Chronique musique

Maud Geffray – Polaar : (ré)apprendre l’Électro.

Maud Geffray – Polaar : (ré)apprendre l’Électro.

Quelques mois à peine après la sortie de "Motor of Love", premier album de l’autre moitié (Sébastien Chenut) de ce groupe iconique (et pourtant méconnu voire inconnu du grand public) qu’est Scratch Massive, c’est au tour, assez logique, de Maud Geffray de se lancer.

Bien que le groupe ne se soit pas séparé (ils travaillent toujours ensemble, et même très régulièrement sur les bandes-son des films de la femme de Sébastien Chenut, Zoe Cassavetes – "Days Out Of Days", "Junior" – dont ils semblent se faire pour le moment une spécialité), ils ont décidé, pour quelque raison que ce soit, d’œuvrer sur leurs projets respectifs tout en fondant bORDEL, leur label.


 

En tant que grand fan, pour ne pas dire fan absolu de ce groupe, qui m’a finalement initié à ce grand genre que l’on pourrait appeler l’« Électro » (true story), chaque petite info’, chaque petit morceau ou EP (je ne parle même pas d’un album) devient objet de culte, et même sacré. Et bien que "Motor of Love" ne m’ait pas ébranlé, je garde toujours néanmoins dans mon souvenir son magnifique Stranger Line qui me laisse à penser que Scratch Massive n’est pas mort et enterré. Et avec "Polaar", j’ai envie de dire qu’il y a toujours un espoir.

 

L’album se lance sur son titre éponyme, très froid (comme son clip), lent et langoureux, auréolé d’un peu de quelque violon électronique. Bien que séduisant en soi, il ne parvient néanmoins pas à attiser plus que ça la flamme en moi. C’est en revanche sur le morceau suivant, Ice Teens, que l’on sent un peu l’ascendance Scratch Massive. C’est noir, suave, et de fait plutôt plaisant, bien qu’imparfait (la perfection ici étant ce qu’a fait Scratch Massive). Et puis me vient alors une pensée alors que j’écris ces mots : on parle de Maud Geffray bordel, pas de Scratch Massive ! Petit mea culpa : c’est dur de laisser les monuments de sa jeunesse au placard. Mais revenons-en à Maud !

Clairement, l’album a un lien de parenté avec le travail du groupe-mère, mais est aussi très différent. Plus… Féminin j’allais dire. CQFD, merci Maxime pour cette brillante intervention ! Non mais sérieusement, ça se sent. Littéralement, intrinsèquement. Certes, le son est toujours aussi rugueux et sec, la signature de Scratch Massive, mais aussi, parfois, plus doux (notamment sur Sick of Love). Je dis ça, mais en parallèle de la rédaction de ce papier, je lis tonnes d’articles sur le féminisme, la sexualité, le sexisme, ce genre de trucs, et honte à moi, je ne sais plus si j’ai le droit d’écrire ça. Suis-je sexiste si je pense ça ? Si je l’écris ? Ta gueule Maxime.

 

Tout ça pour dire que malgré un bon album (sur lequel je ne me suis finalement pas tant penché que ça), je regretterais toujours, amèrement, l’effacement un peu vague d’un groupe comme Scratch Massive, qui alliait avec autant de beauté et de force la beauté et la force des deux sexes.

Mais bon, quelles que soit les raisons, c’est leur choix, et on devra faire avec.

 

 


avatar Maxime le 12/05/2017  -  commentaires

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