femme de Wellick, mais leur importance tient surtout sur le fait qu'elle s'interroge – et nous aussi – sur la disparition de son mari. Au-delà de cet aspect, sa petite vie n'est pas très intéressante. Reste enfin Wellick lui-même, qui demeure l'absent de cette saison, entretenant avec ça le mystère de sa survie, et ce qu'il s'est passé la nuit du piratage. Enfin, Darlene prend la tête ce qui reste de la fsociety, mais elle est un peu tête brûlée contrairement à son frère, ce qui lui attire des problèmes, notamment avec le FBI.

Évidemment, cette surenchère de personnages et d'intrigues fait que le rôle d'Elliot s'efface un peu pendant une bonne partie de cette saison. À vrai dire, on même du mal à trouver ses premiers moments à l'écran palpitants. Ils sont logiques oui, mais loin de faire rêver. Ce n'est que quand le rideau s'ouvre que l'on est agréablement surpris. La relation qu'il entretient avec son alter ego est très réussie, basée à la fois sur le rejet, un désir d’ascendance de l'un envers l'autre, et parfois, de soutien.

Bref, au milieu de tout ça, il faut s'accrocher, mais l'intrigue, les enjeux, sont tellement énormes, qu'on brûle de savoir comment tout ça finit.

 

Une série novatrice sur pas mal de points !

 

La réalisation s'est agréablement lâchée sur cette saison. Le truc qu'ils ont eu pour cela, c’est la folie d'Elliot qui permet tous les désirs sous l'excuse du « c'est dans sa tête ». L'épisode 06 est ainsi vraiment bien foutu, et nous montre qu'il y a un certain génie derrière les petites mains qui chapeautent le show. Dans le même genre d'idées, les hallucinations du jeune homme permettent d'une part des plot twists de folie, mais aussi nous demander si certains personnages ou certaines actions sont réelles. En quelque sorte, nous partageons son affliction.

Les acteurs, la plupart des anciens de la première saison, restent dans leur ligne de conduite. Christian Slater laisse parler plus d'une fois ses émotions, se donnant corps et âme pour la série (c'est l'un des producteurs en même temps donc ce serait bête de sa part de faire autrement). Les quelques nouveaux comme Grace Summer (la fille de Meryl Streep d'ailleurs), qui interprète DiPierro, joue une agent du FBI pro et maligne, quoiqu'un peu bordélique, est parfaite pour l'affaire à laquelle elle est confrontée. Enfin, forcément, Rami Malek rentre encore plus dans son personnage, de plus en plus confronté à la folie. Elliot ne serait pas le même sans son jeu d'acteur, et il a d'ailleurs récemment gagné un Emmy Award pour cela. La seule chose que l'on pourrait reprocher au casting est la palette d'émotions qui se compose de peu d'expressions joyeuses, mais cela tient plus au scénario de la série qu'à la qualité des acteurs. Ces expressions sont renforcées par des gros plans sur leur visage durant les dialogues, comme si nous étions en train de leur parler.

Enfin, la bande son est comme d'hab, au poil, renforçant les moments d'angoisse quand cela est nécessaire, ceux-ci se terminant de temps en temps par des morts violentes !

 

S03?

 

Mr. Robot, en l'espace de deux saisons, n'est imposée comme un pilier des séries du moment, étant déjà presque un classique, un « must have seen », la plus underground des séries à la mode. Parfait si vous voulez vous la jouer hipster. Évidemment, la série va rempiler pour une troisième saison, et, fait du jour plutôt hallucinant, elle passe sur France 2. La même chaîne que Motus et autre conneries du genre. Les mecs ont compris qu'il fallait renouveler la télé, mais c'est déjà trop tard les gars !

 

Allez, je m’en vais installer Tor !

 

 


avatar Jeremy le 04/10/2016  -  commentaires

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