Chronique série

Fear The Walking Dead, saison 02 : escapade mexicaine.

Fear The Walking Dead, saison 02 : escapade mexicaine.

La deuxième saison du spin-off de The Walking Dead s’est déroulée du 10 avril au 02 octobre 2016, avec une interruption entre le 22 mai et le 21 août 2016. La série créée par Robert Kirkman et David Erickson revient aux premiers temps de l’apocalypse zombie (dans les années 2009-2010), avec de nouveaux personnages et de nouveaux lieux.

 


En eaux troubles

 

Cette deuxième saison prend la suite directe de la première et raconte la suite des aventures de Travis et Maddison, de leurs enfants respectifs, de Daniel, de sa fille Ofélia et de Strand. Ces derniers décident de prendre la mer à bord de l’Hermione tandis que San Diego est brûlée au napalm.

Malheureusement, leur escapade maritime va vite ressembler à un parcours périlleux jusqu’à la terre promise, à savoir le Mexique. Ils rencontrent en effet des survivants pas très sympathiques et des gardes de côtes corrompus (sans oublier les rôdeurs qui traînent sur les côtes). Autant de personnages malheureusement inintéressants et de situations qu’on aura rapidement oublié parce qu’elles aussi inintéressantes. Pour autant - et ça c’est intéressant -, les protagonistes se retrouvent à devoir jouer les immigrés clandestins en fond de cale. La série joue-là sur le thème très d’actualité de l’immigration pour en inverser les rôles. Ce n’est en effet pas une migration Sud/Nord mais bien Nord/Sud. Cela ne dure que le temps d’un épisode, d’une scène même, mais c’est réussi, et le propos est cohérent et intelligent. Pour le reste, cette première partie de saison (dont Alison vous avait touché quelques mots) est assez décevante et beaucoup de protagonistes sont toujours aussi chiants (à l’exemple de Maddison, d’Alicia, de Chris, etc.).

 

Le Mexique !

 

Les héros arrivent donc au Mexique et sont accueillis dans une vaste villa riche de terres agricoles dirigée d’une main de fer par la démoniaque Célia. Cette partie de la saison est à mon sens clairement ratée et inutile, notamment parce qu’on y retrouve trop de points communs avec la saison deux de The Walking Dead. Je m’explique. Les personnages vivent grosso merdo dans une ferme (abondance de nourriture, calme de la nature et sécurité, comme dans la ferme d’Hershell) dirigée par un personnage très religieux qui pense que les zombies ne doivent pas être tués (comme Hershell). Dans cette villa sont maintenus enfermés de nombreux zombies qui sont des proches des personnes habitant la villa (comme dans la grange de la ferme d’Hershell) et à la fin tout part dans les flammes et les personnages sont séparés (comme dans The Walking Dead après que la ferme d’Hershell ait brûlé)... Voilà.

 

Enfin le Messie !

 

Les protagonistes sont dès lors une nouvelle fois séparés - ce qui n’est pas inhabituel puisque cela arrive au moins une fois par saison -. Mais ça donne l’occasion à la série de se relancer après une pause printanière en consacrant quelques épisodes à quelques personnages plutôt qu’au groupe entier. Ainsi, le huitième épisode concerne Nick (personnage le plus intéressant de la série et qui est également le mieux interprété) qui se retrouve encore dans une communauté mexicaine dirigée par un leader dont la véritable nature va se dévoiler petit à petit. Un personnage au final intéressant et qui entretient avec Nick une relation de chef-conseiller. Le suivant regarde l’insupportable Maddison, sa fille Alicia, Ofélia et Strand qui trouvent un hôtel qu’ils aménagent comme leur nouvelle maison. Un passage plutôt sympa de la série, avec de bonnes idées de mise en scène et qui a même des allures de Dead Island. Et encore le suivant concerne Chris et son père Travis dont la relation tend à se complexifier. Le père essaye en effet de préserver l’humanité de son fils alors que celui-ci devient un être sans remords qui n’hésite pas à tuer son prochain. L’évolution du personnage de Chris est intéressante même si l’acteur qui l’interprète n’est pas toujours très convaincant. De plus, il s’agit d’un thème déjà abordé à travers la relation Rick-Carl dans la série mère. On n’oublie pas de parler de la petite phrase de Travis qui fait évidemment référence à Rick Grimmes et à son projet de reconstruire la civilisation. Un clin d’œil sympa qui rappelle que l’enjeu le plus important se passe dans The Walking Dead.

 

Se méfier des Hommes

 

Fear The Walking Dead, saison 02, prend déjà le parti-pris que ce ne sont pas les rôdeurs le véritable danger mais bien les autres humains. Avec la surexploitation de la technique du « se recouvrir le corps de sang de zombies », les protagonistes et leurs alliés n’ont rien à craindre des walkers. Une astuce qui était impressionnante dans TWD mais qui devient lassante et banale dans FTWD. Le fait est que c’est une technique qui serait très utile « en vrai » et qui serait certainement aussi souvent usitée, mais qui est, en termes de narration, redondante et ennuyante. Fin de la parenthèse.

Cette fin de saison en deux épisodes montre bien que la complexité de ce nouveau monde apocalyptique tient dans les relations entre les survivants. Fonder une communauté, mettre en place des règles, les respecter ou non, attaquer les autres, se défendre, fuir, etc. Autant de choix qui ne prennent jamais vraiment en compte les rôdeurs qui apparaissent dangereux mais pas problématiques (paye donc le FEAR du titre).

Et comme à son habitude, le season finale voit l’un des protagonistes mourir. Et quand on découvre de qui il s’agit, on se dit que le sort s’acharne sur certains et que d’autres sont biens chanceux. Un hasard, une fatalité, ou un destin diraient certains, souvent cruel, arbitraire, et qui est monnaie courante pour ce nouveau monde chaotique.

 

Rien de plus qu’un spin-off

 

Si la première saison était originale de par son sujet (les touts premiers temps d’une épidémie zombie), il faut bien avouer que sa suite tend à donner dans du Walking Dead bas de gamme, avec des personnages moins biens écrits et un casting bien moins convaincant.

Pire encore, beaucoup de sujets traités sont identiques entre les deux séries : la famille, la relation père-fils, le principe de trouver un nouveau chez-soi et de fonder une colonie, de fonder une nouvelle communauté (puis de partir car elle n’est plus safe !),  la religion, se méfier de l’Homme plus qu’autre chose, etc.

En somme, on tourne en rond et c’est assez désagréable. Pour autant, la seconde partie de la saison (des épisodes 8 à 15) est un peu meilleure car mieux réalisée, mieux écrite et plus intense. Mais vous le savez, l’univers The Walking Dead rime avec intensité. C’est donc cohérent sans que ce ne soit non plus une preuve d’originalité scénaristique.

Cette saison, aussi bizarre que cela puisse être, m’a au final plu même si elle ne transcende pas son statut de spin off (à la différence de la saison 01 je trouve). On peut la voir comme un extra pour ceux qui voudraient un peu plus de The Walking Dead... comme moi en fait !

Pour ce qui est de la saison 03 - car il y en aura une ! -, elle se déroulera aux États-Unis. Il s'agira pour Madison de retrouver son fils Nick tombé aux mains de militaires vraisemblablement peu sympathiques. Ce cliffhanger de fin de saison n'a rien d'exceptionnel sans être non plus mauvais. La série prend son rythme de croisière sans nous tenir au ventre comme TWD sait si bien le faire.

 

Et vous, qu’est-ce que vous avez pensé de cette saison ?

 

 


avatar Roman le 10/10/2016  -  commentaires

commentaires

Commentaire ajouté avec succès