Chronique musique

Phantogram – Three : la nécessité de l'ordre.

Phantogram – Three : la nécessité de l'ordre.

Si je t’ai parlé de Phantogram au mois de juin dernier, ce n’était pas que parce qu’il s’agit d’un des groupes que j’adule le plus ces dernières années, mais bien parce que j’avais découvert à l’époque que leur dernier album allait sortir un peu après la rentrée.

Dans les bacs depuis Vendredi dernier, ce troisième opus (logique n’est-ce pas ?) est, a posteriori maintenant, à peu près ce que j’attends maintenant d’un troisième LP, à l’instar du "III" de Moderat : un très bon album, mais clairement pas aussi bon que le précédent. En l’occurrence ici "Voices". Je n’irais pas jusqu’à être entièrement d’accord avec Perturbator sur la question, mais il semble qu’il y a bel et bien un truc qui coince en règle générale avec les troisièmes albums.


 

"Three" est ainsi, dans sa plus grande partie, composé d’excellents morceaux, dans la droite lignée de certains des meilleurs de Sarah Barthel et Josh Carter, comme When I’m Small, Black Out Days, ou encore My Only Friend, mais il est également parsemé de choix étranges, voire dérangeants.

L’album démarre énergiquement via Funeral Pyre, une excellente introduction pleine de cette noirceur si élégante et si spécifique au groupe originaire de l’État de New York.

Un ton est donc donné, mais se fait couper en deux au morceau suivant, Same Old Blues. Loin d’être un morceau déplaisant, c’est sa position, son arrivée dans l’album qui perturbe. On embraye alors sur un morceau qui reprend la flamme lancée par l’intro’, You Don’t Get Me High Anymore, véritable coup d’éclat de l’album, alternant des passages vifs et calmes sur un rythme proche d’un bon track de Hip-Hop (merci Big Boi).

Et puis voilà, une fois encore, ce rythme si… Phantogram se voit cassé pour passer sur un down tempo avec Cruel World. Le morceau est loin d’être mauvais, bien au contraire, mais c’est l’agencement qui pose problème. On se rend alors compte que ce qui gêne tant dans cet album, c’est sa composition, sa structure, pas les morceaux qui la composent.

Enfin je dis ça, mais il y a Barking Dog, l’exception, cinquième morceau qui 1. n’a rien à faire là, au milieu de l’album 2. devient difficilement supportable à répétition.

You’re Mine nous repêche alors et nous invite à une fin satisfaisante, notamment avec Run Run Blood qui rappelle du bon gros Massive Attack, ou encore Destroyer qui fait penser à ce qu’a pu faire Lera Lynn sur ses quelques morceaux de la saison 02 de True Detective.

 

Au final, on a l’impression un peu étrange que cet album manque parfois d’ordre, de design. Bien sûr, cela ne suffit pas à faire de "Three" un mauvais album ou un album décevant, mais cela contribue clairement à le placer en dessous de son prédécesseur. Dommage. Mais qu’importe, on aime Phantogram, un point c’est tout !

 

 


avatar Maxime le 13/10/2016  -  commentaires

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