Chronique film

Miss Peregrine et les enfants particuliers : un film pour enfants, mais qui passe.

Miss Peregrine et les enfants particuliers : un film pour enfants, mais qui passe.

N'ayant pas vraiment pour habitude d'aller au cinéma, la sortie ciné du Dimanche soir a été pour moi une expérience à marquer d'une pierre blanche. Une fois, de temps en en temps, je me rue dans ces antres obscurs, mes mains avides grignotant du pop-corn sous les coups de boutoir d'un son maxi numérique. En général, j'y vais surtout pour les films de grandes franchises comme Star Wars, les films Marvel ou Warcraft (oui ça compte). Cependant, la dernière fois, je suis simplement allé voir le dernier Tim Burton. Alors qu'en est-il ?

 


Une histoire qui est quand même un peu captivante

 

Mis à part avoir croisé la tête d'Eva Green (l’une, si ce n’est la plus belle femme du monde selon Maxime avec Sarah Barthel dont il vous parlera Jeudi) sur les arrêts de tram, je n'avais pas du tout entendu parler de ce film. Les étoiles se trouvèrent pourtant alignées pour nous motiver, ma douce et moi, à tenter l'aventure. Plusieurs raisons à cela : le film ressort du lot vis-à-vis des productions du moment (Les Sept Mercenaires avait l'air tentant mais semblait surtout composé de * pan pan *) et l'internet lui donnait de bonnes critiques. En plus, Eva Green et moi-même entretenons une histoire particulière depuis que je l'ai vu à moitié nue dans le deuxième – et très moyen – film de la franchise 300, et surtout dans la très bonne série aux histoires sombres tortueuses qu'est Penny Dreadful, dont j'aurais l'occasion de vous parler. Miss Green étant une bonne actrice, et une des françaises ayant réussie à Hollywood, je savais qu'au moins, elle ne me décevrait pas, et serait là comme un phare dans la nuit.

Bref. L'histoire suit Jake, un adolescent qui galère un peu dans la vie, mais qui a un grand-père comme on aimerait tous avoir : un ancien aventurier, qui lui raconte toutes sortes d'histoires fabuleuses, notamment celle de l'île aux enfants qui disposent de toutes sortes de dons. Le jeune homme, tant bien que mal, croit à ses récits malgré les remontrances de sa famille et la vie suit son cours. Un jour qu'il rentre chez lui, il trouve son grand père mort, avec au loin l'ombre d'une abominable créature qui s'éloigne. Ses dernières paroles lui enjoignant tant bien que mal de trouver cette fabuleuse île où se trouve ces créatures (oui les enfants sont des créatures pour moi), le jeune homme n'hésite pas une seule seconde et s'envole vers l'inconnu et au-delà.

Sans dévoiler tout le scénario du film, il arrive à trouver l'endroit où les enfants et leur perceptrice vivent, cachés du monde réel. Évidemment, un effrayant danger les guette : un méchant groupe de méchants (bouh les méchants ce n’est quand même pas très gentil) attrape les enfants pour leur dévorer les yeux afin d'obtenir la vie éternelle (véridique). Certains de ces ennemis prennent la forme de créatures dégueulasses à la Silent Hill, les « Hollows », que Jake est le seul à pouvoir voir, faisant un peu office d'élu pour le coup. Des péripéties en entraînant d'autres, les gentils enfants finissent par gagner et tout le monde est heureux à la fin (surtout Jack qui pécho la donzelle du film, le filou).

 

Au moins, il y a de la magie !

 

Bon je vous ai décrit ça comme un conte pour enfants un peu bancal. Sachez qu'en réalité le film, comme le livre – car oui c'est tiré d'un bouquin – vise le public des « jeunes adultes », cette fameuse « Génération Z »comme disent les sociologues. À mon sens, cela nuit à la qualité du film, car celui-ci comporte de très bonnes idées : les gens spéciaux vivent au sein de « time loops » d'une journée qui se répètent en continu pour vivre à l'écart de tous les dangers, chaque communauté est gérée par une femme, une « Ybrine », qui contrôle le temps du coup, et qui se transforme en oiseau, lesdits enfants ont des pouvoirs à la X-Men (le feu, la nécromancie, l'air, l'invisibilité etc.) et les ennemis, les « Wights », sont cohérents dans leurs motivations (et qui ont chacun leur pouvoir particulier car ce sont des enfants qui ont grandis).

Cependant, en termes de scénario, les choses ne sont pas suffisamment creusées : les ennemis meurent à la fin, facilement, et on ne sent que très rarement quelque danger pour les protagonistes. Tim Burton est à la réalisation, et on reconnaît bien là sa patte un peu fantastique, mais très franchement, je ne l'aurais pas su, je ne l'aurais pas deviné : le bonhomme est plus à l'aise dans des films matures, sombres, qui posent des questionnements fondamentaux (Edward est rejeté parce qu'il est différent...). Il s'est essayé auparavant à d'autres films plutôt à destination d'un jeune public, comme Charlie et la Chocolaterie ou Alice au Pays des Merveilles, mais qui n'ont pas été de franches réussites, toi-même tu sais.

Au niveau des acteurs, nous avons donc Eva Green qui joue ici Miss Peregrine, un rôle qui nous rappelle ses habituelles prestations de femme « borderline ». Elle joue de manière convaincante parce qu'elle est douée, mais elle ne restera pas dans les mémoires pour ce personnage, d'autant qu'elle n’apparaît finalement que très peu à l'écran, même si elle a été mise en tête d'affiche. Notons aussi la présence surprise de Samuel L. Jackson, qui joue le rôle de l'antagoniste, Mr Barron. Si ce n'est pas sa prestation la plus marquante, et de loin, il aura pour mérite d'être le personnage le plus mémorable de l’œuvre. Sans être à la ramasse, il a dû prendre ce rôle comme un travail d'appoint en attendant son prochain gros succès. Les autres enfants ne jouent pas si mal mais on ne retrouve rien de transcendant, ils jouent leurs rôles, point. Petit big up à Chris O'Dowd, qui joue ici le père de Jake, connu pour être un des personnages principaux de la série britannique et geek trop bien The IT Crowd.

Enfin, les décors sont jolis et variés, avec tous ces allers-retours entre le présent et le passé, et la bande son sait au moins quand appuyer les moments de tensions, ce qui ma foi est déjà pas trop mal.

 

Un potentiel un peu gâché.

 

En résumé, un film pop-corn avec un potentiel qui aurait pu en vérité le hisser un cran au-dessus. Malheureusement, au vu du public visé, les créateurs se sont un peu contenter du minimum syndical, mais nous pouvons toujours croiser les doigts pour une éventuelle suite un peu plus adulte. Si vous avez des enfants à la maison - bon disons des adolescents vus que les monstres font un peu peur – montrez-leur ce film et vous serez tranquille pour l'après-midi.

 

Allez, je vais aller contempler mon poster d'Eva Green moi !

 

 


avatar Jeremy le 11/10/2016  -  commentaires

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