Chronique série

Luke Cage : une série qui a du punch !

Luke Cage : une série qui a du punch !

La dernière série Marvel produite par Netflix nous narre les aventures du héros éponyme. La première apparition de Luke Cage se fait au sein de sa série consœur Jessica Jones. Le personnage étant passé sous mon radar émotionnel lors de ma vision de Jessica Jones (notamment car je n'ai d'yeux que pour David Tennant à chaque fois qu'il pointe sa frimousse à l'écran), je n'étais pas spécialement emballé à l'idée de regarder la série centrée sur ce héros black de Harlem. Et bien mes cocos, j'ai été agréablement surpris !

Avant de rentrer dans le vif du sujet, un mot sur le personnage principal. Luke Cage possède une peau hyper résistante (bullet proof même), une force colossale et une certaine aptitude au combat. Il a été créé 1972, en milieu d'un mouvement nommé « blaxploitation », un genre destiné à toucher la classe afro-américaine, et fut ainsi le premier personnage noir à avoir son propre comics. Une série donc tout à fait adaptée à Netflix, toujours visionnaire, qui s’évertue à toucher le plus large public, en visant notamment les minorités, comme c'est le cas pour Narcos, série principalement destinée au public latino. Dans le même ordre d'idées, Marvel a elle aussi vu plus loin et publié des histoires avec des versions différentes de certains de ses personnages phares : nous avons ainsi un Spiderman latino, un Captain America noir ainsi qu'un Thor devenu femme. Très franchement, j'approuve tout à fait ce genre d'initiatives (même si en partie motivées par le business). Bref, il s'avéra finalement que Luke Cage n'arrivait plus à se sustenter à elle-même, et qu'elle fut assez vite couplé à Iron Fist, un autre héros Marvel dont la série sera bientôt adaptée, qui lui visait à être destiné aux amateurs de film de Kung-Fu (true story). Néanmoins, Luke reste un des héros phares de l'écurie dans ce que je nommerais « le cercle des héros mineurs», ces héros qui ne sont pas les plus célèbres (genre Iron Man ou Spiderman) mais qui ont gardé un certain attrait auprès des fans, comme Moon Knight ou The Punisher.


 

Une histoire de poings, mais aussi d'hésitations

 

Ici, l'histoire reprend six mois après la fin de Jessica Jones. Luke Cage finit par se faire blesser gravement durant les péripéties qui les opposent à Kilgrave (le méchant), et s'en va sans demander son reste. Nous le retrouvons donc à Harlem, travaillant incognito dans un salon de coiffure, sous l'égide bienveillante de Pop, un vieux de la vieille du quartier. Pour Cage, il s'agit de tourner la page à la fois de la mort de sa femme, de l'affrontement contre Kilgrave et de son passé de fugitif. La vie suit tranquillement son cours, quand, à la suite d'une histoire de gangsters dans laquelle il se retrouve impliqué, Pop finit par mourir dans le sang et la violence. Il est donc temps pour Luke de venger sa mort à l'aide de ses poings musclés, tout en prouvant sa propre innocence auprès d'une police qui s’évertue à le filer pour des crimes qu'il n'a pas commis, et à affronter un passé qui revient le hanter. Au fur et à mesure du temps, les habitants de Harlem vont faire de Luke leur icône, un statut qu'il aura du mal à accepter d'endosser, posant tout un tas de questionnement sur ce qu'est vraiment un héros. Son aversion pour rentrer tête baissé dans les histoires conflictuelles, à être au centre des attentions, va faire que le personnage sera souvent dans l’hésitation. Mais à partir du moment où il s'agit d'une question de vie ou de mort, de liberté à atteindre, alors là, Luke Cage n'hésite plus, et se lance à corps perdu dans la bataille !

La première partie de la saison l'oppose à Cornell « Cottonmouth » Strokes, le boss de Harlem, tandis que dans la deuxième partie apparaît un ennemi plus personnel de Luke, qui est cité de temps en temps jusqu'à son apparition en fanfare (je vous laisse découvrir par vous-même). Ces personnage peu sympathiques sont assistées par la cousine de Cottonmouth et conseillère municipale, Mariah Dillard, et par Hernan « Shades » Alvarez, un gangster influent, issu de passé tumultueux de Luke. Peu à peu, le héros devient un problème à régler pour les truands, qui voient d'un mauvais œil ce gaillard indestructible leur mettre des bâtons dans les roues.

Luke Cage compte quand même quelques rares alliés, à savoir Mitsty Knight, la seule policière qui le croit innocent et surtout Claire Temple, personnage qui fait le lien entre les séries Daredevil et Jessica Jones. En parallèle de tout ça, nous avons quelques flashbacks concernant le passé de Luke, notamment son passage à la prison Seagate où il obtient ses capacités. Il ne s'agit pas ici d’enquête policière pour savoir qui a tué, puisque les antagonistes sont affichés d'office, mais plutôt d'affrontements frontaux, avec qui aura la meilleur tactique pour vaincre l'autre. Pas franchement de la grande littérature, mais on est quand même pris au jeu.

Contrairement à Jessica Jones qui a une fin finie, Luke Cage se termine sur une demi-victoire, nous promettant un lot infini de nouvelles péripéties dans les années à venir.

 


Luke Cage doesn't give a shit!

 

Un casting peu connu mais qui tient la route

 

Franchement, l'histoire, sans être révolutionnaire (des gentils, des méchants, des complots, le héros qui doit prouver son innocence face à un monde qui lui en veut blablabla...) est suffisamment bien foutue pour nous tenir en haleine, notamment à l'aide de quelques cliffhangers pas piqués des hannetons. Quelques scènes sont de plus plutôt spectaculaires avec des explosions et des combats qui ne manquent pas de punchs.

Le casting tient plutôt bien la route, les acteurs sont principalement issus du petit écran et oscillent entre « pas connus » et « moyennement connus ». En général, mis à part Rosario Dawson qui interprète Claire Temple, les autres n'ont eu qu'un seul gros rôle à la télévision avant la série. Rosario Dawson, vous la connaissez, elle est apparu dans Daredevil bien sûr, mais aussi dans Sin City, Men in Black 2 ou encore Death Proof (aka Boulevard de la Mort). Elle est pas mal, jouant le rôle de l'allié indéfectible et courageuse, ainsi que de l'éventuel love interest, mais je n'ai rien à dire de plus sur sa prestation. Le bien nommé Luke Cage est joué par Mike Colter, que je ne l'avais jamais vu avant Jessica Jones, mais il a quand même un peu roulé sa bosse à la télévision, notamment dans The Good Wife (Maxime me souffle qu’il joue le Spartan Jameson Locke dans Halo 5: Guardians). Je trouve qu'il fait un Luke Cage sympathique, plus proche du fort au grand cœur que de la brute sans cervelle. Son jeu d'acteur manque encore de certaines émotions et ce n'est pas la prestation du siècle (après ça a un rapport avec le personnage qu'il campe) mais il reste attachant, et à l'image de la plupart des héros Marvel : pur. On a envie de le voir gagner parce que c'est lui le gentil de l'histoire. Son ennemi principal au début de la saison, Cottonmouth est interprété par Mahershala Ali, que vous avez tous vu jouer Remy Danton dans House of Cards. Il campe ici un genre différent de rôle, faisant office de parrain de Harlem. Il n'est pas très effrayant ni vraiment menaçant pour Luke Cage, mais quand même plutôt crédible et psychopathe sur les bords. Le cas du deuxième antagoniste à apparaître, dont je vous tais le nom, est interprété par Erik LaRay Harvey, connu pour avoir joué dans Boardwalk Empire. Lui pour le coup, est un méchant violent et vraiment fou, auquel on croit plus, et qui représente un réel danger pour Cage et sa bande. Théo Rossi joue « Shades », il est surtout connu pour avoir joué dans Sons of Anarchy, et même si il est un peu ridicule à avoir tout le temps ses lunettes de soleil sur le nez, arrive à présenter une prestation d'enfoiré qu'on aimerait pourtant ne pas voir perdre. Peut-être parce que contrairement aux deux autres, il n'est pas fou, et que c'est juste un malfrat (en plus il a un sourire pas dégueu c'est vrai). Enfin, mention spéciale à Simone Missick qui joue Misty : elle est belle, elle n'a peur de rien, elle est sensible et surtout, elle est loin d'être débile comme ses potes flics, ça fait du bien un peu de jugeote !

La bande-son est quasiment omniprésente, et bien à propos, alternant sur des airs Hip-hop et Jazzy (collant à l'ambiance black US quoi).

 


… dit-il avec justesse !

 

Ça dénonce sur fond de hip-hop mon frère

 

Parlons-en de l'ambiance justement. Outre comme je l'ai dit une bande son très à propos, l’œuvre s'inscrit dans un ensemble plus grand et ce à plusieurs niveaux.

Pour commencer, la série est fière de voir ses événements se dérouler à Harlem. Harlem est vraiment le cœur de l'action, et son contrôle est une des intrigues : bon nombre des prises de vues intérieures et extérieures ont réellement lieu sur place. Les personnages sont fiers d'y résider et quelques scènes du quotidien nous permettent de voir comment vivent les gens là-bas (quand même un peu comme ici il est vrai). Luke Cage traîne pas mal dans le quartier et finit par tisser des liens avec des habitants. Peu à peu, il devient le héros dont Harlem a besoin et les gens l'acceptent comme leur icône, le défendent et prennent son parti, comme l'un de leur « frère d'Harlem ». Je n'ai pas vu tous les films du monde, mais à ma connaissance, il y a peu d’œuvres dont l'histoire à lieu exclusivement dans le quartier, et encore moins où il n'est pas question de drogue ou de gangs (au sens « gangsta » du terme). Il faut savoir qu'Harlem était l'un des quartiers les plus ghetto de New York, voire des États-Unis, pendant plus de trente ans, et qu'il commence seulement être réhabilité depuis une quinzaine d'années (la « gentrification », tout ça). En gros, ce serait l'équivalent en France de faire une série avec un héros arabe en Seine-Saint-Denis, laisse-moi te dire que nous en sommes malheureusement loin. La série en profite par ailleurs pour dénoncer les violences policières envers les noirs aux États-Unis, un sujet qui est là encore malheureusement bien d'actualité. Enfin, plusieurs références sont faites au Rap East Coast : Cottonmouth fait tout un laïus sur Notorious Big, duquel il a un portrait dans son bureau, et Method Man, membre emblématique du groupe qui l'est tout autant (le Wu-Tang-Clan), fait une apparition et réalise même un morceau pour le série, sur Luke Cage !

La série s'intègre aussi parfaitement bien dans le MCU. Outre la présence de Claire Temple, de nombreuses références sont faites aux autres œuvres de la franchise, mais principalement toujours à demi-mot. Claire dira qu'elle connaît un « excellent avocat », Captain America sera cité, on apercevra même un Stan Lee, j'en passe et des meilleurs. Il est toujours plaisant de comprendre ce genre de petites références. Marvel a choisi avec justesse de créer un univers unique où tous ses personnages ont leur place, à l'inverse de DC, qui sépare les films des séries (alors qu'il est bien plus pratique d'insérer les personnages des séries aux films). Tout ceci pour nous mener bien évidemment à la mini-série The Defenders qui intégrera donc Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist.

 


Même Luke Cage connaît Method Man !

 

Well done Marvel, well done

 

En conclusion, Luke Cage est pour moi une bonne série, pour peu qu'on soit fan du délire super héros. Elle est aseptisée (il y a quand même de la violence mais rien de choquant, et quasiment zéro sexe), comme toutes les œuvres Marvel destinées avant tout au plus grand nombre, mais se regarde quand même tranquillement. Je n'ai pas encore vu Daredevil, hérésie que je compte gommer très bientôt, mais elle est pour moi meilleure que Jessica Jones, dont je vous parlerais à l'occasion, en partie par l’atmosphère qu'elle arrive à véhiculer. Bref, Marvel et Netflix ont tout compris à la vie !

 

Allez, je m'en vais moi aussi rétablir la justice dans le 7ième arrondissement de Lyon, souhaitez moi bonne chance !

 

 


avatar Jeremy le 25/10/2016  -  commentaires

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