Chronique série

Easy : take it easy… ou pas !

Easy : take it easy… ou pas !

Après le vide laissé par la fin d’Archer dans ma vie de série addict (ça y est, j'ai terminé les 7 saisons !), je me suis laissée tenter par une jolie vignette bleu qui trainait dans la liste de recommandations de Netflix, Easy. Simple, efficace, mystérieux et intrigant, j'ai foncé !

Cette série nous invite dans l'intimité de couples d'aujourd'hui. L’un, marié avec deux enfants, qui n'arrive plus à faire l'amour, l’autre de deux jeunes femmes dont l'une est vegan et l'autre pense que changer pourra la séduire, un autre à la vie bien rangée… jusqu'à ce que l'ex copain débarque etc etc. En trente minutes, on nous relate ces multiples histoires, on pénètre au sein de ces foyers et on y trouve, ou pas, des échos à sa propre vie.


 

Du cul à la sauce hipster

 

L'amour, un thème vaste, déjà vu et revu mais source inépuisable d'inspiration, en tout cas, selon Joe Swanberg. À travers ces histoires, il a sans doute voulu nous montrer comment des thématiques "modernes" (comme le veganisme, la maman qui travaille et le père au foyer, etc.) peuvent se confronter à des grandes idées depuis longtemps abordées au cinéma comme l'infidélité, la perte de libido, l'amour de jeunesse, l'ex non oublié, etc. Sur l'idée, je peux adhérer car même si je n'ai jamais vraiment été fan, j'avais été agréablement surprise par la série Love de Judd Apatow sur laquelle Joe Swanberg a participé en tant que scénariste. Mais dans les faits, je me retrouve agacée par un vrai manque de diversité.

Cela peut paraitre étrange, mais les différents couples que l'on nous montre font tous plus ou moins partis d'un groupe similaire. Un peu artistes dans l’âme, cultivés, salaires plus que corrects en poche, appartements toujours superbement décorés et des centres d'intérêts qui semblent se tourner vers le théâtre et des arts plastiques, vive les stéréotypes. Okay, c'est possible, sauf que pour moi, l'idée de se focaliser sur ce type de profil relativement restreint me dérange. C'est frustrant, voire agaçant. L'amour, c'est bien sur entre deux personnes, mais c'est aussi influencé par ce qu'il y a autour et cet environnement redondant confortable, beau, propre, morne, m'ennuie. L'amour, ça arrive aussi aux gens moins aisés, aux gens qui ne sont pas mannequins, à ceux en surpoids, bref, c'est varié, c'est parfois disgracieux, mais c'est multiple et réel, et Easy fait l'impasse sur ceux-là. Bref, je dirais même que ça ne convainc pas.

Il faut dire que le format de 30 minutes n'est peut-être pas idéal pour aborder un tel sujet et créer l'empathie. C'est un choix plutôt surprenant et osé de la part du réalisateur. Un format court pour réussir à te toucher en te parlant d'amour. Pour moi, ce n'est pas suffisant. Au bout des trente minutes, je reste systématiquement sur ma fin, lâchant parfois un "ah, bon" quelque peu sceptique. J'ai toujours l'impression qu'un bout a été coupé, qu’on ne nous laisse pas le temps de la réflexion, le temps de nous identifier ou d'être impliqué. On nous balance des scénarios, puis on nous les retire aussi sec.

 

Une intimité dévoilée… awkward (ça veut dire gênant au cas où t'es pas bilangue !)…

 

J'ai toujours eu du mal à m'impliquer dans les films d'amour, pour la simple et bonne raison que lorsque l'on traite de d'intimité, j'ai souvent l'impression de regarder quelque chose auquel je ne suis pas conviée ! Pourtant cela peut réellement m'émouvoir lorsque c'est bien fait, que l'histoire est originale ou alors d'une telle simplicité qu'elle fait échos à mon propre vécu. Easy ne fait clairement pas parti de cette catégorie. Je ne ressens alors qu'un profond ennui, voire du malaise lors de l'épisode 4, où une "sympathique partie de jambes en l'air adultère entre exs alcoolisés" me fait plus penser à un viol. Le malaise, c'est effectivement une sensation récurrente que j'ai eu en regardant cette série, que ce soit face à l'échec de certains ou au malheur d'autres…

 

Bla bla bla ! Point(s) positif(s) ?

 

Comme toujours, il y a des cotés positifs (mon légendaire optimisme me tuera). Ou plutôt un. On aime retomber sur des acteurs qu'on a aperçu dans d'autres séries ! Big Bang Theory avec Kate Micucci, ou encore Michael Chernus d'Orange Is The New Black. Ces seconds rôles aux fameux minois me font un petit pincement au cœur quand je les vois ! Et attention mesdames, messieurs, un Orlando Bloom plus qu'énervant dans le rôle d'un jeune papa tellement amoureux que j'en vomirai mon petit dej’ (ceci est une critique parfaitement justifiée et profonde) !

 

Ce n’est pas si simple de montrer des choses simples !

 

Easy ne semble pas être une série sur laquelle s'attarder. Je ne pense pas d'ailleurs qu'une deuxième saison verra le jour. Stéréotypes, format trop court, elle aborde le thème de l'amour sans le révolutionner. Une petite déception pour ma part !

 

 


avatar Aude le 14/10/2016  -  commentaires

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