Dossier film

Kiss Kiss Bang Bang + The Nice Guys : deux Shane Black pour un maximum de plaisir !

Kiss Kiss Bang Bang + The Nice Guys : deux Shane Black pour un maximum de plaisir !

Double-chronique sur deux films du réalisateur et scénariste américain, Shane Black, qui ont de nombreux points communs entre eux.

Kiss Kiss Bang Bang, le plus ancien des deux, est sortis en 2005 tandis que The Nice Guys sortait il y a quelques mois, le 18 mai 2016 en France. Les deux films sont des comédies policières tournant autour de trois personnages centraux, d'une enquête aux nombreux rebondissements et se déroulant à Los Angeles.


 

Los Angeles : ses stars, ses détectives privés et ses meurtres !

 

Les deux films prennent place à L.A. (le grand amour de notre rédac’ chef) et se déroulent entre autres dans le milieu du cinéma et de ses déboires (sexe, drogue, etc.). Dans Kiss Kiss Bang Bang, Harry Lockart (Robert Downey Jr) est un petit voleur maladroit qui se retrouve à passer un casting pour échapper à la police. Il est engagé et Gay Perry (Val Kilmer) va le former à son rôle de détective privé. Avec Harmony (Michelle Monaghan) ils vont se retrouver mêlés à une histoire de meurtre complexe...

The Nice Guys quant à lui se déroule dans les années 1970. Holland March (Ryan Gosling) est un détective privé, comme Gay Paris, alcoolique, dépressif et maladroit. Il est engagé pour retrouver Amelia (Margareth Qualley), laquelle a recruté Jackson Healy (Russell Crowe) pour se débarrasser du détective privé. Évidemment, les deux hommes sont par la suite embarqués dans une drôle d'affaire mêlant pornographie, protestation écolo-hippie, et manigance politique et économique.

 

Même s'ils passent par des périodes difficiles, les deux héros sont les meilleurs copains du monde...

 

Trio gagnant

 

Harry, Perry et Harmony, March, Healy et Holly March (Angourie Rice) - fille de Holland March - forment les deux trios de ses deux films, en forme de Bon-Brute-Truand. Au-delà du fait que le réal semble s'amuser à donner des noms à ses personnages qui se terminent par un "y", Shane Black concentre autour de ses personnages centraux toute notre attention. Dans un cas comme dans l'autre, deux des trois personnages se connaissent déjà. Le troisième (la Brute), incarné par Val Kilmer ou Russell Crowe, étant le gros-bras/l'expert. La dualité maladroit-expert, comique-sérieux qui existe entre Healy et March ou Perry et Harry fonctionne à la perfection. Il faut dire que les acteurs sont très bons dans leurs personnages.

Il reste la femme du trio, Harmony, l'actrice, et Holly March, la jeune adolescente de 13 ans. Dans un cas comme dans l'autre, la femme de ce trio de haute volée ne s'arrête jamais de courir après les preuves, de se mettre en danger et de balancer des pics assassins à Harry ou à Holland March. Il faut dire que les deux hommes n'ont rien de parfait. Les deux personnages parlent d'eux-mêmes de la même manière : comme des hommes qui ne font jamais les choses en entier. Tous deux aiment le personnage féminin du trio mais ont avec elle une relation extrêmement compliquée. Une relation de meilleur copain de confidence pour Harry, et de père veuf pour Holly.

 

 

À mourir de rire !

 

Ce sont donc les personnages centraux de ces films qui concentrent l'aspect humoristique de ces films. Les lignes de dialogues qu'ils s'échangent, les mises en scène et les situations folles dans lesquelles ils sont mêlées sont super drôles ! Les dialogues sont en effet très bons et les situations à mourir de rire. Shane Black gère la comédie policière, c'est certain !

Ryan Gosling est excellent et hyper drôle en détective maladroit et complètement à l'ouest (cf. la scène dans les chiottes...). Pour autant, son personnage qui apparaît comme la troisième roue du carrosse est, comme Harry, un type incroyablement chanceux (cf. la fin du film !) qui cache en même temps un grand talent. En effet, Holland March a parfois des éclairs de génie. Et lui comme Harry se transforme à la fin du film en machine indestructible. Holland March, de son aveu lui-même, nous amuse en prétendant être indestructible. Le personnage s'amuse de sa situation burlesque. Une mise en abîme légère et amusante. Mais bref, ils affrontent et enchaînent tous deux les situations dangereuses et incongrues, le tout filmé avec une caméra énergique qui nous en jette plein la vue. Et là, en voyant ça, on est forcément mort de rire en voyant ces types s'arracher et se débattre, comme si tout devenait dingue et quasi-surréaliste. Comme si la réalité devenait la fiction, ou l'inverse.

 

... qui ne manquent pas une occasion pour se la mettre à l'envers !

 

Des comédies, mais pas que

 

Ces deux long-métrages ont d'intéressant qu'ils parlent d'eux-mêmes, ou plutôt du cinéma comme industrie. Il y est question de carrières d'acteurs et d'actrices, de producteurs et de l'argent qui tourne autour. C'est moins flagrant dans The Nice Guys qui parle de l’objet film à travers le Porno et comme d'un outil revendicatif, pour dénoncer une injustice. En sachant qu'il se déroule en 1977, parler d'un film porno-écolo-revendicatif n'est pas inintéressant.

Dans les deux films, il est question aussi de dépravations sexuelles, de magouilles politiques ou financières, et montrent un univers malsain avec un regard amusé et distant. On le voit bien dans à travers les soirées organisées à L.A. qui sont des moments propices pour nous montrer l'extravagance du monde du showbiz.

À côté de ça, ce sont deux films d'action bien rythmés, bien filmés, bien écris et surtout très drôles (on ne le répètera jamais assez !). Et puis ils parlent d'eux-mêmes, comme je le disais plus tôt. Robert Downey Jr. nous parle comme un narrateur, ce qui est cohérent avec le fait que Kiss Kiss Bang Bang tourne autour de romans policiers et est inspiré d'une nouvelle policière, et Holland March nous donne à plusieurs moments l'impression d'évoluer dans une fiction.

Pour tous ces points, ce sont des films intéressants, qui traitent de sujets sérieux tout en s'amusant et en étant décontractés. C'est excellent ! Et incroyablement identique...

J'ai vu les deux films dans la même journée et j'ai des images des deux films qui se mélangent. Je ne me souviens plus très bien de quelle scène va dans quel film ! Il faut dire que les points communs entre les deux films sont importants ! Que ce soit autour de la construction et de l'écriture des personnages, du scénario policier complexe ou encore à une fin identique, ou par le fait, par exemple, que Harry comme Holland sont blessés (l'un perd son doigt, l'autre a le bras cassé).

 

Pour autant ces films sont excellents. Mais ça je crois que vous l'aurez compris !

 

 


avatar Roman le 21/11/2016  -  commentaires

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