Chronique film

Doctor Strange : sens dessus dessous !

Doctor Strange : sens dessus dessous !

Hier, Mercredi 26 octobre, une nouvelle porte du Marvel Cinematic Universe (MCU) s’ouvrait, en la personne de Doctor Strange, celle de la magie (pure et dure). Si cette petite parenthèse existe, c’est parce que la magie existait déjà dans le MCU grâce à Thor et à son petit cosmos de personnages et d’aventures (son demi-frère Loki, son père Odin, sa mère Frigga, etc.).

Pour être parfaitement honnête avec toi, l’arrivée de Doctor Strange n’est pas une nouvelle que j’ai accueilli en premier lieu les bras ouverts, et ce pour deux raisons : la première, c’est que d’une manière générale, je n’aime pas la magie. C’est comme ça, j’ai beau comme tout le monde vieillir, rien n’y fait, ce concept ne passe pas avec moi. La deuxième, c’est que comme je le disais, la magie existait déjà dans le MCU, et sous une forme qui m’a toujours bien parlé, laissant planer un soupçon de poésie dans l’univers Marvel : selon Thor (bon, lorsqu’il tentait de pécho Jane Foster, okay…), il venait d’un lieu où magie et science ne faisaient qu’un. Contrairement à ce que pas mal de gens pensent, le premier Thor est un plutôt bon film (ce qui n’est pas le cas du deuxième…), et propose une lecture assez légère, mais surtout très efficace de ce que peut être la magie. Quelque chose de vague, d’assez fantastique (c’est le cas de le dire) qu’un humain lambda ne peut pas vraiment expliquer ni appréhender, mais avec lequel (en la personne de Thor notamment), il devra composer. La science des Dieux en somme.


Avec Doctor Strange, les choses vont plus loin, mais pas pour le mieux !

 

Ah oui non là, c'est un peu la merde !

 

Enième naissance d’un héros

 

Doctor Strange prend place plus ou moins en même temps/après que The Avengers: Age of Ultron et/ou Captain America: Civil War. Difficile de le dater avec exactitude. Mais passons. Le Docteur Stephen Strange est un éminent neurochirurgien, l’un des meilleurs dans le domaine, qui compense ce talent par un égo surdimensionné avec tout ce que ça implique (dédain de l’autre, égocentrisme, certitude en sa surpuissance, blablabla). Jusqu’au jour où celui va tomber de haut (enfin du haut d’une falaise) et perdre l’usage de ses mains. Désespéré de voir la médecine occidentale, et tout ce en quoi il croyait, ne pouvoir l’aider à recouvrir ses « outils de travail », celui-ci va se tourner, non sans mal, vers d’autres approches du monde, et atterrir à Tamar-Kaj (au Népal), où réside un individu dénommé « L’Ancien » (The Ancient One), connu de Strange pour avoir redonné l’usage de sa jambe à un individu alors que celui-ci était perdu.

De par son entrainement avec l’Ancien, Stephen va découvrir l’existence des arts mystiques, un moyen de contrôler l’énergie pour accéder à d’autres mondes, et surtout, pour défendre la Terre sur un autre plan que le seul monde physique…

 

Yep, il y avait de l’idée !

 

Quand la magie n’opère pas…

 

Comme je le disais en introduction de cet article, la magie, et son rapport à l’homme, me gênent. Par définition donc, j’ai un problème avec le personnage de Strange. En ce sens, Doctor Strange représente un certain dilemme pour moi, et ce pour une raison en particulier : je ne peux pas te dire que le film m’a déplu, parce que ce n’est pas le cas. Attention, ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit, Doctor Strange ne m’a pas retourné l’esprit et ne s’est passé pas positionné dans le top des meilleurs films de tous les temps (pas plus que celui des meilleurs Marvel ou de super-héros). Mais bon, je ne vais pas te leurrer non plus, il atterrit plutôt dans le mauvais côté de la balance, et ce (cette fois-ci) pour bien des raisons.

Tout d’abord, l’humour, omniprésent, décrédibilise constamment le film, et désamorce totalement les tensions dramatiques. On a affaire à un Doctor Strange cabotin (façon, je te laisse deviner… TONY STARK !) qui ne peut pas s’empêcher d’avoir le petit trait d’esprit ou le dernier mot (en ce sens, le personnage de Mordo m’a bien plus plu, lui qui est plus pieu et respectueux de ce qui l’entoure – bon à la fin, il l’est même carrément trop -).

Vient ensuite, bien évidemment, l’interprète de Doctor Strange, l’incroyable Benedict « Khan » « Sherlock » « Smaug » Cumberbatch. Comme je le laisse entendre un peu plus haut, celui-ci ne m’a absolument pas transcendé. Au-delà d’un personnage pas foncièrement plaisant (ni déplaisant d’ailleurs), Benedict Cumberbatch ne parvient pas à donner à Strange quelque chose d’unique pendant la quasi-intégralité du film (seule la scène post-générique m’a donné envie d’en voir plus à son sujet). Peut-être est-ce parce que le personnage est en construction, mais quoiqu’il en soi, ça ne marche que correctement. Pas brillamment.

Nous avons ensuite le rythme et le montage du film. Gros gros problème que celui-ci. Si le montage est parfois un peu trop abrupt, c’est surtout le rythme du film qui est déconcertant. Grosso modo, on assiste à 30/40 minutes de situation initiale > élément perturbateur > parcours initiatique > entrainement et… 1h/1h20 de bataille finale ! Oui oui, tu m’as bien lu, passé un certain stade, le film se lance, et ne s’arrête pas une seule seconde. Nous ne sommes pas dans un film de type Avengers où ça explose dans tous les sens (ça ne devient donc pas irrespirable), mais c’est clairement indigeste ! Sans compter que le film repose sur une légion d’effets visuels et spéciaux à se tordre le cou au moins un demi-millier de fois (le côté « Inception » est en GOD MOD dans ce film, on ne sait absolument pas où donner de la tête, et le film devient complètement illisible dans ses scènes « spectaculaires » et/ou d’action/combat).

Pour revenir sur la structure du film citée plus haut, le film tente de nous apprendre la magie, mais vu que Stephen Strange est bien évidemment le chosen one (l’élu), l’entrainement est zappé, la compréhension de la magie est zappée, et celle-ci passe elle aussi en GOD MOD. Elle ne devient alors que pyrotechnie, et passé un certain moment, on n’en a plus grand-chose à faire. La grosse incohérence (ou difficulté) avec le parcours de Strange, c’est que lorsque les choses s’emballent, il n’est qu’un étudiant faisant face à un antagoniste le dépassant de loin (Kaecilius – pauvre Mads Mikkelsen, nouvelle incarnation d’un antagoniste vide… -). Un étudiant prometteur certes, mais un étudiant avant tout. Bref, la structure narrative lambda en somme.

Très honnêtement, j’ai une liste de défauts longue comme le bras qui m'est venue pendant/après le film (pas de danger, un antagoniste final RIGOLO, pas de scène ou de moment véritablement marquant, etc.), aussi bien je vais m’arrêter ici pour passer un peu de temps sur le quasiment seul élément intéressant du film.

 

Marvel’s The Ancient One – A Marvel’ Story – Doctor Strange’s spin-off

 

Celle que l’on appelle L’Ancien

 

Oui, le seul élément intéressant du film est l’un de ses points les plus controversés. L’Ancien, dans les comics, est un vieil homme tibétain, chauve et à la longue barbe blanche. Dans l’adaptation, c’est donc une femme, sensiblement jeune, chauve, et sans barbe (désolé les féministes mais… QUE L’ON NOUS EN GARDE !), incarnée par l’exceptionnelle Tilda Swinton. Sans faire le film (ce n’est pas son rôle en même temps), elle apporte vraiment à l’Ancien (et au film) une touche d’humour parfaite ainsi qu’une véritable accroche au mystique.

 

Ce n’est pas encore tout à fait ça…

 

N’est pas qui veut

 

Doctor Strange nous met ainsi dans une position inconfortable : si tant est que nous soyons désireux d’en apprendre plus sur la magie, de renoncer au scepticisme, le film se contente de tout nous balancer à la tronche façon « tiens, c’est ça la magie » sans, à défaut de nous prendre par la main, nous expliquer véritablement de quoi il retourne.

Comme je le disais en début d’article, il ne s’agit absolument pas d’un mauvais film, mais il ne s’agit pas non plus d’un film dont on ressort satisfait (au minimum).

À voir ce que Benedict Cumberbatch/Doctor Strange donnera dans les prochains films du MCU (Thor: Ragnarok, les deux prochains Avengers, et clairement, un Doctor Strange 2)…

Adapter Doctor Strange était un défi, Marvel Studios l'a relevé. C'était risqué et il est tout à l'honneur de Kevin Feige (le big boss de l'écurie) et de ses équipes d'avoir tenté le coup. Néanmoins, à la vue du résultat, il s'agit d'un film totalement dispensable, sans grand impact pour le MCU en termes d'évènements (si ce n'est l'introduction même d'un nouveau personnage), sans grand éclat ni fracas. En somme, un ajout assez lambda, un film de plus dans le MCU.

 

 


avatar Maxime le 27/10/2016  -  commentaires

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